CHRONIQUE DU JOUR
Bénin: La vérité de Bohicon
1er décembre 2008 - FRATERNITE
" G4, G13 et Force Clé, main dans la main pour le combat politique " : Cette phrase de Nicéphore Dieudonné Soglo résume le verdict de Bohicon. Le séminaire des G et F signe la bipolarisation politique du pays. Officiellement, Fcbe et non-Fcbe vont maintenant investir le champ politique pour une bataille sans doute rude, peut-être spectaculaire. Certes, cauris et anti-cauris se livraient déjà une lutte acharnée sous couvert de la crise. Bohicon n’a fait que cristalliser les dissensions et proclamer l’existence de deux pôles.
L’illusion n’est plus permise pour Boni Yayi. Le conte du berger rêveur et chanceux de Arifari Bako a véhiculé une allusion dont la charge politique est énorme. Berger chanceux devenu capricieux, berger à peau de lion, berger transformant son bâton en glaive, et finalement berger dangereux pour son troupeau. Ce conte apparait comme une salve contre le régiment cauri.
Le séminaire des non-Fcbe a consacré un enchaînement de diatribes contre le pouvoir du changement. Les cuillères à café, dont parle Amoussou et qui sont remplacées par des louches avec, pour le régime du changement, le regret que Dieu n’ait pas créé une troisième main. Le discours musclé de Houngbédji qui conclut que " sous le président Yayi, tout change pour que rien ne change " ou encore le speech de Sèhouéto suggérant le " changement de voiture et de chauffeur en 2011 ". Le rendez-vous de Bohicon aura été celui de la clarification avec les chaînes de l’hypocrisie désormais brisées. L’accouchement de l’Union sacrée contre Yayi, fait dans un concert d’envolées acerbes, et les résolutions du séminaire prouvent que les non-Fcbe sont à un point de non-retour. " Union de roc " ou encore " ce qui nous unit est encore plus fort que ce qui nous divise ", la pluie de formules de rapprochement, de solidarité et d’unité tombée sur le conclave justifie la logique de la famille des G et F. Les rancœurs sont si profondes que les plaies béantes dégagent une purulence que seul le parfum du combat politique peut diluer. Le bloc des G et F et Boni Yayi sont condamnés à se battre sur le terrain politique pour survivre en 2011. La crise de confiance est restée incurable et l’hypertrophie tardive des négociations n’a pas rassuré les chèvres et les éléphants obligés d’échanger, bêlement et barrissement.
La jungle politique est en alerte maximum. Lion, renard, crocodile, biche, éléphant sont en mouvement. A chaque espèce d’identifier le rugissement, le glapissement ou le vagissement pour localiser la bête. Le mérite du séminaire de Bohicon est d’avoir délimité les frontières politiques à l’heure où le pouvoir porte la cagoule du pénitent. La politique est d’abord une question de responsabilité. L’engagement injecté à Bohicon, la méthode, le souffle oppositionnel donné à la messe historique des dinosaures politiques signent d’emblée la résurrection de ce qu’on appelle abusivement la Vieille garde.
Après Bohicon, on attend la journée de réflexion sur le dialogue politique national, initiative gouvernementale. La clarification des G et F annonce ce que sera le rendez-vous avorté par le pouvoir sur demande du clan non-Fcbe. Cauris et anti-cauris se trouveront face à face pour un exercice complexe. Pour l’instant, la vérité de Bohicon embellit la politique : G4, G13 et Force-Clé sont tous unis contre Yayi.
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