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  Cohabitation au sommet de l’Etat :Les adieux de la Rb à Yayi Boni

 

4 septembre 2008 - LE MATINAL


Au lieu qu’ils parviennent à un rapprochement franc à la faveur des dernières rencontres qu’ils ont eues, trois en l’espace d’une semaine, le pouvoir de Yayi Boni et le couple Soglo se sont plutôt éloignés l’un de l’autre. Ce sont surtout les événements précédant l’élection du maire d’Abomey-Calavi qui ont poussé la Rb à montrer les signes de ses adieux au chef de l’Etat, lui, qui avait tracé le chemin à cet éloignement.

La tension et l’amertume animent toujours les esprits de la famille « houézèhouè », de plus en plus contrainte à jouer le rôle de l’opposition. Déçue par l’attitude du chef de l’Etat à propos de la mairie d’Abomey-Calavi, la Rb a compris qu’au lieu de se rapprocher du régime, mieux vaut s’en éloigner. Déjà, les signes des adieux du parti au chef de l’Etat se font persistants, surtout avec la déclaration des renaissants pour fustiger l’attitude du régime dans le dossier qu’est celui d’Abomey-Calavi. La Rb ne réalise pas encore ce qui lui est arrivé au cours des tractations qui ont précédé, il y a de cela 48 heures, la mise en place du conseil et de l’équipe dirigeante. Victime d’une élection qualifiée de mascarade et de la honte, qui, toutefois a porté le colonel de l’armée à la retraite, Patrice Houssou Guêdê à la tête de la mairie, le lundi 1er septembre 2008, la Renaissance du Bénin ne jette pas l’éponge. Loin s’en faut. Elle est dans la logique de se battre jusqu’à la dernière énergie. Pour le parti, ce feuilleton sur la 2ème plus importante ville du Bénin n’est pas le dernier. Il ne finira pas de rebondir. Tout porte à croire que les responsables de la Rb se préparent à lancer une contre attaque dont la nature et le jour restent encore indéterminés. Toutefois, la teneur de la déclaration prononcée devant des militants « houézèhouè » par le député Epiphane Quenum, il y a de cela trois jours, renvoie à une idée. Les termes de dialogue entre la Rb et le pouvoir sont désuets et vides de promesses certaines. Cela est d’autant plausible que l’intention du parti à travers la déclaration rendue publique est de prendre son destin en main en s’éloignant du chef de l’Etat. Les renaissants ne souhaitaient pas se comporter comme des opposants au régime en place. Mais les intrigues politiques et l’adversité déclarée par les Fcbe ne leur laissent que le courage de se défendre. Se défendre pour rester encore pendant longtemps sur l’échiquier politique et participer activement à la vie sociopolitique du Bénin. Or, il se fait de plus en plus clair que l’entourage du chef de l’Etat ne veut pas qu’un parti fort reste dans les arcanes du pouvoir. La conséquence est qu’ils verront leur influence diminuée de façon brusque et dégringolante. La plupart n’ont pas de parti politique influent. Les quelques chefs de parti qui gravitent autour du Président se sont revêtus des couleurs Fcbe pour sauvegarder leurs intérêts. Si les responsables de la Rb ou d’autres partis à qui Yayi Boni tend la main acceptent, ils vont devoir se comporter comme eux. Rester dans une telle position, laissera les cadres de la Rb à frotter leurs convictions à d’autres qui en appellent moins à l’étique démocratique, à la morale qu’au pouvoir de l’argent et du gain facile. A vrai dire, la conviction des « Yayistes » pour un Bénin émergent et pour une démocratie apaisée ne sont pas solidement chevillées comme celles du chef de l’Etat. Car ce sont eux qui conseillent le Président à aller à la dérive. C’est pourquoi, à en croire un responsable de la Rb, il vaut mieux dénoncer que de caresser quand ça ne va. En jouant ce rôle, le parti ne peut jamais s’entendre avec le régime.

Les signes des adieux

Après un sévère réquisitoire dressé contre le régime en place et les Fcbe, la Renaissance du Bénin invite toutes les forces démocratiques à se mobiliser à ses côtés les jours à venir pour barrer la route à la nouvelle classe de voleurs politiques et de fossoyeurs de la démocratie béninoise. Qui sont ceux-là ? Ce sont les hommes de Yayi Boni. Voilà qui est on ne peut plus clair dans les esprits. Ils sont diabolisés et la Rb n’entend pas composer avec eux. Pour aller jusqu’au bout de leurs intentions, les responsables du parti annoncent des réactions diverses. Vraisemblablement, place sera donnée aux actions sur le terrain. Des marches de protestation. Des dénonciations politiques en utilisant les moyens les plus légaux. Cela a déjà commencé de fort belle manière. Dans la déclaration du mardi dernier, la Rb accuse le pouvoir d’être à la base de l’émergence de la corruption politique avec le développement du trafic d’influence, des violations flagrantes des textes républicains, d’entretenir des irrégularités dans l’attribution des marchés publics, de vouloir contrôler toutes les institutions de la République malgré le principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs, d’embrigader la presse, d’organiser la fraude électorale. Les diatribes lancées contre le pouvoir ne sont pas que celles-là. Le régime de Yayi Boni est montré du doigt par la formation politique de l’ancien chef de l’Etat, Nicéphore Soglo, comme un incapable à faire face à la crise sociopolitique et économique, à la cherté de la vie. Tel un tableau lugubre qui ne fait que rappeler le contenu de la déclaration du G4 en mars 2008 au Palais des sports de Cotonou. Selon l’analyse de Epiphane Quenum, les actes dont le gouvernement est responsable précipitent l’effondrement du système du changement avec la détérioration de plus en plus prononcée des relations entre le Pouvoir et les autres forces vives de la nation à savoir les élus locaux, les syndicats, la société civile, les partis politiques. « Comme vous le voyez, la démocratie béninoise est entrain de sombrer petit à petit.. » a relevé le porte parole de la Rb. Epiphane Quenum assisté du conseiller de l’alliance le Réveil, Dansou Dossa, a fait une rétrospective des évènements qui ont émaillé l’élection du maire et de ses adjoints dans la commune d’Abomey Calavi. La Renaissance du Bénin conclut à un non lieu de l’installation du conseil de cette cité dortoir et dénonce la tricherie, la fraude, le mensonge, l’imposture, la corruption, le vol du pouvoir, le faux et usage des faux. En raison de quoi, la Rb exige avec vigueur et force le rétablissement de la légalité et le respect de l’expression du peuple. L’ambiance actuelle au sein du parti toujours tendue. Ce qui laisse penser que Nicéphore Soglo et sa famille veulent en découdre avec le pouvoir. Dans une telle condition, la porte de l’opposition reste la plus largement ouvertement à la Rb, que celle de la mouvance. La dure expérience vécue par les renaissants sous le régime défunt risque de se répéter. Les négociations entreprises pour l’entrée de la Rb au gouvernement ne revêtent plus aucun sens. Si les choses en restaient là, les rapports entre la famille Soglo et le Chef de l’Etat Yayi Boni s’annoncent très tendus jusqu’aux présidentielles de 2011. Des consultations pour lesquelles le Président de la République est en train de peaufiner sa stratégie et son plan qui comportent beaucoup de pièges pour ses potentiels rivaux. Le candidat de la Rb, Léhadi Soglo, en constitue un et il ne veut pas tomber dans un tel piège, comme le fait d’être au gouvernement.

 

Fidèle Nanga



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Tag(s) : #Politique Béninoise
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