CHRONIQUE DU JOUR
L’eau, l’électricité et les fêtes
18 décembre 2008 - FRATERNITE
Le délestage n’a toujours pas lâché 2008 qui s’apprête à couler dans la fluidité du temps pour prendre rendez-vous avec l’histoire. 2008 va donc bientôt s’achever avec les traditionnelles fêtes de fin d’année alors que les coupures d’eau et d’électricité grisaillent et perturbent toujours le quotidien des paisibles citoyens.
La situation dément les promesses démagogiques destinées à supporter un espoir pourtant anéanti par la réalité. La sécheresse, d’abord sporadique puis permanente des robinets sème le désastre dans les ménages et les populations portent leur croix. Ces dernières semaines ont été celles du calvaire de l’eau et de l’abattement moral entraîné par le cafouillage et même la résignation dans la gestion des incertitudes. ’’Eau ! tu es la plus grande richesse au monde’’ disait Antoine de Saint Exupéry. Cet hommage rendu à l’eau par l’auteur de Terre des Hommes devrait être source d’inspiration là où le chaos de l’eau s’installe. Le délestage catastrophique amplifie les effets de la disette dans les robinets. Ni électricité, ni eau. Ce régime cauchemardesque souvent imposé aux populations est malheureusement imprégné de résolutions mal mûries. La Noël et le nouvel an vont-ils nous surprendre dans le noir, sans l’eau ? Le spectre du désastre envahit les esprits.
L’an dernier, le délestage a résisté aux promesses sans conviction faites imprudemment en fin d’année. A maints endroits, la naissance du christ avait été célébrée dans l’obscurité et la Saint Sylvestre endeuillée par le manque de lumière. Quelles dispositions sont déjà prises pour éviter à la Nation de nouvelles souffrances en période de fête ? L’empressement de dernière minute et les gesticulations inopportunes de désemparés n’enlèveront rien à l’échec de la politique de l’eau et de l’énergie. Toute célébration du 1er janvier sans l’eau et l’électricité dans un Etat candidat à l’émergence ne sera ni plus ni moins qu’une malédiction. La Nation ne peut communier avec ses dirigeants dans des ténèbres produites par l’incurie.
Le gouvernement doit maintenant choisir entre laisser ses gouvernés, potentiels électeurs de 2011, aux caprices du délestage et les libérer du climat malsain et affreux. Le défi est aussi énorme que l’obligation inoxydable pour l’équipage Yayi de régler la crise politique et la tension sociale qui ont pavé 2008.
La République du changement, j’ose croire, ne va pas stoïquement s’offrir un mauvais présage, signe de l’apothéose sinistre d’une accumulation de fautes au cours de l’année finissante. Noël et le nouvel an arrivent au moment où l’eau et l’électricité continuent de défier l’Etat rêvant de l’émergence. Noël et 2009 pointent dans le noir et le vide des robinets. Pour que l’illusion de fête ne triomphe des aspirations légitimes à l’épanouissement des masses, le gouvernement doit relever le double défi de l’eau et de l’électricité. Déjà que le panier de la ménagère est squelettique, j’espère que le pouvoir ne nous laissera pas dans l’obscurité et sans l’eau. Il ne nous fera pas cela. J’espère.
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