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Que retenir de ce règne d’un autre âge sinon le vote en automobile, les frasques bouffonnes et les récits de Coran à l’entame des discours officiels ? Au sommet de son art, il n’a pas hésité à se proclamer être la justice lorsqu’il débarque à la prison civile de Conakry sous forte escorte pour ouvrir les geôles à son célèbre ami richissime incarcéré pour malversation. Si lui, justice faite homme, disparaissait c’est tout l’Etat de Guinée qui disparaît. Ce que les jeunes militaires ont compris en recourant aux vieilles mais efficaces méthodes de suspension des institutions et d’instauration d’un nouvel ordre. Si seulement les fonctionnaires de l’Ua et de la Cedeao pouvaient leur lâcher la bride en laissant la pacification aller au rythme des Guinéens eux-mêmes. Cette Ua entièrement sous l’emprise des messie-père-de-la-nation ne saurait garantir à la Guinée une modernisation de mœurs politiques. Les agitations et les communiqués laconiques aussi bien à Addis-Abeba qu’à Abuja procèdent du processus d’intimidation et de récupération caractéristique du syndicat des chefs d’Etat. Tout dépend des aptitudes des nouveaux maîtres de Conakry à faire allégeance aux tireurs de ficelles assurés de mourir sur le trône grâce aux manipulations de constitution et au bourrage des urnes dans leurs pays respectifs. Certains sont même capables d’actionner les vieux réflexes de la succession dynastique conformément à la vieille tradition médiévale.

 

Il est de la responsabilité des Guinéens de trouver par eux-mêmes la formule capable de les sortir d’affaire. Jusque-là ils n’ont jamais pu compter sur personne lorsque les jardiniers engraissaient les légumes à l’aide de composte obtenu à partir des sépultures des damnés du tristement camp Boiro sous Sékou Touré. Aucun des patriarches, maîtres du jeu à Addis-Abeba n’a levé le petit doigt lorsque Alpha Condé s’est fait voler sa victoire à l’issue d’élections générales en 2000. Les jeunes de Kankan et d’ailleurs en Guinée ont offert leurs poitrines aux balles de soldats ivres sans l’aide de l’Ua et de la Cedeao. De même que les commerçants qui paient régulièrement au prix fort chaque éruption d’un camp militaire sous le règne mouvementé de Lansana Conté. Tout cela sans pouvoir se débarrasser d’un pouvoir tentaculaire et absolu. Maintenant que la providence a daigné accéder au vœu secret de la grande majorité impuissante, il fallait que des profiteurs viennent brouiller les cartes.

 

Ce n’est pas de pompiers et de secouristes que l’Afrique a besoin mais de concepteurs et de proactifs. Des gens en mesure de réfléchir à comment faire pour que des Conté, des Mugabe, des Hissen Habré ne puissent nuire autant à leur peuple. Et que les Compaoré, les Sassou N’Guesso, les Bongo, les Biya ne puissent pas s’éterniser au pouvoir grâce à des manipulations de constitution. Jean Ping et ses collaborateurs rendraient un grand service à la postérité en envisageant une constitution-cadre à tous les pays africains. Un texte qui prônerait le mandat unique, la commission électorale africaine sous supervision de l’Onu, une Cour constitutionnelle africaine et bien d’autres originalités destinées à inverser le cours des choses sur le continent.

 

Mais, en  entendant, que la Guinée respire…

 

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Tag(s) : #EDITORIAL
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