Décrispation politique :Kérékou arbitre le face-à-face Yayi-G13
25 novembre 2008
LEMATINAL
Malgré la mission de bons offices de l’ancien président de la République, le général Mathieu Kérékou qui a assisté en personne à la rencontre de vérité du lundi 24 novembre 2008 au Palais de la présidence entre le chef de l’Etat Yayi Boni et certains députés du G13, il n’y a pas eu de compromis. Mais ce n’est que partie remise
Qu’est-ce que le chef de l’Etat Yayi Boni et les députés du G13 se sont dits au Palais de la Marina en présence de l’ancien président de la République, le général Mathieu Kérékou ? Ils se sont dits ce que l’un pense de l’autre. Ce que le G13 reproche au gouvernement, et vice versa. Le locataire de la Marina, a fustigé les prises de position très tendues de certains députés, dont Rachidi Gbadamassi. Toutes les fois que le chef de l’Etat est intervenu, il a apostrophé l’ancien maire de Parakou qu’il a presque montré du doigt comme un va-t-en guerre. Il a estimé que rien ne devrait les opposer et que c’est juste des malentendus. A son tour le G13 qui avait à dire et à en revendre n’a pas tari de chefs pour décrire la réalité des choses du côté du régime. La guerre de débauchage, les députés et les ministres va-t-en guerre, la politique de destruction et de diviser pour régner, la mauvaise conduite des affaires du pays, et bien entendu les promesses non tenues du chef de l’Etat depuis son arrivée au pouvoir en avril 2006. C’est autant de choses qui ont été dites avec élégance et courtoisie au président de la République. Ils l’ont dit dans un langage et un ton qui n’ont rien à voir avec les coups de gueule auxquels les membres du G13 ont habitué l’opinion publique. Mais alors, tout ne s’est pas arrêté aux critiques des neuf députés qui étaient à la rencontre du palais qui a duré plusieurs heures. Pourtant, elle n’a pas permis de recoller sur place les pots cassés et les frasques des uns et des autres. Le malentendu et les prises de position contradictoires qui ont caractérisé jusque là les relations entre le chef de l’Etat et le groupe des 13 députés auraient pu accoucher d’un compromis, écrit ou oral. Mais pour ce premier face-à-face, les discussions ont fini par révéler que les points de divergence ne sont pas prêts à être mis de côté pour prendre un nouveau départ. Il n’y a pas eu un accord qui permet de dire que la page d’hostilités réciproques entre le Président de la République Yayi Boni et le G13 est tournée. Emmenés par Mathieu Kérékou, les députés ont exigé que le chef de l’Etat ne cherche plus à contrôler l’Assemblée nationale. Ils ont souhaité qu’il soit établi un accord législatif. A travers certaines interventions, le G13 a réclamé une fois encore le départ de Mathurin Nago du perchoir. Mais ce n’est pas une revendication qui a de quoi arracher le sourire au chef de l’Etat. Il n’est pas prêt à sacrifier le président du Parlement béninois. Mais sur d’autres sujets, il y a eu tout au moins des promesses et de bonnes idées. Le chef de l’Etat ne trouve pas d’inconvénient à retoucher à son équipe gouvernementale pour montrer sa bonne foi à respecter un accord secret qui pourrait scellé lors de la prochaine rencontre, puisque celle d’hier n’a pas permis d’éplucher toutes les questions. Le départ du gouvernement de certains ministres n’a pas été occulté dans les revendications posées par le G13 avec toute la fermeté qu’on connaît à l’honorable Bako Arifari. Entre autres les députés ont manifesté leur amertume au sujet de l’image diabolique des députés que le chef de l’Etat peint à la population. Ses accointances maladroites avec les têtes couronnées, ne sont pas de nature à préserver la paix sociale et à renforcer la démocratie. Cette rencontre a par ailleurs été marquée par quelques réactions d’humeur du chef de l’Etat Yayi Boni. Son prédécesseur qui a parfaitement bien fait en laissant chacun s’exprimer a su mettre son expérience en jeu pour détendre de temps à autre l’atmosphère. Au total, le climat dans lequel la rencontre a pris fin semble rapproché les positions. Mais rien n’est gagné d’avance par le chef de l’Etat. Car, malgré l’implication personnelle et la présence remarquable de l’ancien chef de l’Etat le général Mathieu Kérékou à ce rendez-vous de vérité les revendications du G13 n’ont pas été sacrifiées sur l’autel de l’ouverture apparente affichée par le locataire de la Marina.. Toutefois, il faut souligner que la réconciliation entre le chef de l’Etat Yayi Boni et les compagnons de Issa Salifou est désormais pavée de bonnes intentions. Parmi les neuf députés qui ont pris part à la rencontre, figurent Valentin Houdé, Basile Ahossi, Arifari Bako, Cyriaque Domingo, Joachim Dahissiho, Rachidi Gbadamassi.
Après le face-à-face d’hier, un autre rendez-vous important est au programme ce jour au Palais de la Présidence. Le chef de l’Etat recevra le maire de Cotonou Nicéphore Soglo, leader charismatique de la Renaissance du Bénin. Il y va en tant que leader politique et membre influent du G4. L’avant dernière rencontre entre les deux hommes d’Etat a eu lieu en présence de l’ancien président Emile Derlin Zinzou, il y a de cela quelques mois. Comme pour les autres fois, cette nouvelle main tendue du chef de l’Etat à Nicéphore Soglo s’inscrit dans le cadre de la décrispation politique. Une énième rencontre a donc lieu ce jour pour toujours parvenir à un même résultat qu’on recherche depuis et sans succès. Avant cette invitation du locataire de la Marina, il y a déjà eu une sorte d’ouverture envers la famille Rb. En effet, le premier adjoint au maire de Cotonou Léhadi Soglo a été reçu à deux reprises par le président de la République dans le cadre de la mise en place d’un cadre de concertation entre le gouvernement et la mairie de Cotonou. Si Nicéphore Soglo venait à être reçu dans les heures qui suivent, c’est un acte qui sera classé dans le registre des appels du chef de l’Etat à l’apaisement de la crise politique. En même temps on doit y voir un travail préalable qui rentre dans le cadre du forum d’échanges entre les forces vives de la Nation décidé par le chef de l’Etat et qui démarre le 27 novembre prochain.
Fidèle Nanga
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