Par Arimi CHOUBADE
lundi 9 février 2009
Question aux émergents du Bénin. Eux qui doivent se demander ce qui fait courir Obama. Lui qui surfe sur une félicité à la tête de la première puissance du monde. Il n’avait qu’à appeler à la Maison Blanche son beauf, ses cousins lointains restés au Kenya, ses amis d’église, ses copains de jeu. Le festin peut enfin commencer. Le rêve de toute une vie. On ne comprendrait pas à la Marina les nuits blanches auprès de sénateurs retors de la part du nègre-président des Etats-Unis alors qu’il a la jouissance à portée de main. Il a suffit de 75% à la présidentielle pour que le docteur-président embarque dans un avion dès la fin de la cérémonie d’investiture le 06 avril 2006. Il n’est redescendu sur « terre » qu’après avoir bousillé 104 milliards en 8 mois de règne. Air Force One reste immobilisé sur le territoire américain malgré le plébiscite de la présidentielle et une majorité au sénat et au congrès.
Revenons à la question du monde qui serait en crise. Et qui justifie les plans de relance tous azimuts, la traque aux gourous de la finance trop grassement rémunérés et la révision à la baisse des privilèges de gouvernants tous puissants. A comparer avec l’ambiance chez les cauris au Bénin. Relance de l’économie, clin d’œil à la consommation, politique spéciale pour l’emploi ? Jargon totalement absent du discours de la gouvernance sous Yayi. Le feu de paille du forum sur la vie chère a vécu. Suivie d’une série de contradictions en fonction des enjeux du moment. La crise mondiale ne s’est rappelée au souvenir des princes qu’après les dilapidations de prestige à l’occasion de l’organisation à Cotonou du sommet de la Cen-Sad. C’est alors seulement que l’argentier national s’est rendu compte que les caisses de l’Etat étaient exsangues. Un alarmisme annonciateur de la hausse des prix des produits de première nécessité : « vérité des prix, disaient-ils ». Trois mois plus tard, revirement spectaculaire. Un collectif budgétaire était passé par là.
L’Etat béninois prétendument débordé par les subventions sur le carburant, le ciment, le riz, le sucre retrouve subitement des rondeurs trois mois plus tard devient subitement capable de construire un aéroport à Tourou, un nouveau siège à l’Assemblée nationale, 15 milliards pour l’Office de radiodiffusion et de télévision du Bénin. D’autres excentricités tout aussi hérétiques qu’une sonorisation à 700 millions, la réfection du Cic et du palais des congrès à 7 milliards seraient désormais possibles. Cerise sur le gâteau, pendant que le trésor public se retrouve à court de ressources, plusieurs dizaines de milliards se trouvaient en jachère dans des comptes de la Bceao, sous surveillance étroite du beauf. Heureusement, son départ de la banque centrale pour cause de retraite a mis enfin un terme à l’exclusion de ces milliards du circuit de l’économie nationale.
En clair, la seule crise capable de mobiliser le régime est celle liée à sa propre survie. Pendant que la presse internationale parcourait le plan d’Obama dans toutes ses montures, la presse béninoise est contrainte de se rabattre plutôt sur les plans anti-opposants. Une manchette de Le Matinal n’a pas fait mystère du cordon sanitaire en cours d’élaboration contre une éventuelle candidature de celui qui a succédé à Yayi Boni à la Banque ouest africaine de développement (Boad) et qui espère lui succéder au palais de la Marina en 2011. Ne parlons pas du plan anti-Rb avec cette idée de priver la ville de Cotonou des 2/3 de son budget afin de mettre en difficulté son présidentiable putatif. Quid du plan anti-Prd dont la démonstration a été faite lors du forcing au conseil municipal de Sèmè-Kpodji.
Les crises au Bénin de Yayi sont fonction de l’état d’âme des émergents en prévision de 2011.
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