Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Inimaginable que l’administration américaine ait oublié de convier l’argentier national béninois au sommet du G20 de Washington. Jamais gouvernement au monde n’a chanté l’hymne à l’émergence autant que celui du docteur-président du Bénin. Une telle débauche de volontarisme pour se voir ignorer au moment où les 7 pays les plus industrialisés de la planète s’ouvrent à 13 autres « émergents » afin de discuter de la crise financière qui embrase les principales places boursières. À la Marina, beaucoup n’apprécient pas la rime entre imposture et émergence dont l’ancienne directrice de cabinet du chef de l’Etat, Célestine Wètohossou se fait le chantre.

Pour les inconditionnels yayistes, l’incompétence du corps diplomatique accrédité au Bénin ne fait l’ombre d’aucun doute. Si ambassadeurs, représentants d’institutions internationales, officiels étrangers de passage à Cotonou faisaient correctement leurs rapports à leurs mandants, le gouvernement Yayi devrait figurer partout où la parole est donnée aux pays dits émergents. Combien de regroupement politique appartenant à un chef d’Etat a cru devoir insérer dans sa dénomination ce concept de rêvasserie ? Une humiliation donc pour les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) que cette absence du Soulémana Lawani national parmi les 20 hôtes du président Georges W. Bush à la même table – naturellement – que la française, Christine Lagarde, le sud-africain, Trévor Manuel, l’américain, Paulson.

Plus sérieusement, les émergents doivent logiquement s’en prendre aux anciens révolutionnaires qui ont infiltré les rangs des actuels idéologues de la Marina. En leur temps, il a suffit d’un seul discours, celui du 30 novembre 1974, pour se frayer un boulevard au sein du cercle très ouvert des pays « progressistes ». La proclamation du socialisme comme voie de développement et du marxisme-léninisme comme guide philosophique par le grand camarade de lutte donnait droit au parapluie du grand frère soviétique. Or, voilà plus de 2 ans et demie que tout un gouvernement chante en cœur « émergence, émergence, émergence » sans attirer pour autant l’attention de la haute finance internationale.

Avec un banquier qui s’identifie comme docteur en économie de développement, on se croyait à l’abri de l’errance et de la fanfaronnade. Et qu’à la place de la rhétorique idéologique, on aurait droit à la déclinaison méthodique d’une gouvernance programmatique. Une sorte de retour aux fondamentaux et de l’orthodoxie dans les finances publiques. On s’attendait donc à utilisation moins prédatrice de la richesse nationale et à une captation massive de l’investissement privé par des politiques incitatives bien conçues. La première surprise est plutôt venue de la traque voire la diabolisation des créateurs de la richesse que sont les hommes d’affaires nationaux. La suite se traduit par un processus de paupérisation soutenue à travers les gaspillages des deniers de l’Etat, l’enrichissement des courtisans, l’immersion des concitoyens dans une misère plus terrifiante. Le chemin inverse des grands travaux, de l’industrialisation, du développement des télécommunications, de l’agriculture, de l’amélioration du système de santé ; toute chose en quoi on reconnaît un « émergent ».

Les rhétoriciens de la Marina savent que les 20 convives de Washington pèsent 80% de l’économie mondiale. Que le fameux milliard du budget national 2008 du Bénin ne fait pas le 500ème de la bagatelle des 700 milliards Us autorisée par le congrès américain rien que pour arrêter l’hémorragie à Wall street. Aucune propagande aussi messianique que les esbroufes des idéologues de la Marina ne peut transformer la pauvreté en émergence économique.

L’autre dirait qu’il faut apprendre à boire dans son verre.


Publicité
Tag(s) : #EDITORIAL
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :