| Accusé par l’opposition d’être le commanditaire de la non-installation des conseils communaux , L’occasion pour Yayi de plaider non coupable
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| LE BENINOIS LIBERE 20 juin 2008 Traité de tous les noms d’oiseaux par la grande famille du G13, G4 et de la Force clé, dans le triste feuilleton de la non installation de certains conseils municipaux, Boni Yayi n’a pas encore pipé mot. Qui ne dit mot consent. Mais ne pas formuler d’objection, c’est donner son adhésion. Voilà qui irrite la sensibilité démocratique de l’opposition. Le leader des Fcbe s’il cherche l’occasion pour répondre à ses détracteurs dans ce dossier, a aujourd’hui l’ultime opportunité pour se prononcer et peut-être même se dédouaner totalement devant ses accusateurs. Lesquels ont, à la lumière de la manière avec laquelle le dossier a été conduit par les sbires du Changement, une batterie de preuves et d’arguments pour prouver la culpabilité du chef des Fcbe. En effet, un ministre de Boni Yayi en l’occurrence Roger Dovonou a été pris en flagrant délit de mauvaises pratiques qui corroborent la thèse selon laquelle les Fcbe ne connaissent pas le mot démocratie, liberté d’expression dans leur dictionnaire.
Les faits
Le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abomey vient d’être saisi d’une plainte de monsieur François Lègba, conseiller élu Fcbe, qui a dénoncé sa séquestration par des éléments agissant au nom du sommet de l’Etat. Dans sa plainte, l’élu Fcbe a décrit et déploré les circonstances de sa séquestration. En effet, quelques jours avant l’élection du maire de la commune de Covè, l’élu Fcbe a été appelé à Cotonou en même temps que les cinq autres élus acquis à la cause Fcbe de la même commune, qui ont été gardé dans une résidence à Fijrossè où il a été question d’organiser des primaires pour le choix du candidat Fcbe au poste de maire de ladite commune. Les résultats ont donné monsieur Lègba vainqueur avec 4 voies contre 2 pour l’ancien maire très proche du ministre Roger Dovonou. C’est alors que craignant son hégémonie le jour du vote, ses pièces lui ont été retirées et il a été contraint manu militari à rester dans la villa présidentielle du chef de l’Etat à Abomey au moment où se déroulait l’élection du maire à Covè. De gros moyens de l’Etat ont été utilisés pour favoriser cette séquestration. Des véhicules du Palais conduits par des tiers ont même été utilisés. Bref tous les indicateurs étaient au rendez-vous pour insinuer la grosse main du chef de l’Etat. Dans un premier temps, les populations de Covè déçues par la marchinalisation s’en sont pris à Janvier Yahouédéou connu très proche de la victime parce que monsieur Lègba aurait dit à ses proches suite à l’invitation à venir à Cotonou que cela ne pouvait être que de Janvier Yahouédéou. C’est une fois en présence avec le gang qu’il a compris que ses bourreaux n’étaient rien d’autres que des gens très remontés contre l’honorable Janvier Yahouédéou. Le nom de Roger Dovonou a donc commencé par circuler. Mais le fait que le maire sortant soit un proche du ministre et que c’est le cousin direct de celui-ci qui a conduit la 4x4 du Palais semble corroborer la thèse de son implication direct dans le topo. En attendant que la justice fasse son devoir, la belle balle est dans le camp de la mouvance présidentielle pour situer ses responsabilités.
La plaidoirie de Boni Yayi
Pour l’immense majorité de ceux qui ont vécu le dossier, seule la main directe de Boni Yayi peut justifier l’utilisation des moyens de l’Etat dans ce dossier. Mais les résultats de nos enquêtes viennent de révéler que le chef de l’Etat n’a été jamais mêlé ni de près ni de loin à cette mascarade. C’est la soif de se faire passer pour le dépositaire Fcbe à Covè qui a conduit le commanditaire de cette bavure à utiliser tous les moyens en sa possession pour faire aboutir son projet oubliant qu’il est en train de porter un coup dur à l’image de Boni Yayi à une époque où l’honorabilité de ce dernier est en souffrance dans cette affaire post-électorale de non-installation des conseils communaux de certaines localités. C’est pourquoi il importe à Boni Yayi de situer les responsabilités dans ce dossier et de frapper très fort. Ce sera pour le président Boni Yayi l’ultime occasion pour montrer à ses amis du G13, du G4 et la Force clé que tout ce qui se dit contre lui dans cette affaire de brutalités en période électorale et post-électorale ne porte toujours pas sa griffe. S’il s’avérait que c’est Janvier Yahouédéou qui est le commanditaire de ce crime, il faudra qu’il soit appliquée une sanction disciplinaire à la mesure de ce qu’il a fait. Et si c’était le ministre Roger Dovonou, il n’y a pas meilleure sanction que de le sauter de son poste de ministre du gouvernement et ceci pas à la faveur d’un remaniement ministériel mais d’un remaniement technique du genre Collette Houéto et les autres. Le changement qui a sanctionné le prédécesseur de Sènou au Mtpt doit sanctionner tout ministre qui aura fait pire que les autres. Car dans le cas d’espèce, plus qu’une question d’autorité d’Etat bafouée, c’est l’image de Boni Yayi qui est traînée dans une porcherie.
Aboubakar TAKOU. |
BENIN: L’occasion pour Yayi de plaider non coupable
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