| Remaniement ministériel :Yayi Boni n’est pas prêt
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| LE MATINAL 9 septembre 2008 Il n’y a toujours pas de nouvelles en provenance du Palais de la Marina pour fixer les Béninois quant à la formation du 3ème gouvernement de Yayi Boni. Même si les concertations étaient bouclées, tout est à refaire aujourd’hui. La plupart des nouveaux venus attendus par le Président de la République déclinent la main tendue.
Le refus de certaines formations politiques de participer au prochain gouvernement du chef de l’Etat Yayi Boni a changé le calendrier de publication de la nouvelle équipe. En dehors du G13 et du Madep qui ont publiquement annoncé qu’ils n’ont pas l’intention de travailler aux côtés du chef de l’Etat, d’autres forces politiques comme la Renaissance du Bénin, le Parti social démocrate dont les leaders ont été reçus par le locataire de la Marina observent la même position. La principale raison évoquée est qu’il n’existe pas encore un environnement franc qui puisse permettre à ceux qui avaient déclaré leurs hostilités au chef de l’Etat de cohabiter avec lui. Malgré toutes les assurances qu’il a données pour instaurer un dialogue franc et direct, les responsables des partis politiques approchés par le régime ne croient pas aux intentions annoncées par Yayi Boni. C’est pourquoi ils ont refusé de signer tout pacte ou de conclure un quelconque accord pour travailler la main dans la main. Ni le G13, ni le G4 encore moins Force clé, tous consultés, n’ont pas affiché une attitude de va-t-en guerre. Ils veulent être modérés parce que conscients de la situation que traverse le pays. Mais en voulant être conciliant, ils ne veulent pas se laisser traîner dans un bourbier dont Yayi Boni est le seul inspirateur. En réalité, toutes les formations politiques sont parvenues à établir que les Fcbe, coalition dont le Président de la République est le chef de file, ne sont pas prêtes à collaborer avec elles. De même, les concertations initiées par le chef de l’Etat en direction de Nicéphore Soglo, de Bruno Amoussou, de Séfou Fagbohoun ont révélé des pièges qui sont tendus aux partis dont ces leaders sont responsables. En effet lors des audiences, le chef de l’Etat qui a donné l’impression de montrer qu’il s’agit de tête à tête sérieux a eu à renvoyer à chaque fois ses deux ministres d’Etat après les avoir invités à sacrifier à l’usage des salutations. En faisant cela, il a pensé montrer à ses hôtes qu’il y a du sérieux et que les discussions qui ont eu lieu n’engagent que lui et ses invités. Cette manière de faire n’est pas de nature à rassurer ceux-là. Evidemment, tous ont laissé l’impression au chef de l’Etat d’être séduits par son geste. Mais, il n’en est rien du tout. Yayi Boni a autre chose dans la tête que ce qu’il a partagé avec les responsables des partis. Il n’a pas tardé à afficher ses réelles intentions avec la Rb, après avoir rencontré le couple Soglo séparément. Les manœuvres qui ont accompagné l’installation du Conseil communal d’Abomey-Calavi et l’élection du maire et de ses adjoints ne sont pas faites dans le sens de privilégier un dialogue franc avec les Soglo. Le cas de la Rb a servi de leçon aux autres qui ont encore des intérêts à protéger dans certaines communes où le conseil n’est pas encore installé. Le Madep l’a si bien souligné lors de sa récente sortie dans le Plateau. En présence des militants, les responsables du parti ont montré que l’heure n’est pas encore à une entente avec Yayi Boni. Le refus d’aller au gouvernement, annoncé publiquement constitue une expression qu’il existe encore des différends à aplanir. Pourtant, reçu par le chef de l’Etat, Séfou Fagbohoun a laissé planer l’idée selon laquelle le Madep vient de régler ses problèmes avec Yayi Boni. Comme au niveau du Madep, il existe les mêmes inquiétudes et mêmes réserves chez les autres formations. Il sera difficile pour le Président de la République de faire rentrer dans sa nouvelle équipe des cadres. Car, c’est de cela qu’il s’agit. Après avoir rencontré trois des quatre formations du G4, Yayi Boni était sur d’avoir réalisé un bon coup. Mais tout porte à croire que c’est le renard de Djakotomey, Bruno Amoussou, ancien ministre d’Etat de Kérékou, député de la 5ème législature, homme rompu à la politique tant que ces partis ne croieraient pas aux vérités du chef de l’Etat qui a éveillé les autres membres du G4. A sa sortie d’audience, il a eu l’idée de dire qu’il rendra compte à un groupe auquel il appartient, parlant du G4. Or, lors de l’entretien avec le chef de l’Etat, ce dernier aurait voulu qu’il tienne pour secret les sujets sensibles abordés. La réunion du G4 qui a suivi la dernière visite de Séfou Fagbohoun à la Marina, a permis aux leaders du groupe de comprendre que la stratégie du chef de l’Etat, n’était pas de privilégier le dialogue. Car, les intentions de Yayi Boni de collaborer varient d’un leader à un autre. Les éloges sont faits en faveur de celui qu’il a en face de lui, pendant qu’il laisse croire que les autres ténors du G4 sont moins bons. A chacun ses éloges et ses diatribes. Personne ne s’en rendrait compte si autant qu’ils sont, ils n’avaient pas compris la nécessité de se dire ce qu’ils ont partagé avec le chef de l’Etat. De confrontations en confrontations, les leaders du G4 ont réalisé que l’intention du chef de l’Etat, c’est de casser cette coalition. En dehors du Prd, écarté depuis longtemps, les trois autres partis consultés individuellement n’avaient pas la chance d’être représentés dans le prochain gouvernement. Il s’agissait dans leur tête d’un jeu de tromperie et de cache-cache. Après avoir accepté lors de leur entretien respectif d’envoyer des noms à Yayi Boni pour son gouvernement, ils y ont renoncé. Yayi Boni qui a envie de poser des pas pour la décrispation politique n’a plus les moyens de le faire. Il est bloqué par le refus de ceux à qui il a tendu la main. Ce n’est pas des noms qui manquent. Bien au contraire, le calepin du chef de l’Etat déborde de ministrables. Mais, il n’a que des propositions provenant des Fcbe, de la société civile et des évangélistes. Les responsables de Force clé, adoptent la même position que le G4 et le G13. Malgré toutes les pressions, le groupe de l’honorable Issa Salifou ne pense pas changer d’avis. Il en est de même pour le Madep. Des cas de figure auxquels Yayi Boni ne s’attendait pas. Lui qui pensait finir avec le remaniement depuis plus de deux semaines n’est pas encore prêt. Il lui faudra retrousser les manches pour confectionner une équipe qui puisse accompagner ses ambitions politiques pour 2011.
Fidèle Nanga |
Remaniement ministériel :Yayi Boni n’est pas prêt
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