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Faure, un arbitre du jeu démocratique au Bénin ?

Par Arimi CHOUBADE

vendredi 13 février 2009

 


 

Je veux commencer par croire que Yayi Boni n’est pas allé à Lomé parler de politique intérieure béninoise avec son hôte Faure Gnassingbé. Comment expliquer un arbitrage de quelqu’un qui est arrivé au pouvoir par un putsch et s’est légitimité après, à l’issue d’un scrutin envoloppé dans les draps sanguinolents de près de 400 de ces compatriotes tués. L’image ubuesque qui a fait le tour du monde de ce militaire engagé dans un sprint mémorable, urne en main laissant s’échapper quelques bulletins de vote, dans la cours d’une école faisant office de bureau de vote. Les milliers de réfugiés débarqués au Bénin et au Ghana voisins. Celui investi dans un arbitrage du jeu politique du modèle démocratique de l’Afrique ? Il n’y a que les émergents pour conduire le Bénin si bas.

 

Alors qu’on n’a pas fini de faire la lumière sur le défilé bizarre de certains ténors du G13 devant l’Ivoirien Laurent Gbagbo à Abidjan quelques heures seulement après une audience accordée à Yayi Boni lui-même. Cet épisode ivoirien n’a pas manqué de provoquer des influences négatives sur quelques attardés intellectuels qui gravitent autour de la rente politico-affairiste de la Marina. « Patriotes », « escadrons de la mort », « médias de la haine », prolongement de mandat, insurrection armée, partition du territoire national sont les denrées les plus prisées au Gbagbo land. En plus de la ruse, la rouerie, la tromperie et la caricature érigée en mode de gouvernance. Au Bénin émergent, « patriotes » et discours de la haine écument les écrans de télévision avec en prime des consignes de vote en faveur du docteur-président par des ministres de la République à deux ans de l’échéance présidentielle. Tant pis pour la législation électorale. L’escale de Lomé tout comme la campagne électorale précoce seraient la parade imaginée afin de contrée l’aura « malfaisante » du président de la Boad Abdoulaye Bio Tchané dans certains départements du septentrion.

La régionalisation de l’économie imposée par le système économique moderne donne certainement aux pays voisins un droit de regard sur la marche interne de chaque Etat. Mais, les Béninois seraient plus fier de la compagnie de Mandela, de Tchissano, de John Kufuor que de pouvoirs fondés sur la violence, la brutalité et la négation des droits fondamentaux. Les émergents ont tout fait pour faire foirer une probable médiation de l’Onu à travers l’émissaire de son Secrétaire général, Saïd Djinnit. Les voilà privilégiés des intermédiaires de la trempe des auteurs du chaos ivoirien et de l’impasse togolaise. Lorsqu’on se réfère aux combinatoires malsaines qui régentent la sous région depuis des décennies, il y a de quoi se faire du mouron quant- à l’avenir du processus béninois.

Avec une diplomatie béninoise répétée être un mélange de maladresse, de mauvaise appréciation et d’approximation depuis avril 2006. A se demander ce que Yayi peut espérer de Faure tant que l’axe Ouaga-Cotonou n’aurait pas retrouvé une embellie. Mis à part l’épisode tumultueux en marge de la nomination de Bio Tchané à la présidence de la Banque ouest africaine de développement à Ouagadougou en janvier 2008, il faut se remémorer l’humiliation infligée à Blaise Compaoré en marge du sommet de la Cen-Sad à Cotonou quelques mois plus tard. La raillerie du colonel Khadaffi vis-à-vis des instances régionales comme la Cedeao dont le président en exercice n’était rien d’autre que le N°1 du Faso n’est pas passée inaperçu.

 

Juxtaposé aux trous de conjugaison entre Faure et Compaoré, les appels de pied à l’homme fort de Lomé II sont loin d’être le fruit d’une idée de génie.

 

Du génie sous le Changement ? Vous rigolez !



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Tag(s) : #EDITORIAL
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