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Le célébrissime Aladji de Adja-Ouèrè aurait craqué pour de petits misérables maroquins. C’est du moins l’image projetée de lui par ses deux lieutenants passés dans le camp de l’adversaire. Selon eux donc, leur ancien mentor serait passé maître dans l’art de la roublardise et de la rouerie. Sa signature en bas du communiqué de presse du Madep du 23 octobre 2008 porterait la marque d’un expert en comédie politique doublé d’un dissimulateur. Un des transfuges d’enfoncer le clou de cette représentation ubuesque de la personnalité de Fagbohoun en proclamant que Kint Aguiar et lui-même, François Abiola, respectivement secrétaire général et professeur de rang exceptionnel, député du Madep ne peuvent rejoindre le gouvernement sans l’accord du directoire du parti. Lugubre le tableau. Néanmoins, je prends le pari de me refuser à gober ces élucubrations de nouveaux promus. Un portefeuille de la Fonction publique devenue obsolète après le décrochage administratif des enseignants qui en constituaient l’ossature joint au portefeuille de l’Enseignement supérieur considéré comme le ministère des étudiants, des grèves, des bus en panne, des résidences en ruine, des restaus universitaires archaïques peuvent paraître une insulte pour un Fagbohoun lorsqu’on se réfère à son passé pas si lointain que cela. Sous le règne de Kérékou, le patriarche du Plateau pouvait insérer dans l’équipe gouvernementale près d’une demi-douzaine de ses militants tout en parrainant autant. A des postes bien névralgiques du régime. Rien de comparable avec les menus fretins confiés à ses ex-compagnons au sein de l’équipe de mi-mandat du docteur-président.

On se demande en quoi les entrées de Abiola et de Kint au gouvernement effaceraient le lourd passif du régime du Changement vis-à-vis du député d’Adja-Ouèrè, contraint de faire campagne depuis sa cellule. C’est encore lui qui en prend pour sa réputation à travers la caricature d’un dirigeant politique retors qui joue avec tout le monde lancée au sein de l’opinion publique par les explications abracadabrantes des transfuges. Un épouvantable bonus en plus de tout ce qu’il a subi durant les deux premières années du Changement. Une arrestation à la limite de l’humiliation sur ces propres terres à Adja-Ouèrè de nuit par un détachement militaire ; deux ans d’emprisonnement sans motif ; une évacuation sanitaire in extremis ; une guérilla juridique épique avant libération ; refus de restituer la Sonacop ; une campagne médiatique exceptionnelle sur ce qui était considéré par les émergents comme la chute du pire des pilleurs de l’économie nationale ; la promesse du grand patron de l’opération de verser son sang pour lutter contre la corruption devant une foule d’étudiants en délire. Tout cela soldé par deux strapontins de misère. Là encore, l’opération ressemble plus à une compensation pour toutes ces persécutions obsessionnelles qu’à un nouveau contrat qui exige des contreparties supplémentaires de la part du Madep.

Admettons que Abiola et Aguiar aient raison. Dans ce cas, il reste à connaître le véritable dindon de cette farce. En effet, malgré la présence au gouvernement de deux de ses militants, le Madep continue de guerroyer aux cotés de la coalition anti-cauris au sein du parlement. Ce n’est pas dans les habitudes du régime du Changement de s’embarrasser de remords au point de laisser jouir deux intrus. Les gourous de la Marina n’ont même pas attendu trop longtemps avant de se payer le prix de cette fausse ouverture. À défaut d’écraser la respectabilité de l’initiateur de Olatédju devenu Madep depuis l’extérieur, pourquoi ne pas l’essayer avec ses propres lieutenants ?

La fin justifiera les moyens…


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Tag(s) : #EDITORIAL
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