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Louis Michel s’attendait à tout sauf à cette demande de Yayi de participation au sommet du G 20. L’émergent en chef de la Marina préfère ignorer superbement tous les constats à propos de l’Assemblée nationale en panne depuis près d’un an ; des ministres qui traversent la frontière avec d’importantes sommes d’argent ; des conseils municipaux bloqués par le regroupement politique du chef de l’Etat pour plusieurs mois ; les positionnements aux classements Rsf sur la liberté de presse qui se suivent et se ressemblent dans la régression ; idem pour les rapports annuels de Transparency-International et de Amnesty-International. Au mépris du message délivré sur place à Cotonou par le Commissaire européen pour le développement en septembre 2008 et qui ne souffrait pourtant d’aucune ambiguïté : amélioration de la gouvernance, respect de l’orthodoxie financière, des droits de l’homme, du fonctionnement régulier des institutions, des libertés fondamentales. Ampliatrice du rapport du Commissaire européen sur le Bénin, la présidence en exercice de l’Ue assurée par la France devrait être également très surprise de cette grotesque méprise des experts de la Marina sur les attentes de la communauté internationale.

 

On ne voit pas en quoi la lettre de Yayi à Sarkozy aiderait à achever les ultimes réglages autour de la part à consacrer au Bénin dans le dernier Fonds européen de développement (Fed). Les signes tangibles de la décrispation souhaitée dans le sens de mettre un coup d’arrêt à la tendance régressive des normes démocratiques ne viennent toujours pas. En lieu et place, une regrettable fuite en avant fantasmagorique avec pour point d’ancrage, le sommet de Washington. Le parlement demeure en crise, les membres du gouvernement ne sont justiciables devant aucune juridiction du fait de l’inexistence d’une Haute cour de justice légalement constituée, les voleurs de la République bénéficient toujours d’une totale impunité et flirtent en toute quiétude avec le pouvoir Fcbe. Le remaniement ministériel de la mi-mandat qui a donné lieu au fameux G30 de Yayi (allusion à l’effectif pléthorique de la nouvelle équipe) a été l’occasion pour le régime du Changement de foutre le bordel au sein de la classe politique par l’entremise de débauchage et de harcèlement des partis et alliances de partis.

 

Il en faut plus pour dévier le docteur-président de sa fixation sur le G 20 à Washington, feignant d’oublier que la tribune reste destinée à faire le tour des importantes réserves de capitaux au monde. Aucune place pour une opération de promotion des réceptacles naturels de l’aumône. L’Assemblée générale de l’Onu a déjà été l’occasion pour tous les « nègres de président » de s’exercer à produire les meilleures séquences lyriques. A Washington en novembre 2008, il est question de bourses, de banques, de finances et de régulation. En totale contradiction avec l’insouciance ayant abouti au gouvernement de la démesure.

A travers la missive à Sarkozy, le docteur-président a néanmoins fini par reconnaître que les incantations seules ne suffisent pas à provoquer des prouesses économiques. Et que la non invitation du Bénin au G20 de Washington est la démonstration que l’émergence scandée au détour de tous les discours officiels depuis avril 2006 n’a en rien modifié le statut économique du pays qui tient solidement son rang dans le peloton des plus pauvres de la planète. Enfermée dans sa bulle de délice et de succulence, la courtisanerie présidentielle a perdu tout repère sur le pays réel. Le trésor public déborderait d’or tant que le parc automobile de l’Etat s’encombre de véhicules de luxe insolant. Certainement que le trésor public déborde d’or mais uniquement pour l’oligarchie de la Marina et de sa gravitation organique.

 

De l’or en bois vu du véritable G 20 invité à Washington.


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Tag(s) : #EDITORIAL
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