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  Naissance en vue du parti Fcbe: Les dangers qui guettent le roi Boni 1er

 

12 septembre 2008


Le chef de l’Etat et les caciques des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) seraient sur le point de transformer leur alliance en une grande formation politique. Au même moment que l’initiative pourrait permettre au président Yayi Boni d’avoir une base politique, elle sera aussi pour lui la cause évidente de certains ennuis graves.

Les partis politiques qui naissent autour des chefs de l’Etat quand ils sont aux affaires ne les ont pas, jusque-là, aidés à atteindre leurs objectifs. Toutes les initiatives du genre qui ont eu cours dans l’histoire du Bénin de l’ère du Renouveau démocratique ont pris fin sur des notes très amères et les Fcbe qui se préparent pour devenir un parti du président Yayi Boni pourrait connaître les mêmes difficultés. Selon certains observateurs de la vie politique nationale, le cas Fcbe pourrait même être plus critique et c’est le président Yayi Boni qui en sortirait, à terme, très bien éprouvé. A cause des éléments qui composent cette alliance politique où les intérêts sont divergents et certains plus forts tentent de martyriser les autres. Outre les querelles de leadership qu’on ne saurait jamais éviter à la Fcbe dans son état actuel, c’est l’absence de formations politiques dignes du nom dans le groupe et la façon dont l’alliance Fcbe est jusque-là gérée ainsi que les intrigues qui se sont succédées et qui ne permettront pas de construire efficacement un noyau dur autour du chef de l’Etat afin de réussir l’objectif. Mieux, avec le cas Fcbe, les parties prenantes avaient déjà du mal à s’accepter pour enfin s’organiser autour d’un projet de société. A défaut d’un plan de travail conséquent, c’est la gestion au quotidien qui ne permet pas des initiatives sérieuses jusqu’à présent. Pire, les coups bas sont légion et certains acteurs qui se sentent écartés des délices du pouvoir par d’autres, sont toujours dans une certaine offensive, même pour faire chavirer la barque. Dans les mêmes conditions, il y a certains qui sont obligés de faire des mauvais et faux rapports sur leurs autres camarades au chef de l’Etat en vue de se faire de bonnes positions au Palais de la Marina. Et en ce qui concerne les forces qui composent cette Fcbe, c’est l’inexpérience politique, la confusion dans les idées, l’impossibilité pour nombre des acteurs à défendre des positions claires et la défense de façon aveugle des idéaux du changement. En dehors du parti Union pour la démocratie et la solidarité (Uds), les autres éléments constitutifs de la Fcbe sont formés de mouvements associatifs et religieux dont les membres n’ont pas forcément une base politique confortable pour gérer une aventure du genre. Et au bout du rouleau, ce sont les éléments de l’Uds qui dictent leur loi aux autres et pourraient être renforcés dans leur position pour mieux gérer la situation en leur seul profit quand ce sera le parti Fcbe. Déjà, ils sont quatre dans le gouvernement actuel avec deux députés à l’Assemblée Nationale. En dehors du fait qu’ils tiennent à être tous reconduits dans le prochain gouvernement, ils ne laissent aucune marge de manœuvres aux autres membres de la Fcbe. A tort ou à raison, on pense que ce sont eux qui élaborent jusque là les termes de référence au niveau de la Fcbe, distribuent les rôles et s’organisent pour être plus proches des grands centres de décision au sommet de l’Etat. Il semble même que c’est sur leur initiative restreinte que la Fcbe tend désormais à devenir le parti politique du président Yayi Boni. Ainsi et sans autre réflexion, on pense que la base de ce grand parti est déjà trop minée et les autres membres, qu’ils soient juste des hommes politiques, des députés, des maires, de simples conseillers ou des cadres de l’administration, ils ne pourront plus jamais avoir un contrôle efficace de la gestion que ce parti Fcbe. Un certain nombre de situations qui n’arrangent pas la naissance de cette formation politique pour le président Yayi Boni. Parce que les germes du désastre sont déjà là et dans cette histoire où tout le monde attend un intérêt dans l’immédiat à cause de son militantisme aux côtés du chef de l’Etat, c’est un parti mort né que sera la Fcbe.  

