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"Je vous le dis, je ne suis pas parvenu au pouvoir par hasard, c'est par rapport à beaucoup de qualités, je suis un patriote. Il y a eu trois événements successifs qui se sont passés, et c'est bien moi, le capitaine Dadis, qui ai calmé ces événements", a-t-il affirmé. Sans dire précisément de quels "événements" il s'agissait, il a évoqué "des moments de vacance du pouvoir", pendant le règne de Lansana Conté, souvent malade, ainsi que "la première grève" des soldats, au printemps 2007, qui avait abouti au limogeage du chef d'état-major de l'armée et du ministre de la défense. Le chef de la junte n'a, à aucun moment, évoqué dans cette conférence de presse les condamnations du coup de force par la communauté internationale.
"ÉLECTIONS LIBRES, CRÉDIBLES ET TRANSPARENTES FIN DÉCEMBRE 2010"
Interrogé sur le sort de l'équipe gouvernementale en place avant le coup de force, M. Camara a déclaré : "Jusqu'à maintenant, je ne sais pas si effectivement, un seul membre du gouvernement a été arrêté". Comme la presse guinéenne insistait pour savoir si des membres du gouvernement avaient été interpellés, il a ajouté : "A ce jour, non. Les hommes sont allés [pour les trouver], mais personne ne se trouve à son domicile." Un peu plus tard, dans un communiqué lu à la radio et à la télévision d'Etat mercredi soir, le CNDD a annoncé que "tous les officiers généraux de l'armée et tous les anciens membres du gouvernement sont priés de se rendre au camp Alpha Yaya Diallo [de Conakry] dans les 24 heures qui suivent". "Passé ce délai, il sera organisé un ratissage sur toute l'étendue du territoire national", a annoncé le comité des 32 putschistes, qui comprend 26 militaires – dont un général et neuf colonels ou lieutenants-colonels – et six civils.
Dans la journée, marchés, stations-service et grands magasins sont demeurés fermés à Conakry. Les rues, habituellement embouteillées, étaient désertées, faute de carburant disponible pour les véhicules. Seules quelques échoppes avaient ouvert, la grande majorité de la population préférant rester chez elle par crainte de violences. Les auteurs du coup de force, qui avaient décrété le couvre-feu dans tout le pays à compter de mercredi soir, l'ont officiellement repoussé à vendredi "pour permettre aux chrétiens de passer tranquillement la fête de Noël". Ils ont aussi tenté de rassurer en fixant un terme à la "transition", en s'engageant à organiser "des élections libres, crédibles et transparentes fin décembre 2010".
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