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L'on peut, comme la Grande-Bretagne, l'ex-puissance coloniale, trouver "indécente" la présence à Rome d'un chef d'Etat affameur de son peuple et prêt à tout pour se maintenir au pouvoir. D'autant que M. Mugabe a lancé ces jours-ci une violente répression contre l'opposition qui, le 29 mars, lui a infligé un revers lors du premier tour de l'élection présidentielle. A l'évidence, les Zimbabwéens ne souffrent pas seulement de la crise mondiale, mais de la gestion politique propre à leur dirigeant. A ce titre, leur pays est un exemple paroxystique de la crise alimentaire.
Les causes des restrictions alimentaires dont souffrent de nombreux autres pays, en Afrique comme en Asie ou en Amérique latine, ont aussi des origines politiques, mais différentes, les agricultures locales ayant été abandonnées par les gouvernements sous la pression des institutions financières internationales.
La présence à Rome de M. Mugabe devrait aussi, au-delà de l'indignation, être l'occasion de renforcer la pression internationale sur un pays où la malnutrition et l'autocratie menacent de dégénérer en guerre civile. Au sommet de la FAO, une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement scruteront le Zimbabwe de M. Mugabe. A juste titre, même si cela ne doit pas reléguer au second plan l'enjeu planétaire du sommet de Rome.
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