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Reflets du Bénin
 

A la découverte d’une Reine de Cana, devenue par la force des choses garagiste : Madame Adjissé Chantal AHEHEHINNOU : " J’ai réussi à économiser pour m’offrir des parcelles, j’ai également construit une maison et acheter une voiture. De plus, je contribue à la scolarisation de mes enfants dont certains sont à l’étranger ".


Cotonou, le 21 octobre 2008

Beaucoup de personnes considèrent certains métiers comme des métiers d’homme. Ainsi la mécanique par exemple a longtemps été considérée comme un métier traditionnellement réservé aux hommes. Mais petit à petit, des femmes se lèvent pour montrer qu’il n’y a pas de sot métier et que les femmes peuvent bel et bien exercer des métiers qui, pendant longtemps, ont été considéré comme l’apanage des hommes.

Adjissé Chantal AHEHEHINNOU fait partie de ces femmes. Malgré son titre de Reine de Cana, elle n’hésite pas à enfiler sa tenue bleu mécanicien, sans peur du Cambouis pour dépanner un véhicule. Mieux, un véhicule ayant perdu sa couleur initiale trouve grâce à ses yeux car elle fait aussi aisément la peinture auto. Nous lui avons rendu visite dans son garage dénommé " le garage du centre ". Un garage où elle passe la moitié de son temps. Elle est mariée et mère de 4 enfants.

Elle est devenue garagiste en suivant les pas de son feu père qui était garagiste. Et le destin faisant les choses, son mari est lui aussi un mécanicien. Nous l’avons surpris en plein travail. Et avons profité pour lui soutirer des aveux.

Avec des gestes concis, Madame Chantal Adjissé AHEHEHINNOU mélange dextérité et expérience pour repeindre une voiture. Des gestes qu’elle a hérités de son père qui lui a inculqué très tôt les notions de la mécanique. Mais cela ne veut pas dire qu’elle ne connaît pas les rudiments de l’école.

- J’ai eu à fréquenter jusqu’en classe de 4ème, et ensuite mon père a décidé de me lancer dans la mécanique un métier que lui-même exerçait. Apprentis d’abord, ouvrière par la suite, il faut dire que cette battante cachée sous une voie douce a fait du chemin et un parcours professionnelle remarquable.

- ça fait 26 ans que j’exerce ce métier en tant que professionnelle, j’ai eu mon diplôme en 1981 et j’ai également fait un stage au garage Peugeot en France.

Un métier que d’aucun qualifierait de masculin car les femmes ne s’y aventurent pas trop, mais voilà madame Adjissé Chantal Ahehehinnou, relève ce défi avec succès et son titre de Reine de Cana à Abomey ne la dérange pas. Pour preuve elle s’est déjà affirmée dans la mécanique et des familles lui confient leurs enfants pour l’apprentissage.

- J’ai déjà libéré plus d’une douzaine d’apprentis dont des filles. Ils sont tous installés à leur compte. Certains sont au Bénin et se sont associés (tôlier, peintre, mécanicien) pour créer leur propre garage, d’autres exercent à l’étranger.

Frank Marius Wannou, chef apprenti dans le centre de Madame Adjissé Chantal Ahehehinnou, explique comment il est arrivé dans ce centre.
- Je suis venu ici par l’intermédiaire de mon oncle, comme j’avais la passion des voitures, il m’a amené dans le centre. Je fais de la peinture auto.

Comment a t-il réagi quand il a su que sa patronne est une femme ? Il nous livre ici son point de vue.
- Bof, chez moi il n’y a pas de différence, elle fait son travail comme un homme et je la respecte pour ça. Je suis même sur que j’ai beaucoup appris d’elle, de petites astuces pour mieux faire mon boulot.

Même si son père a un peu tracé son destin professionnel, Madame Adjissé Chantal Ahehehinnou ne regrette pas le choix paternel.
- Je ne regrette rien au contraire, je suis fière de mon métier et je m’y sens bien, bref je suis fière dans mon bleu mécanicien. Surtout que ce métier lui a permis de réaliser beaucoup de projet qui lui permette de vivre confortablement et de contribuer aux charges familiales.

- J’ai réussi à économiser pour m’offrir des parcelles, j’ai également construit une maison et acheter une voiture. De plus, je contribue à la scolarisation de mes enfants dont certains sont à l’étranger.

Même si elle ne regrette pas le choix paternel, elle avait une ambition.
- Oui je rêvais d’être hôtesse, c’est un métier qui me plaît bien. Garagiste accompli aujourd’hui, Madame Adjissé Chantal Ahehehinnou est le symbole même de la réussite au bout de l’effort. Et déjà des reconnaissances au plan national : elle a reçu en 1997, le Prix d’excellence à l’occasion du 30ème anniversaire de la Loterie nationale du Bénin, en 2000, le Prix d’excellence féminine dans le domaine de la profession libérale et en 2001, le Certificat d’appréciation du Peace Corps pour le projet " Amenons nos enfants au travail ".

Bref, elle est la preuve vivante qu’il n’y a pas de métier réservé aux hommes et que la femme peut également gagner sa vie dans des métiers traditionnellement réservé aux hommes.

JAK



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Tag(s) : #COUPS DE COEUR
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