Au cours de la période révolutionnaire, il y avait un minimum de respect pour la vie humaine. Aujourd’hui, la garde présidentielle abat froidement d’innocents citoyens comme des moutons, sans le moindre scrupule et sans aucun procès.
Un citoyen vient, à nouveau, d’être abattu par la garde présidentielle. Le drame est survenu sur le pont Konrad Adénaeur de Cotonou, le mardi 17 février 2009, aux environs de 17 heures locales lorsque le cortège présidentiel revenait de Sèmè-Podji où Boni Yayi était descendu. Selon des témoins, le véhicule de Boni Yayi aurait laissé les motards derrière. La victime ne sachant pas que le cortège qui venait était présidentiel, a traversé la voie. A peine a-t-il fini la traversée qu’il a été atteint par une salve de coups de feu. Il s’écroula raide et mangea aussitôt les pissenlits par les racines.
A en croire les mêmes témoins, le Chef de l’Etat scandalisé par la facilité avec laquelle sa garde ouvre le feu sur des citoyens, aurait vitupéré avec colère inégalable contre les militaires à la gâchette facile et se serait descendu pour soulever le corps sans vie. Ses habits ont été tâchés de sang. Après les drames de Ouidah où deux chauffeurs de taxi ont été sauvagement abattus par la même garde sans aucun procès, des palmerais de l’Urcar du Grand- Agonvi à Logou-Djidagba (Adja-ouèrè) où les gendarmes ont tués 5 paysans non armés, et de Karimama où les forces de l’ordre ont supprimé froidement et sans être du tout inquiétés la vie d’un militant du G13, voilà le tour d’un autre citoyen ! A qui le tour est-on tenté de dire ? N’oublions pas : « A moi toutes les vengeances et toutes les rétributions » a dit Dieu.
Paul Makéré
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