Il fallait que Louis Michel s’en mêle…
Par Arimi CHOUBADE
7 octobre 2008
Le modèle béninois en perdition. Cela valait bien un carton jaune de Bruxelles. L’estocade a été portée au cœur même du Yayi Land. Sur les lieux du crime de désarticulation accélérée du célèbre modèle. Une rupture avec le diplomatiquement correct aux effets très limités sur le terrain. Rien à voir avec les comptes rendus laudateurs à propos des visites du chef de l’Etat en Europe très portés sur les soupçons ou les promesses d’aumône. Si certains effets d’annonce ne sont pas carrément des reflets de fantasmes propagandistes. En tout cas, Louis Michel, tout le monde l’a entendu dire, à Cotonou, toutes ses craintes au sujet du blocage institutionnel jamais vu au Bénin depuis 1990.
On peut comprendre l’air outré des « patriotes » après l’outrecuidance du Commissaire européen au développement à Cotonou. La tournée du représentant de Bruxelles ressemble fort à un exercice de réévaluation des destinations du Fonds européen de développement (Fed) dans un contexte de coup de froid sur le système bancaire international et de l’imminence de coupes sombres sur l’aide au développement. Les mauvais points inventoriés jusqu’à domicile contre le Bénin équivalent forcément à une raréfaction des devises et par conséquent à une diminution des opportunités de détournement pour les courtisans. Au lieu de s’extasier sur la forme, les écorchés vifs de l’émergence (factice) auraient mieux fait de s’approprier la définition faite par Louis Michel du rôle d’un parlement : « lieu destiné à débattre, à s’opposer, à proposer des solutions… ». À méditer par Nago qui se sert du perchoir comme d’un éteignoir pour toute forme de critique contre le gouvernement ou contre sa propre gestion du parlement. De la politicaillerie à la petite semaine qui vaut à l’Assemblée nationale béninoise un blocage systématique de plus de 8 mois. Ne parlons pas des assemblées locales elles-mêmes en panne pour plusieurs mois pour cause d’ergo et de boulimie de l’Etat-Fcbe.
A Louis Michel, un procès en racisme ou en ennemi de l’Afrique parait une hérésie de plus. Le cadre de cette chronique ne permettra pas de revenir sur son parcours sur les dossiers brûlants de l’Afrique depuis son passage au gouvernement belge jusqu’à la Commission européenne. Plus récemment, le régime de Faure Gnassingbé sait tout ce qu’il doit à ce Commissaire européen à l’occasion de son retour en grâce sur la scène internationale. Le concept de la confiance renouvelée à l’héritier de Eyadema est en train de porter ses fruits. En témoigne les leçons de démocratie et de bonne gouvernance en provenance de Lomé et que le gouvernement Yayi Boni se refuse d’assimiler – le fameux complexe béninois vis-à-vis du voisin de l’Ouest. Liberté de presse, corruption, respect des droits de l’homme, développement humain ; autant de domaines dans lesquels le Bénin de Yayi s’est retrouvé à la traîne face au Togo de Faure. Soglo ne dirait pas le contraire. Autre leçon de bonne gouvernance pour Yayi, la décision d’accorder 100 millions par an pour le financement public des partis politiques togolais soit l’équivalent de la somme convoyée en espèce sur Lomé par un ministre béninois à titre d’assistance aux sinistrés des inondations au Togo.
Contrairement aux jouisseurs irresponsables du régime, les Européens savent d’expérience que c’est pendant que le sang n’a pas encore commencé à gicler à flot qu’il faut hausser le ton. L’absence de réceptivité des princes du Changement aux coups de gueule de l’ancien ambassadeur de l’Allemagne, aux bons offices feutrés de son homologue français, aux avertissements des américains commande bien un déplacement depuis Bruxelles.
L’avertissement qui pourrait aller au blâme !
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