| Où est passé politiquement Lionel Agbo ? Yayi l’a déjà tué
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| LE BENINOIS LIBERE 19 décembre 2008 Dans la pièce théâtrale d’Aimé Césaire ’’La tragédie du roi Christophe’’, l’épouse du roi en question lui fait observer qu’à certains moments lui, son époux, lui fait penser à un mombin. Cet arbre qui étouffe toute végétation se trouvant à sa proximité. Dans le contexte béninois, peut-on ramener cette analogie à Boni Yayi ? Le sort de Me Lionnel Agbo est aujourd’hui là pour témoigner de la liquidation politique dont a été l’objet tous ceux qui ont voulu servir le Changement. Tout ce passe comme si le locataire de la Marina prend soin d’identifier dans un premier temps des leaders d’opinion et hommes politiques de bonne envergure pour ensuite leur briser les ailes histoire qu’ils ne lui fassent pas de l’ombre. C’est donc dans cette logique qu’il faut comprendre le sort réservé à Me Agbo. Il serait fort surprenant de trouver dans ce Bénin une personne qui n’affirmerait pas que les utilisateurs des téléphones GSM doivent beaucoup au combat et à la pugnacité de Me Agbo. Combat, faut-il le souligner, qu’il a mené seul et parfois au risque de sa vie. Cette action citoyenne et républicaine a été complétée par un engagement politique qui voyait Lionel Agbo pourfendre tous les maux du système Kérékou. Connaissant sa lucidité et sa probité, c’est d’un cœur léger que les Béninois ont accueilli sa nomination auprès de Yayi. Tout le monde se disait que le chef de l’Etat avait, au travers de cette nomination, fait l’option de la transparence, du courage et de la sûreté. Malheureusement, ce que tout le monde croyait être un atout pour Yayi allait au final s’avérer être une ruse pour ce dernier. En effet, Boni Yayi n’avait apparemment d’autre intention que de casser la dynamique du fringant avocat. On se souvient encore qu’à l’instar de Démolé Moko, Lionnel Agbo était venu à la télé exprimer des menaces à peine voilées contre la presse faisant de lui, le courroux présidentiel. Face à la levée de boucliers qui a suivi ses déclarations, le chef de l’Etat l’a renvoyé quelques jours après pour annoncer la dépénalisation des délits de presse. Depuis lors rien. Silence radio. Boni Yayi a réussi son coup : créer le vide autour de son conseiller spécial et porte-parole. L’espoir est donc ainsi tué. L’espoir que représentait Me Lionel Agbo de réinventer un autre Changement en 2011 étant entendu que l’actuel changement est en train de se transformer en eau de boudin. Lionel Agbo n’est plus, politiquement parlant. Et c’est bien dommage car s’il y a quelqu’un qui manquait à Abomey et Bohicon, c’est bien lui, lui ce ténor du barreau qui aurait trouvé mieux que quiconque les mots pour expliquer l’étouffement des libertés, les errements budgétaires du gouvernement et le désamour de plus en plus grand entre le peuple et Boni Yayi. Si Jésus a su tirer Lazare de la mort, il ne fait aucun doute que les G et F sauront tirer de leur grimoire l’incantation magique qui tirera Me Agbo d’outre-tombe car sa place est parmi les vivants. Marc ANTOINE |
Où est passé politiquement Lionel Agbo ? Yayi l’a déjà tué
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