Le choix du président

  Si les conditions ne sont pas réunies pour réussir la gestion du parti Fcbe par les temps qui courent, c’est le choix de son président qui fera des vagues. Faudra-t-il continuer l’expérience avec le coordonnateur national Fcbe, Janvier Yahouédéhou, ou confier la présidence de ce parti en gestation à quelqu’un d’autre ? C’est l’une des questions qui risquent de faire couler trop d’encre et de salive avant la mise en route du projet. Si les ténors Fcbe ne parent pas au plus pressé, c’est à cette étape déjà que la cassure risque d’intervenir. Surtout qu’il n’y a pas d’élection de sitôt et personne n’a besoin de faire l’âne pour se faire recaser sur une quelconque liste. De plus, les événements sensibles que l’alliance a connus obligeront les uns et les autres à chercher à mieux comprendre le fonctionnement du parti avant de s’y engager. Mieux, la majorité a déjà changé de camp à l’Assemblée nationale et la minorité de blocage sur laquelle le président Mathurin Nago a compté jusque-là, pourrait ne plus être fidèle comme on l’a toujours pensé. Aussi, semble-t-il que plusieurs acteurs Fcbe veulent voir clair dans certains dossiers mal gérés avant de donner leur accord de principe pour la mise en route des activités de ce parti. Dans cette confusion, des militants Fcbe qui pensent avoir mérité un poste au gouvernement ne veulent plus patienter alors qu’au même moment, les autres qui ont déjà fait leur expérience et n’ont même pas convaincu, ne veulent pas céder et pourraient claquer la porte s’ils venaient à être remercié brusquement. Et pour plus de visibilité dans la gestion qui se fera du parti et plusieurs militants Fcbe seront tentés par des postes de responsabilités. Les querelles de leadership qui en résulteront vont vite compliquer les choses et c’est encore le président Yayi Boni qui pourrait en récolter les pots cassés.  

Pourtant, les expériences passées devraient édifier

  Le Parti Fcbe pour le chef de l’Etat ne peut pas prospérer contrairement à ce qu’entrevoient les initiateurs. Des expériences du genre connues par le passé ont abouti à un échec cuisant et leurs initiateurs doivent encore le regretter pendant longtemps. D’abord, c’est le fait que le président Yayi Boni sera tenté d’obliger tous ceux qui le soutiennent à y adhérer qui créera de vives polémiques dans cette mouvance déjà très divisée. Il l’a déjà tenté lors des élections législatives et les dernières consultations pour les municipales en optant pour une seule liste pour sa mouvance. Outre le fait que tout le monde n’a pas pu trouver de place, il y a les positionnements qui ont crée une sérieuse crise et certains mécontents ont dû aller chercher ailleurs. Les plaies qui en sont résultées sont loin d’être cicatrisées les marginalisés ne veulent plus rejoindre les rangs sans un minimum de garantie. Ce sont les mêmes expériences que les acteurs de la Renaissance du Bénin ont vécu. Quand le président Nicéphore Dieudonné Soglo et la présidente du parti ont tenté en vain de rallier tous ses partisans à la Renaissance du Bénin, c’est l’opposition qui s’est renforcée, son pouvoir en a reçu un grand coup et quand les uns et les autres ont compris qu’il n’y a plus rien à attendre, ce sont les démissions qui se sont multipliées et Nicéphore Dieudonné Soglo devenu très impopulaire, n’a pu se faire réélire en 1996. La descente aux enfers va se poursuivre au point où le parti est pratiquement réduit aujourd’hui à la famille Soglo dont certains préfèrent plutôt adhérer au changement que de couler dans la léthargie avec la Renaissance du Bénin. Le plus récent, c’est l’expérience du Général Mathieu Kérékou avec le groupe Union pour le Bénin du Futur (Ubf). Ici, ce sont les contradictions internes, le manque de vision claire, la tendance de certains hommes politiques à profiter de l’Ubf pour se faire un avenir politique et les mensonges au chef de l’Etat qui ont finalement eu raison de ce groupe politique qui n’aura profité à personne. Le Général Mathieu Kérékou qui devrait en profiter pour s’éterniser au pouvoir est sorti par la petite porte, les grands comme Bruno Amoussou qui a su utiliser certains fils de Kérékou pour accroître les capacités du groupe et se donner une change pour être élu plus tard président de la République a atteint les 70 ans malgré les efforts entrepris et l’expérience politique de l’homme. Les autres également viennent d’enclencher leur retraite politique et doivent se mordre les doigts pour n’a pas vite compris les impertinences du projet Ubf. Pourtant, ces deux groupes politiques avaient moins de problèmes à l’époque que la Fcbe actuellement. En plus des difficultés liées à la gestion des hommes, le président Yayi Boni qui est le chef d’orchestre de la Fcbe ne peut pas jurer de la fidélité de tous les membres et de la franchise avec laquelle on lui adresse des propositions. La preuve est qu’on dit, à l’Assemblée Nationale, qu’il suffit d’un vote secret pour connaître le vrai visage de la Fcbe. Et puis, la crise se renforce au jour le jour et les essais de solutions préconisées par les siens lui ont plutôt compliqué l’existence. Dans ces conditions, il n’y rien à attendre d’un parti Fcbe parce qu’on n’a pas su au préalable organiser le groupe dans une certaine harmonie.

 

Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé/Plateau)

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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