| Juillet 2008 - Editorial du Docteur Soliou BADAROU |
| Les avortements clandestins : Une menace pour la santé sexuelle des jeunes à Tchaourou
L’amélioration de la santé maternelle et infantile constitue un pilier important du développement de la nation, car elle garantie non seulement un mieux être à toute la communauté mais aussi permet d’assurer un avenir meilleur pour l’ensemble de la famille. Dans la zone sanitaire de Tchaourou, nombreuses sont encore les entraves à cette santé de la mère. En ce qui concerne les moyens de contrôle de la vie sexuelle de la femme, notamment le planning familial, l’utilisation des différentes méthodes que prônent les protocoles nationaux est encore très faible. Sur 10647 femmes cibles, seules 213 ont fait recours à ces services au cours du deuxième semestre de l’année 2007 soit un pourcentage de 2%. Ceci n’est pas sans conséquence grave, car de plus en plus les cas d’avortements sont enregistrés dans nos formations sanitaires avec des pics au cours de la période allant de juillet à Septembre. Hormis les cas non documentés, l’hôpital de zone de Tchaourou a reçu seulement pour l’année 2007, 46 cas d’avortement ayant nécessité une prise en charge urgente et qui ont couté en moyenne pour chaque cas 25316 Francs CFA soit 38 euros environs. Plusieurs autres cas non chiffrés ont été rapportés par la communauté. La multiplication des cas d’avortement est bien en relation avec le faible taux d’utilisation des services contraceptifs. Les investigations diverses révèlent par ailleurs que seuls les cas ayant échoué aux méthodes clandestines sont parvenus à l’hôpital. En effet Tchaourou à l’instar de plusieurs autres localités du Bénin regorge des « avorteur (es) » de toutes catégories, ceux qui font usage à des moyens de bord (introduction des tiges dans l’utérus, usage des potions traditionnelles diverses ou de cocktail de médicaments…), ceux qui sont personnels de santé (qualifié ou non) qui se livre à cette activités et ceci en toute clandestinité et souvent avec la complicité des victimes. Les élèves, mais aussi certaines femmes au foyer et artisanes seraient les principales victimes. Cette situation qui concerne l’ensemble des femmes de la zone sanitaire à des degrés divers se révèle encore plus perceptible dans les établissements d’enseignement général où l’on note un certain « libertinage non contrôlé » de l’activité sexuelle aux dires des autorités de ces lieux de savoir. Elle laisse croire que les méthodes contraceptives notamment le préservatif n’est pas un recours systématique par les jeunes de nos établissements scolaires. Ceci les expose potentiellement aux infections sexuellement transmissibles, aux VIH/SIDA et bien sures aux grossesses non désirées avec ses conséquences sur tous les plans. Mais dans cette situation les élèves ne sont pas les seuls responsables. En effet, si l’on peut décrier la démission des parents pour des raisons diverses qu’une étude approfondie et à grande échelle pourra révéler, certains éducateurs contribuent aussi à l’expansion du phénomène. A l’heure où l’une des priorités du gouvernement du Bénin est de faire en sorte que tout le monde ait droit à l’éducation notamment les filles, nous devons nous mobiliser, tous pour que nous ne contribuons pas à les vider des classes après quelques années de scolarité. Il y va de l’intérêt de tous si nous voulons avoir un jour au Bénin des Michelle Bachelet, Angela Merkel, Ingrid Bétancourt et bien d’autres. Face à cette situation, la zone sanitaire en collaboration avec le centre de promotion sociale se sont pas évidemment pas restés les bras croisés, outre les activités d’Information d’Éducation et de Communication pour un changement de comportement au sein des couches jeunes sur la parenté responsable et sur les mesures de prévention des IST/SIDA, la zone sanitaire vient d’élaborer une pièce théâtrale sur la thématique, entièrement jouée par les élèves avec tournage en situation proche de la réalité avec pour ambition sa mise sous support audio visuel avec les moyens de bord. Plusieurs autres actions sont envisagées pour peu que nous arrivions à mobiliser les moyens indispensables. Nous invitons par ce biais tous ceux qui sont passionnés par la santé sexuelle des jeunes (parents, autorités, partenaires divers) à ce joindre à nous pour rendre plus visibles ces actions. Et contribuer ainsi à l’amélioration de la santé de nos femmes en y ajoutant son grain de sels. Ensembles mobilisons nous pour freiner ce phénomène au sein de notre couche juvénile.
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| Parakou, le 8 juillet 2008 Docteur Soliou BADAROU |
BENIN - Les avortements clandestins : Une menace pour la santé sexuelle des jeunes à Tchaourou
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