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Le premier injecte 700 milliards de dollars Us dans le système financier des Etats-Unis d’Amérique, le second débloque ½ milliards de fCfa dans la bondieuserie béninoise. Deux chefs d’Etat visiblement très épris de préserver leurs pays respectifs de la grisaille. Sauf que le diagnostic n’est le même selon que l’on se trouve à Washington ou à Cotonou. Crise boursière selon Paulson et compagnie de la Maison Blanche. Faux, rétorque les experts de la Marina qui penchent plutôt pour une crise spirituelle. A l’instar des banques américaines, les églises béninoises seraient en faillite. Au point où le régime a pensé casser la tirelire que l’on disait exsangue afin de les renflouer.

Eglises béninoises en faillite ? Rien qu’à son évocation, cette perspective ne manque pas d’arracher des grimaces à des incrédules de mon espèce. Lorsqu’on connaît toutes les arguties qui permettent aux gourous et autres pasteurs exaltés d’exploiter à fond la misère des gens. L’expérience a montré qu’au Bénin, c’est vers les pagodes, les couvents, les mosquées, les églises et les salles obscures de charlatans que les victimes de la grisaille économique réservent les ultimes deniers. Convaincus qu’ils sont pour la plupart que le malheur vient souvent du fait qu’on aurait négligé les dieux pendant les périodes de bombance et que pour épier ses péchés il ne reste que le sacrifice des derniers ronds afin de racheter les âmes en perdition. Une quelconque aide aux cultes religieux ne devraient donc jamais intervenir en période de crise où la bondieuserie réalise ses taux d’affluence les plus élevés.

 

Autre détail d’importance, Bush et son génie Paulson doivent négocier point par point le bouquet de sauvetage qu’ils proposent pour Wall Street devant le congrès américain. Dans ces pays-là, la culture de l’Etat de droit a sacralisé la notion de séparation des pouvoirs et son corollaire qui impose une différenciation nette entre l’ordonnateur et le comptable public. Tout l’opposé de l’Etat-Fcbe où l’ordonnateur découvre penaud sur les écrans de télévision que l’argent public a été sorti des caisses de l’Etat sans son consentement. Déjà que cet ordonnateur doit supporter qu’une partie de l’argent dont il a pourtant autorisé la perception échappe à son contrôle (confère le micmac autour de la gestion des fonds tirés de l’escorte des véhicules d’occasion).

 

Cependant, personne ne pourrait reprocher au docteur-président de ne pas être conscient du comique de sa théorie sur la crise spirituelle au Bénin. Il s’est bien gardé d’en faire mention lors de son tour de parole à la tribune de l’Assemblée générale de l’Onu de septembre 2008. En effet, la coutume voudrait que chaque intervenant vienne partager avec la communauté internationale ce qui se fait de mieux chez lui en matière de progrès de la bonne gouvernance. L’inusable rengaine chère à la diplomatie de la mendicité sur le renforcement de l’obole internationale a servi a donné le change, tout au long du discours. A peine si l’administration américaine n’a pas été accusée de distraire l’argent des « mendiants » dans un plan de sauvetage de son secteur financier. Du culot, cette posture du mendiant qui dénie à un père de famille le droit de sauvegarder la pitance à sa progéniture au profit de la bienfaisance. Heureusement que les congressmen de Washington n’ont qu’une connaissance très abstraite du Bénin et de la gouvernance sous le régime du changement. Beaucoup d’entre eux rouleraient de gros yeux en constatant que l’équivalent du 10ème du budget national échappe à tout contrôle budgétaire et que l’argent de l’Etat se distribue dans les lieux de culte sans autorisation aucune. Passons le convoyage transfrontalier de fonds par des membres du gouvernement ; toujours hors contrôle parlementaire.

Reste à prouver que les lieux de culte réussiraient là où les banques ont échoué.




 

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Tag(s) : #EDITORIAL
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