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  Après le rejet du collectif budgétaire:Yayi Boni prend une ordonnance ce jour

 

4 novembre 2008 - LE MATINAL


Le chef de l’Etat a rencontré hier lundi 03 novembre 2008 dans la salle du peuple du palais de la présidence, les acteurs de la société civile. Au cours de cette rencontre qui s’inscrit dans le cadre de la gouvernance concertée, le président Yayi Boni s’est dit contraint de prendre une ordonnance pour la mise en œuvre du collectif budgétaire.

C’est en présence de presque tous les membres de son gouvernement, des dignitaires, chefs religieux et traditionnels, acteurs de la vie syndicale et du médiateur à la présidence de la République que le chef de l’Etat a laissé transparaître son obligation de recourir aux prérogatives exceptionnelles de l’article 68 de la constitution du 11 décembre 1990 afin de mettre en œuvre le collectif budgétaire dont le vote a été rejeté par les députés le 14 octobre dernier. En effet, depuis ce vote négatif par 39 pour et 42 contre, le président Yayi Boni ne disposait en réalité que de cette ultime carte d’autant que la réintroduction d’une nouvelle mouture de ce collectif budgétaire en vue d’un nouvel examen ne peut intervenir sans l’expiration d’une période de trois mois, délai matériellement impossible à tenir sans empiéter sur la nouvelle année budgétaire. Au cours de la rencontre de sensibilisation qui s’est tenue hier, le ministre d’Etat en charge du Développement, Pascal Iréné Koupaki et son homologue des Finances Soulé Mana Lawani ont, dans une première partie exposé la répartition de ce collectif estimé à 141 milliards de Fcfa dont 77 apportés par les partenaires au développement. Il ressort de cette présentation que près de 61 milliards seront consacrés aux mesures sociales alors que les dépenses d’investissements ou de développement consommeront 75 milliards 825 millions de Fcfa. Les ministères de la Santé, de la Défense de l’Industrie et du Commerce, de l’Enseignement supérieur, des Affaires étrangères, de la Microfinance, de l’Enseignement maternel et primaire, de la Justice, de l’Enseignement secondaire devraient être les principaux bénéficiaires de ces mesures sociales. Quant aux dépenses de développement, elles concernent entre autres la construction de l’aéroport de Tourou, la construction du nouveau siège de l’Assemblée Nationale et la réhabilitation de beaucoup d’autres infrastructures d’accueil. De plus, selon le ministre en charge du Développement, les dépenses prises en compte par ce collectif satisfont aux critères de priorité, d’utilité et d’opportunité. Au risque de tomber dans une situation d’illégalité (certaines dépenses ayant déjà été engagées), le président Yayi Boni se trouve dos au mur. « Je n’ai plus le choix. Pour sortir de cette situation de blocage, je suis contraint de faire usage des prérogatives que me confère l’article 68 de la constitution », a en effet, affirmé le chef de l’Etat qui dit regretter que les intérêts égoïstes de certains ne tendent pas à prendre le pas sur l’intérêt de la Nation. Tout en se disant ouvert au dialogue avec la classe politique, le chef de l’Etat se dit contraint de prendre cette ordonnance ce qui pourrait intervenir ce jour.

La filière des véhicules d’occasion contre une entrée du G13 au gouvernement

Le chef de l’Etat a, au cours de cette rencontre confirmé une information qui a cours depuis quelques jours dans les conversations politiques. « On m’a soumis un document à signer sous la menace de rejeter le collectif et de ne pas participer au gouvernement. Je ne peux pas quitter une institution financière pour venir me prostituer de cette façon », a en effet confié le chef de l’Etat pour qui des compromis de cette nature ne sont point acceptables. Visiblement édifiés, certains membres de la Société civile n’ont pas dans leur intervention émis des objections à cette volonté du chef de l’Etat même s’ils ont souhaité que le dialogue ne soit pas rompu avec la classe politique. Dans son intervention, le président du Fonac, Maximilien Sossouglo a partagé la réflexion de l’ancien ministre des Finances Stanislas Pognon pour qui la crise qui déchire actuellement la classe politique béninoise actuelle est une crise de rupture de confiance. Il a alors plaidé pour une reconstruction de celle-ci. Quant à Bernard Dossou Dossa de « Que choisir Bénin », il a exhorté le chef de l’Etat à laisser jouer le jeu politique. Mais l’une des interventions marquantes est celle du Pasteur Moïse Sagbohan qui a souhaité de la part du chef de l’Etat humilité et esprit de pardon afin de trouver une sortie de crise.

Calixte Adiyéton (Coll)



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Tag(s) : #Politique Béninoise
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