Le Ministre-Pasteur et les change-menteurs disent adieu à Dantokpa 2…
Par Arimi CHOUBADE
25 novembre 2008
Le 21 novembre 2008 a vécu. Au prochain épisode de la comédie sécuritaire. Le décret divin du Changement a déjà donné la parade : délocalisation des deux banques. Sur le même format que l’annonce du déploiement de 300 militaires aux abords de la lagune après les premières heures du braquage du 1er avril, assortie de la promesse ferme que plus jamais cela n’arriverait aux usagers du marché Dantokpa. Et pourtant cela est arrivé, au bout de 6 mois seulement. En attendant le prochain épisode de ce feuilleton écrit au sang de Béninois qui meurent sans savoir pourquoi. Le projet de délocalisation des banques agressées vient donc solder toute la problématique du défi permanent que font peser les assaillants sur l’Etat du Bénin. Peut-être que les inconnus ont été consultés au sujet des nouveaux lieux d’implantation de ces succursales de banque afin d’éviter un Dantokpa 3 après Dantokpa 1 le 1er avril et Dantokpa 2 le 21 novembre.
Officiellement, on peut considérer les abords de la lagune comme une position abandonnée par la sécurité nationale béninoise. Parce que l’armée, la police, la gendarmerie et les autres corps de sécurité de l’Etat-Fcbe se sentent inaptes à empêcher des barques motorisées à pénétrer le territoire national et à en sortir comme on entre dans une épicerie. La défense d’une simple bande d’embouchure d’à peine 50 mètres de large hors de portée de toute la flicaille. On dit tout et son contraire sans jamais parler de la surveillance de l’endroit par lequel les assaillants passent de l’océan à la lagune. A défaut d’y poster des sentinelles qui pourraient servir de chair à canon à la puissance de feu des agresseurs, pourquoi ne pas y essayer quelques unes des nombreuses caméras utilisées par les ministres et autres conseillers spéciaux dans le filtrage des maîtresses et des courtisans ?
La politique de la terre brûlée préconisée aux abords de la lagune illustre parfaitement l’absence de solution aux infiltrations des bandits. Ce qui présage d’un vaste processus de déguerpissement de la côte tout au long du littoral depuis Sèmè-Kpodji à Ilacondji. S’il n’existe aucune réplique pour des assaillants venus par la lagune via la mer à Dantokpa, il n’en existera pas davantage au cas où d’autres bâtisses côtières à savoir la Présidence de la République, le Palais des congrès, le Port, l’Aéroport, les hôtels Marina, Novotel ou Orisha seraient prises pour cible. La fatalité à l’état pur. Le contre-feu de la propagande distribue sans cesse les incriminations tantôt contre les populations trop avares en collaboration avec les forces de l’ordre, tantôt contre les responsables des banques imprudents pour avoir laissé autant de liquidité dans les coffres-forts. La soldatesque spectatrice du vaudeville des assaillants quant à elle aurait fait acte de bravoure en économisant ses balles par souci de ne pas faire de dégâts au sein des populations civiles. De la même manière que toute l’artillerie des forces béninoises n’ait été en mesure de détruire deux barques motorisées traversant la lagune par souci peut-être de ne pas mettre la vie des poissons en danger certainement. Il y a longtemps que le ridicule ne fait plus aucun effet sur nos princes.
La population pusillanime ? Alors que leurs représentants légaux, les élus locaux continuent de faire l’objet d’un mépris royal de la part du pouvoir central. Rudolf Giluani, maire de New York , a acquis ses galons de héros national grâce à sa visibilité lors de l’attaque terroriste contre le Wall Trade Center en 2003. Le 21 novembre 2008 à Dantokpa tous les rôles étaient pourvus sauf celui du maire de Cotonou. D’ailleurs, le préfet du Littoral, détenteur de la force publique dans la ville assiégée, était partagé entre l’Infosec et le Palais des congrès à la recherche du contrôle de l’Association nationale des communes du Bénin en assemblée élective.
Dantokpa 3 réserve certainement d’autres émotions…
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