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Grâce à la campagne de diabolisation des fonctionnaires en grève, on en est presque à oublier que le trésor public se nourrit du labeur de cette armée d’agents disséminés à tous les guichets de recettes répartis sur toute l’étendue du territoire national. Parmi eux aucun ministre, aucun conseiller du chef de l’Etat, aucun chargé de mission, aucun courtisan. Tous des budgétivores bénéficiant d’une inflation exponentielle sur les frais de mission, les primes de prestige, les salaires de rêve et les avantages ostentatoires. Des facultés de mobilisation de fonds imputées au docteur-président durant la campagne présidentielle de 2006, le trésor public n’en connaît que les gigantesques ponctions faites à l’occasion des voyages présidentiels onéreux aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays. Rien que par sa taille, chaque délégation présidentielle suffit pour provoquer de sérieuses entailles dans les caisses de l’Etat.

 

En conclusion à cette petite démonstration : « le gouvernement n’est ni le propriétaire ni le créateur de la richesse nationale ». Tout le droit positif béninois hérité des orientations de la conférence nationale est basé sur les règles de fonctionnement d’un Etat moderne. Le banquier-président sait que l’Etat béninois est conçu sur un modèle de gestion comparable à celle applicable à une entreprise. Un Etat qui a son Conseil d’administration ou représentants des actionnaires ou encore représentants du peuple (le parlement), son Conseil de gestion (le gouvernement), ses agents (les fonctionnaires). Cette classification prohibe toute sorte d’exclusivité pour une seule des entités ci-dessus énumérées à disposer de la richesse commune. Il existe tout un arsenal juridique qui codifie les rapports entre l’exécutif, le législatif et les fonctionnaires.

 

Le tollé provoqué par les prodigalités démagogiques du pouvoir procède des réflexes acquis par les Béninois après bientôt une décennie de pratique de l’Etat de droit. Les fonctionnaires se sentent donc conforter à croire à un abus de confiance de la part des princes qui les gouvernent. Un brin de parcimonie aurait permis aux émergents d’éviter de se lancer dans les dépenses de prestige alors qu’ils n’ont pas été autorisés à le faire pire, alors qu’ils n’ont pas fini d’assurer les dépenses de souveraineté. On se demande bien suivant quelle orthodoxie un gouvernement qui n’arrive pas à faire fonctionner les tribunaux, les hôpitaux et les écoles publiques se trouve fonder à envoyer des aides financières à l’extérieur.

 

Les Béninois ont également de réels motifs de s’inquiéter de cette propension à la violation des engagements souscrits au sommet de l’Etat. Tant pis si cela se limite entre politicards dépourvus de tout scrupule. Par contre, il ne devrait exister aucune compétition entre des fonctionnaires liés à l’Etat par des contrats légalement établis et des officines religieux qui échappent à toute réglementation. Le reste n’est que provocation et clientélisme. Etant sans programme, la fabrication des crises devient le seul moyen pour le régime d’éviter de sombrer dans l’ennui et l’oisiveté.

De l’abus des ressources publiques aussi…

 

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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