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CHRONIQUE DU JOUR


Remaniement, polémique. Et après ?

 

28 octobre 2008

par Sulpice O. Gbaguidi

Le troisième gouvernement de Boni Yayi n’a pas fini d’assumer son statut de gouvernement à polémique. Submergé par des réactions torrentielles, le nouvel Exécutif se claquemure dans des élans défensifs, même si l’hyper présidence reste une couverture.

 

Ce gouvernement, disais-je, est né sous une pluie de contestations. Déjà à la naissance, il consomme deux démissions de ministres G13. La proclamation solennelle de l’ouverture a vu son effet anéanti par le refus pédagogique du G13 et le communiqué de rejet du Madep qui se désolidarise de ses barons aventuriers. L’accouchement dans la douleur du gouvernement s’est prolongé par des infirmités évidentes que présentent l’invasion évangélique et quelques tares avérées produites aux ingrédients de portefeuilles mollement balancés par un vent de maladresses. Mais faut-il pour autant s’occuper à brûler sans répit le nouveau gouvernement de Boni Yayi alors que les jeux sont faits ?

Il est donné à un seul être de ne pas se tromper, c’est celui qui n’agit jamais. Ce gouvernement, malgré le tollé que sa naissance a provoqué, présente un atout majeur. Il est une somme de compétences. Seuls la nature, la coloration et les positionnements couvent le scandale. Pris isolément, ces ministres bénis à l’ère du changement incarnent des valeurs certaines. La gestion de l’attribution de portefeuilles et la configuration gouvernementale qui en résulte posent problèmes. Le ratio des différentes composantes de la nouvelle équipe soulève des inquiétudes, mais la polémique peut s’effriter si les nouvelles recrues lustrent leur image en faisant du travail la reine des priorités. Seul le travail tuera la polémique et élèvera le changement au rang de vertu idéologique. Le travail et la méthode pour exorciser le mal du cafouillage. Le défi du travail bien fait est immense et avec lui, l’obligation de résultat. A l’alphabétisation comme à l’intérieur, aux recherches minières et pétrolifères comme à la micro finance, les résultats mettront nos ministres sur le piédestal. Et maintenant, au travail.

Les nouveaux ministres doivent puiser dans leurs ressources intimes et utiliser le dynamisme, la détermination comme armes de conviction devant l’immensité du scepticisme qui a enflé à l’annonce du gouvernement de mi- mandat. Avec le volume du doute et la contagion de la méfiance de l’opinion, le régime du changement n’a plus le choix. Travail impératif.

Les forces anti cauris ne peuvent inlassablement s’abreuver des eaux souillées de la polémique sans crapahuter. La quête du pouvoir ne saurait édicter des résolutions purement oppositionnelles et des excès dans l’exploitation des failles du remaniement. L’abus de la matière offerte par les gaffes du pouvoir peut être assimilé à un harcèlement. Le risque est permanent. C’est aux potentiels opposants de ne pas verser dans des attaques opportunistes et foncièrement aveugles. Le remaniement ne devrait pas provoquer une sempiternelle hystérie de politiciens et une illusion nostalgique.

L’obsession de l’émergence exige des contraintes partagées. La navigation politicienne et les manœuvres hideuses sont de gros handicaps à la vocation de développement. L’Assemblée nationale s’enfonce dans la crise politique et capitalise le néant avec une ritournelle stérile et des querelles inutiles. L’éclipse des maux qui minent la politique béninoise ne doit pas être assurée par l’ombre d’un remaniement générateur des cartes de la passion politicienne et de la foi.

Devant l’évidence que le chef de l’Etat ne peut, sans se discréditer, cracher sur ce troisième gouvernement, la raison autorise l’éveil des valeurs que sont le sens de sacrifice et l’esprit de consensus pour le triomphe de la responsabilité collective. A Yayi de tirer les leçons de l’échec de l’ouverture et aux politiciens de ne pas dispenser leurs hérésies. La République n’en demande pas mieux pour s’épanouir.

Sulpice O. Gbaguidi

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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