| Calavi: Yayi a gagné, la démocratie a perdu (2011 a de quoi faire peur aux Béninois)
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| LE BENINOIS LIBERE 2 septembre 2008 Le conseil communal de Calavi n’avait pas été installé par le pouvoir en place simplement parce que la Cour Suprême, plutôt mouvancière, n’avait pas encore dit son mot. Maintenant que la délibération a été faite avec une Rb amputée de 4 conseillers, le préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral, Brun Hatchémé, a cru devoir installer hier le conseil municipal. Et que ne fut pas la surprise de la démocratie si celle béninoise vit encore ? Abomey-Calavi a vécu hier un drame que les écrivains, même les plus fertiles en imagination, ne sauraient écrire. Si c’est le leader des Fcbe lui-même qui a écrit le scénario d’hier, alors Shakespeare a son maître au Bénin et il s’appelle Boni Yayi. Mais si c’est un autre génie du système qui a réussi l’exploit d’hier, il faudra l’envoyer enseigner la tragédie dans une académie des beaux Arts en Europe. Car ce qui s’est passé le lundi dernier relève d’un pur film de fiction.
Analyse sur le hold-up d’hier
La loi dit que c’est la grosse issue du jugement de la Cour qui invalide le siège des conseillers. Chose curieuse, c’est par un simple extrait de texte que les quatre conseillers ont été amputés à la Rb. Première bavure du pouvoir en place. L’autre topo aussi regrettable que le premier a trait aux mensonges du ministre Démolé Moko sur la télévision nationale quand il est venu dire que tous les recours liés au contentieux électoral ont été vidés et que l’opération d’hier était légale. En fait, il y a actuellement deux recours contre les Fcbe. 01 à Akassato déposé par l’Alliance Réveil et l’autre à Glo par le G13. Les conseillers Rb se croyaient être dans un Etat de droit quand ils ont voulu s’opposer à l’installation au motif que le contentieux électoral n’était pas totalement vidé et qu’il y avait deux recours contre les Fcbe. Ils ont oublié que Boni Yayi, le président de tous les Béninois est avant et après tout le père des Fcbe. Ses enfants peuvent attendre d’avoir totale satisfaction auprès de la Cour suprême mais pas les enfants de l’autre. D’où le stratagème d’hier qui a consisté à attendre que des conseillers Rb sortent de la salle pour la fermer, leur interdisant ainsi d’y rentrer et de procéder à l’installation du maire du pouvoir. C’est une honte pour la démocratie. Boni Yayi est constitutionnellement le président de tous les Béninois. Il devrait par conséquent se comporter comme tel en empêchant ses hommes d’agir comme au bon vieux temps.
Les conséquences du coup de force d’hier
Le tour de vis de Calavi arrangera tout le monde sauf Boni Yayi. Les Béninois ont horreur de ce genre de pratiques et savent bien prendre leurs responsabilités. Les circonstances dans lesquelles le maire de Calavi a été fabriqué, ne donnent aucune chance aux commanditaires de jouir continuellement de leur position. Un peuple brimé dans son choix, contraint à bruits de bottes et d’intimidation des AKM, ne vote jamais pour son bourreau. On se demandera toujours qui en veut si tant à Boni Yayi pour être en train de lui faire croire que sa victoire en 2011 dépend de son parfait contrôle des communes du Bénin ? Combien de délégués de quartier ou de maires en exercice le candidat Boni Yayi avait sous la coupole d’un parti politique à lui avant de faire l’honorable et historique score de mars 2006 ? Si avec 00 (zéro) maire et 00 (zéro) délégué Boni Yayi a pu obtenir 75% pour battre le tout patron de ‘’son’’ Prd Adrien Houngbédji en 2006, il n’est pas exclu qu’avec 7 millions de délégués et maires compris, il s’incline devant n’importe quel candidat en 2011. Le docteur Boni Yayi si tant est que son divin pouvoir est au service du peuple béninois, ce n’est pas par ces exhibitions de muscles et nerfs en granite qu’il va rempiler en 2011. Le coup de force de Calavi restera dans la tête des Béninois comme la vilaine pièce dont Boni Yayi peut attendre la monnaie en 2011.
Aboubakar TAKOU |
BENIN - Calavi: Yayi a gagné, la démocratie a perdu (2011 a de quoi faire peur aux Béninois)
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