Bonjour la misère au royaume de Boni 1er !
1er juillet 2008
La sortie de misère n’est pas pour demain pour le peuple béninois. La paupérisation va s’accroître dans les semaines à venir. Cela, on n’a pas besoin de sortir de Polytechnique pour s’en rendre compte. Il suffit de suivre le débat organisé sur la gestion de la cherté de la vie, vendredi dernier, sur la télévision de service public pour s’en convaincre.
En effet, le Conseiller technique du chef de l’Etat au commerce et à l’industrie, Soumanou Moudjaidou, a affirmé, à la face du monde, que le gouvernement du changement est essoufflé dans la mise en œuvre de sa politique anti-crise. En clair, l’ex-Ministre du commerce et de l’industrie, qui est l’un des cadres du sérail dudit ministère et aujourd’hui très proche collaborateur du chef de l’Etat, sait bien de quoi il parle. Il a démontré que le gouvernement qui a déjà englouti plus de 80 milliards de Fcfa dans les subventions, les allègements fiscaux et autres afin de rendre supportable le coût de la vie aux populations, ne peut plus indéfiniment continuer à le faire. Cette déclaration faite devant des responsables du secteur des ciments, du pétrole et de l’énergie électrique est la preuve évidente que le gouvernement a capitulé devant leurs pressions. Et, par conséquent, il vient de donner le feu vert à toutes les dérives des commerçants ’’véreux’’. Ce sera très bientôt la porte ouverte à l’augmentation tous azimuts des prix des denrées de premières nécessités. Puisque les prix du pétrole et du ciment seront revus à la hausse en tenant compte des normes de la sous-région. Ce sera incontestablement le renchérissement des transports, des loyers et par conséquent l’accroissement de la misère. Alors que l’objectif du gouvernement du Dr Yayi Boni était de réduire la misère voire de l’enrayer. Alors, depuis la sortie vendredi dernier du collaborateur du chef de l’Etat, il n’y a plus aucun espoir dans ce sens. Car, cette sortie est malheureuse. Elle ne rassure pas le Béninois moyen, le gagne-petit. Bien au contraire, les conversations des couches défavorisées autour de ladite sortie sont caractérisées par des inquiétudes, la peur du lendemain. Aussi, elles ne savent plus à quel saint se vouer. Certains concluent dare-dare que le régime du changement est en train de tourner dos aux plus souffrants après vingt-six mois de gestion du pouvoir d’Etat. De toutes les façons, il n’y a plus d’illusions à se faire. La misère, la vraie misère, la misère noire est là. Elle est à nos portes, dans nos maisons. Le pouvoir en est conscient. Saluons-la, impuissants : bonjour la misère.
Maximin Tchibozo
(Nouvelle Publication)
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