LE BENINOIS LIBERE - 18 JUILLET 2008
Les dessous de l’arrêté interministériel du 19 Juin sur la filière des véhicules d’occasion La machination livre ses secrets
Le gouvernement du roi Boni 1er n’a pas encore fini de décevoir.
Par Abou BAKAR
Le gouvernement du docteur Boni Yayi n’a pas encore fini de décevoir. Tout ce qui avait été reproché à Mathieu Kérékou s’érige aujourd’hui en méthode de gestion. Et pour cause l’exclusivité refusée à Défi emplois jeunes escorte du Bénin sous le Changement revient sous une forme plus vicieuse en ce sens qu’elle a été accordée dans les mêmes conditions à certaines sociétés. Lesquelles ont été montées , aux dernières nouvelles, par des hommes du régime. C’est le cas de la société Bsat à qui on a octroyé dans des conditions, on ne peut plus sombres (pas d’appel d’offres, pas d’exigences sécuritaires requises) l’agrément 002/ Com. Min du 20 Juin dernier, signé du ministre Pascal Irénée Koupaki. Mais là n’est même pas le problème. Ce qui cloche est que ladite société dont la date de naissance est presque confondue à celle de la signature de l’arrêté interministériel, a été créée rien qu’à cet effet pour venir s’arroger les prérogatives dévolues aux sociétés d’assurances installées au Bénin à coup de centaines de millions de caution d’une part. Et pour venir se substituer aux gestionnaires de parcs qui organisaient eux-mêmes la sécurité de leurs marchandises du Parc tampon unique vers les parcs de vente de véhicules d’occasion d’autre part. On a forcé les mains aux gestionnaires Dans quel pays choisit-on contre son gré celui qui va s’occuper de la sécurité de ses biens ? Sans compter que cette prestation est chèrement prisée. La question de l’opportunité de cette prestation se trouve maintenant sur toutes les lèvres qui condamnaient déjà le caractère vicieux et égoïste de l’arrêté interministériel du 19 Juin.
L’erreur de Koupaki ? La signature au bas de l’agrément accordé à la société Bsat a surpris plus d’un en ce sens que Koupaki est censé être l’un des plus outillés dans le système Yayi pour savoir qu’on ne peut pas donner aussi légèrement un agrément à une société sans certaines dispositions spécifiques en matière de marchés publics et en plus, dans un environnement qui se proclame allergique à ce genre de pratiques. Mais certains proches du ministre Koupaki ne s’étonnent guère de cette réaction du ministre. Selon eux, il y a longtemps que l’expert et l’intègre Koupaki est mort pour laisser place à un autre Pascal Koupaki qui sait s’adapter aux humeurs et aux volontés du système dans lequel il évolue. Alors qu’il a été dit, à l’origine de cet arrêté qui viendrait diminuer les faux frais et autres taxes fantaisistes créés pour enrichir des privilégiés du système, les conditions d’élaboration de cet arrêté en disent long sur les intentions réelles de son géniteur Issa Badarou dont le Dg douane James Sagbo faisait récemment la peinture du style. Le style Badarou et l’arrêté interministériel Le séjour d’un tronc d’arbre dans un marigot ne le transformera jamais en crocodile, disait un sage. Et l’autre de renchérir que le petit chat de Djeffa ou de Malanville, même après 40 ans passés à Cancun ou à Gaza en Cisjordanie, reviendra toujours avec le même « miaou ». Autrement dit, Issa Badarou restera le même sous le Changement, au Bénin ou au Groenland vers les pôles. Donc pour analyser l’arrêté interministériel sur lequel Issa Badarou a joué les chefs cuistots depuis deux ans, il faut aller voir ce qu’a été Issa Badarou. Badarou, l’homme qui plume l’Etat pour les privés. La récente colère de James Sagbo contre le Ct portait, entre autres, sur la suppression de la taxe statistique (5,2% de la valeur en douane des marchandises). Pour le Dg douane, cette suppression ne saurait justifier le dégraissage tant souhaité par le chef de l’Etat des frais de l’escorte des véhicules d’occasion. Boni Yayi en demandant de revoir à la baisse le coût de cette activité pour la rendre plus compétitive sur le marché international souhaitait voir supprimer les taxes fictives et les exclusivités économiquement idiotes accordées à des sociétés en mode « gombo ». James Sagbo parlait là comme un historien, comme quelqu’un qui connaît bien le style Badarou. Et pour cause : la première note circulaire prise dans ce pays pour que les recettes de l’Etat atterrissent dans les mains du privé en matière de véhicules d’occasion, porte la longue griffe de Badarou. C’est alors Dg du port autonome de Cotonou qu’il signa la lettre 1346 /pac./Dg/DC du 28/09/92.Laquelle lettre délocalisait l’activité pour, raison évoquée : désengorger l’enceinte portuaire.
Et c’est Bétrexco qui obtint le « gombo » avant que cela n’éclate avec la naissance des gestionnaires de parcs privés. La Sobemap qui gérait l’entreposage et le gardiennage des véhicules d’occasion venait ainsi de perdre de l’argent au profit des privés. Badarou le « sogopiste » C’est sous le règne du même Badarou au port qu’a éclaté l’affaire Sogopi. Puisqu’il est le spécialiste du transfert des recettes de l’Etat vers les privés, Issa Badarou remit le recouvrement des créances du Port à une société privée du nom de Sogopi comme si les cadres assermentés en matière financière au port autonome de Cotonou n’avaient plus leur raison d’être. Avec pour goût amer que la société au lieu d’être payée sur la base de prestations faites allait l’être sur commission et sur la base du chiffre d’affaires du port autonome de Cotonou, véritable poumon de l’économie béninoise.
Il aura fallu l’arrivée d’autres Dg pour balayer du revers de la main cet accord mystique. Badarou et la société fictive supposée basée en côte d’Ivoire. Toujours dans le répertoire identitaire de Badarou on a vu dans ce pays le placement des recettes du port dans une société privée ivoirienne. Pour quelle raison personne ne sait. Toujours est-il que le recouvrement n’a pas été totalement fait jusqu’à ce jour. La société n’ayant pas d’existence juridique claire. C’est cette affaire qui amena Issa Badarou là où il n’avait jamais souhaité aller. Cette présentation, avouons-le, très sommaire sur le style de Badarou qui consiste à orienter ce qui revient à l’Etat vers les privés revient nettement dans les termes de l’arrêté interministériel du 19 Juin. Lequel document porte sa griffe en ce sens que les acteurs portuaires disent à l’unanimité ne pas se reconnaître dans cet arrêté alors que Issa Badarou soutient mordicus devant le collège ministériel que son projet d’arrêté vient de ces mêmes opérateurs portuaires.
Devant ces malheureux, le conseiller technique fait endosser la responsabilité de cet arrêté à ce comité interministériel. Si bien que les deux parties s’accusent mutuellement tandis que Issa Badarou, le maître de la cérémonie funèbre se cache derrière tout le monde .Au demeurant, il convient de retenir que l’arrêté interministériel n’a été que l’expression de l’identité Badarou. Donc point n’est besoin de rechercher le malheur des uns et des autres ailleurs. Il est là comme le ver dans le fruit.
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