Edgar Guidigbi dévoile les secrets de Yayi Boni
3 juillet 2008
Yayi Boni ne doit-il pas éviter le piège de la compromission ? Le débat sur le gouvernement d’ouverture prend une allure qui risque de conduire le gouvernement du docteur Yayi Boni dans un piège sans fin. L’entrée au gouvernement des politiciens ne doit pas devenir une obsession.
Extraits de « La Citadelle Express N°270 »
Yayi Boni ne doit-il pas éviter le piège de la compromission ? Le débat sur le gouvernement d’ouverture prend une allure qui risque de conduire le gouvernement du docteur Yayi Boni dans un piège sans fin. L’entrée au gouvernement des politiciens ne doit pas devenir une obsession. Autant le Bénin a besoin d’apaisement, autant il a besoin de décoller économiquement pour redonner espoir à sa jeunesse.
Pour réussir son quinquennat axé sur la lutte contre la corruption, l’assainissement des finances publiques et la réforme de l’administration publique, Yayi Boni a plus besoin de concentration, de coudées franches, de cadres , émérites quelle que soit leur collaboration politique. Il a besoin surtout d’aller vite car le chantier de reconstruction du Bénin du renouveau est vaste. Il se fait qu’actuellement des obstacles artificiels se posent sur le chemin du progrès avec des prétextes à la fois justifiés mais surtout fallacieux. On parle ainsi de crise politique qui risque de compromettre 2011 pour Yayi Boni. Et chaque jour, on brandit cela pour obtenir un gouvernement de large union nationale basé sur les accords de mars 2006 avec l’alliance Wloguèdè. On tente de conduire le chef de l’Etat vers la compromission sans que personne ne s’en rende compte. Le moment est donc venu pour tous ceux qui sont soucieux de la réussite du quinquennat du chef de l’Etat d’ouvrir les yeux pour lui dire que les Béninois ont plus besoin de lui maintenant que jamais, et que le second mandat n’est pas une fin en soi. Le peuple est mature et saura dissocier la vraie graine de l’ivraie.
Allons droit au but ! Pas d’hypocrisie ! Le régime de Yayi Boni est en pleine crise politique. On n’a pas besoin d’être un politologue pour s’en rendre compte. Pour éviter l’impasse, les têtes pensantes du gouvernement préconisent pour le chef de l’Etat, comme solution de sortie de crise, un gouvernement de large union nationale. Il a adhéré à l’idée et s’y est investi personnellement. Il était question que la classe politique soit associée à la formation de la prochaine équipe gouvernementale. Les démarches pour obtenir à un résultat à la hauteur des attentes ont été vaines. La classe politique rejette l’offre pour des raisons qui lui sont propres. Que doit faire le chef de l’Etat à présent ? Là encore, soyons clairs et honnêtes ! Après avoir accompli son devoir, le chef de l’Etat doit aller droit au but. Le but ici, c’est le mandat que le peuple lui a confié en mars 2006. Un mandat de cinq ans. Deux ans sont déjà passés depuis. Qu’il obtienne un gouvernement d’union nationale ou pas, c’est lui et lui seul qui a l’obligation de rendre compte et l’obligation de résultat en avril 2011. Sans avoir le pressentiment de vouloir me mettre à la place des conseillers spéciaux, qui ne sont en réalité que ce que nous sommes, je propose au chef de l’Etat de foncer. Cher ami, forme ton gouvernement, advienne que pourra. Tu n’avais pas eu besoin de toutes ces conciliabules pour avoir le pouvoir en 2006. C’est Dieu qui donne le pouvoir. Le second mandat n’est pas une fin en soi. Au Madep, François Abiola t’attend pour t’aider à conduire le Bénin vers l’émergence. A Force clé, Eric Houndété n’espère que ton appel. A la Renaissance du Bénin, Richard Adjaho n’attend que cela. Au Prd, si tu cherches tu trouveras des progressistes comme ceux-là. Cela ne manque dans aucun parti. Et puis aux Fcbe, autour de toi à la présidence, de jeunes cadres pétillants de talents tapis dans l’ombre qui peuvent accompagner le mouvement en cours. Ouvre les yeux ! « Va, vole cours et nous venge ». Le temps s’en va, ceux qui te regardent aujourd’hui ne t’aideront à gérer les conséquences demain. J’ai osé tutoyer le chef de l’Etat juste parce qu’il me plaît de le tutoyer aujourd’hui, parce que je sais qu’il ne me fera rien, parce qu’il est humble… Ne vous en préoccupez surtout pas.
Au-delà de tout ce que l’on peut dire sur les deux dernières parutions de « La Citadelle Express », il faut retenir trois principales leçons. Des leçons graves de conséquences pour le chef de l’Etat.
C’est le quotidien « La Citadelle Express » qui l’affirme. L’organe du conseiller au changement, Edgar Guidibi. La leçon, c’est que Yayi Boni n’a pas besoin d’un second mandat selon son conseiller au changement. C’est pour cela que le journal demande au président de foncer tête baissée, « advienne que pourra ». Le journal va plus loin en demandant implicitement au chef de l’Etat de surseoir à toutes les négociations avec les autres partis politiques : « tu n’avais pas eu besoin de tous ces conciliabules pour avoir le pouvoir en 2006. C’est Dieu qui donne le pouvoir »,. En conclusion, selon le journal du conseiller au changement, le président ne pense pas se présenter aux élections en 2011. Il peut donc faire tout ce qu’il veut. L’Assemblée peut être bloquée, la tension politique peut atteindre son comble,…son conseiller lui demande de foncer. Le pays peut prendre feu, il doit continuer de foncer, tête baissée.
Toujours en référence au journal du conseiller au changement, « La Citadelle Express », on apprend que des députés sont prêts à trahir leur formation de base pour servir Yayi. Des biches qui sont prêtes pour la rivière. Des députés qui négocient en solo avec le président de la République. Il s’agit de Abiola du Madep et de Eric Houndété de force clé. Les termes du journal en ce sens, sont sans ambages : « Au Madep, François Abiola t’attend pour t’aider à conduire le Bénin vers l’émergence. A force clé, Eric Houndété n’espère que ton appel ». On comprend dès lors pourquoi Eric Houndété est allé en Egypte avec le président. L’appel tant espéré aurait donc eu lieu. La biche a finalement rejoint la rivière.
La cour du président Yayi Boni est donc une pétaudière. C’est-à-dire « une maison où il n’y a ni ordre, ni autorité ». Chacun fait ce qu’il veut. Un journaliste du Conseiller au changement du Chef de l’Etat peut le tutoyer. Lui parler comme son enfant. Mieux, il peut dévoiler tous les secrets et toutes les négociations politiques initiées par le chef de l’Etat. Avis aux politiciens de tout bord : on ne peut plus aller voir Yayi Boni en cachette. Le lendemain, l’organe de son conseiller au changement étalera en grand votre photo. Il n’y a plus de secret à la présidence. On sait désormais que Eric Houndété (Force clé) et François Abiola (Madep) sont prêts à quitter leur formation politique pour rejoindre la rivière. En tout cas, selon l’organe du Conseiller au Changement du Chef de l’Etat.
En conclusion, disons qu’on ne peut que croire ce que dit « La Citadelle Express ». Si le poisson sort de l’eau pour dire que le caïman a des cornes, on ne peut que croire. Ces deux animaux vivent ensemble. De même, si le quotidien du conseiller au changement du Chef de l’Etat affirme que des députés trahissent pour rejoindre le président, que faire ? A ce rythme, que le chef de l’Etat ne s’étonne pas qu’un Béninois lui dise, un jour, la couleur de son slip.
Sacca Focco
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