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Joyeux Noël à tous, à nos enfants et aux enfants que nous sommes !!!

 

Et le bébé dormait...

 

Je pense à ce bébé qui dort sur Zémidjan (taxi-moto) et cela me plonge dans le mystère de Noël. Curieux, n’est-ce pas ? Si un mystère chrétien n’est pas une vérité qui se cache à nous, mais bien au contraire, une vérité de pensée, de célébration et de vie, qui ne finit jamais de se révéler à nous, alors on ne peut avoir de cesse de méditer et de vivre de la rencontre de l’humain et du divin dans le mystère de l’Enfant Dieu. Quand il naquit à Bethléem, il n’eut pas le privilège des auberges humaines. Il mendia l’hospitalité des bœufs et des bergers. En l’absence des fanfares humaines, le ciel s’épancha pour laisser les étoiles scintiller de joie dans la nuit hivernale remplie de l’hymne des anges et de la joie simple des nomades. Si jamais bœuf chanta, ce doit être en cette nuit-là. Et le bébé divin était là, humble et fragile comme tout bébé, dormant du sommeil confiant de tout nouveau-né. Dans cette fragile petitesse, Dieu se dit. Toute petitesse et toute fragilité deviennent comme des Noëls quotidiens dans lesquels le Dieu que nous préférons chercher dans la force et la grandeur, nous parle de manière privilégiée.


Et je pense à ce bébé qui dort sur Zémidjan… Que de bébés béninois dorment sur ces engins, moyens tout autant de transport que de risque pour la plupart des Béninois. Tout confiant, ce bébé auquel je pense dormait profondément dans les bras inquiets de sa mère dont le visage dit qu’elle aurait préféré un transport moins risqué. Elle n’avait pas tort d’avoir des appréhensions.

 

Soudain, le Zem, effronté, tenta un dépassement dangereux au carrefour Acropole de Guinkomè à Cotonou. Il ne réussit qu’à donner dans le rétroviseur droit d’une automobile. Il perd le contrôle et la chute fut brutale. Le conducteur de taxi-moto fut grièvement blessé. Encore affaissée sur les pavés, la femme n’eut pas le temps de remarquer qu’elle n’a pas la moindre égratignure, elle contemplait, n’en croyant pas ses yeux et reconnaissante à Dieu, son bébé qui… dormait toujours.


Pour les sociétés qui rendent possible la naissance d’un bébé dans une mangeoire, pour les sociétés qui rendent ordinaire et normal le transport de nouveaux-nés en taxi-moto, le Dieu de la fragilité et de la petitesse vient à Noël. Comme l’innocence, le sommeil et le sourire d’un enfant, qui émerveillent, interrogent et déroutent, tel est l’Enfant Jésus. Et divinement plus encore. Bonne fête de Noël.

 

Abbé André S. Quenum

 

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Tag(s) : #EDITORIAL
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