Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Ça ne doit pas clasher: avertissement au roi Boni 1er

 

Par Arimi CHOUBADE
22 juillet 2008


 

Il manque un point essentiel dans le train de mesures en marge de la lutte contre la vie chère : la mise en retrait des insulteurs publics. Aucun sacrifice n’est trop grand si ce n’est que pour rompre avec la logique du pourrissement. En commençant par la fin de la diabolisation de l’autre. Cet autre, apatride ennemi de la nation. Oubliant que le contradicteur d’en face est à l’image de soi, un Béninois, aspirant à un mieux pour lui-même et les siens. Personne ne mérite donc d’être viré par-dessus bord. Yayi a un contrat de 5 ans qu’il doit mener à son terme qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas. Avec la possibilité de rempiler.

 

Le pouvoir tangue. Pas du fait de malfaisants à l’affût du moindre faux pas du pouvoir. C’est plutôt le colosse maladroit qui se laisse entraîner par sa propre course folle et désordonnée. Le même colosse qui accuse ses adversaires de le laisser aller dans le décor. Du moment où le déséquilibré porte sur sa tête le destin commun, son sauvetage devient l’affaire de tous. D’où le devoir de tous de lui rappeler qu’il est le conducteur de l’ensemble du troupeau y compris les Fcbe et les non Fcbe. Qu’il est un instrument de relais tout comme l’ont été ses prédécesseurs. Que quelqu’un d’autre prendrait les rennes du pays un fois son (ou ses) mandat terminé. Le docteur-président est revenu de Lomé retrouvé au moins 200 millions dans les caisses de l’Etat et 6 millions de compatriotes vivant en paix. Qu’il puisse en faire plus.

 

Il est question de traquer dans leurs derniers retranchements les faucons de tous les bords. Il n’y a que la bêtise qui puisse suggérer à Yayi Boni de recourir à des mesures d’exception. Une ordonnance sensée contourner le parlement est d’une dangereuse vulgarité. Une ratification d’accord de prêt relève de la souveraineté nationale. Le Bénin n’engage sa crédibilité et sa responsabilité vis-à-vis des tiers que par ses représentants élus. Entre deux législatives, le parlement reste l’unique voix du peuple. La légitimité ne s’exprime ni à travers les grognes radiophoniques ni à travers des thèses de spéculateurs intéressés. Un fait de prince ne vaut pas une volonté populaire même pour quelqu’un qui revendique 75% d’opinion favorable. Aucun Etat responsable n’accepterait de commercer avec un régime lâché par les représentants du peuple.

 

Il est certainement dans l’intérêt de tous les Béninois que le navire aille à bon port. Avis, en priorité, aux émergents encore capables de discernement. A ceux capables de dire à leurs compagnons que la provocation ne saurait être érigée en méthode de gouvernement. Les gens oublient souvent que le pacifisme à la béninoise puise son essence dans la capacité de résistance de ses fils. Les révolutionnaires en savent quelque chose. Le régime de Yayi en fait l’amère expérience au bout de deux ans seulement d’exercice.

 

C’est évident que la solution ne réside pas dans un perpétuel bras de fer. Il reste à inventer la méthode d’anéantissement d’une majorité parlementaire dans un système démocratique sans recourir à des expédients à la Mugabe. Ce n’est pas avec un occupant du perchoir raccordé congénitalement à la présidence de la République qu’on peut mater une guérilla parlementaire animée par les plus redoutables contradicteurs politiques que le Bénin du renouveau démocratique n’ait jamais connu. Amoussou, Houngbédji, Salé, Fagbohoun, Séhouéto et les Soglo.

 

La démocratie ne survivra pas à un échec de la majorité des élus du peuple.




Publicité
Tag(s) : #Politique Béninoise
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :