Par Arimi CHOUBADE
mardi 24 février 2009
La saga des vétérans. Un 21 février 2009. Une salve qui part de Bohicon parrainée par l’ancien président de la République Emile Derlin Zinsou en échos à une autre qui gronde depuis Avrankou sous la houlette du professeur Albert Tévoédjrè. En ligne de mire, l’épouvantail Fcbe, une sorte d’attrape-tout régenté par quelques pasteurs blasés par les milliards distraits du trésor public et qui ne connaissent de la politique que la compagnie du chef de l’Etat lors de sa longue marche des 5 années de campagne électorale imposée depuis avril 2006. Contre ce système de négation de toute norme connue de l’action politique de développement, la vieille garde sonne la rébellion. Il y a longtemps déjà que Zinsou lui, avait rompu les amarres en accordant son onction au mémorandum fondateur du G13 vers la fin 2007 c’est-à-dire un peu plus d’un an après l’avènement du régime.
Tévoédjrè a préféré jouer les prolongations remettant l’échéance de rectification à plus tard. Avalant sa part de couleuvres dans l’espoir de se voir confirmer sur le strapontin de médiateur de la République. Jusqu’à ce qu’il découvre l’entente sacrée réalisée contre sa personne à l’occasion de l’ajournement de la loi devant consacrer une existence juridique à son organe présidentiel de médiation. Pour moins célébrissime que lui, le régime a activement recherché des procurations, mobilisé tout le gouvernement et signé des accords de législature tous azimuts ; en un tournemain, Nago a pu obtenir la majorité nécessaire pour le contrôle du perchoir et du bureau de l’Assemblée nationale.
Ces deux pépés réputés pour être des retors de la politique nationale ne devraient pas s’étonner de ce traitement qui leur est fait par le palais de la Marina. La déclaration d’indignité qui a frappé la vieille classe politique et dont des conseillers du chef de l’Etat en ont fait le cheval de bataille n’était pourtant assortie d’aucune exception. Le moment de se demander ce qui a pu faire croire à Tévoédjrè que les insultes à la vieillesse acariâtre dont l’ancien ministre du Changement Alexandre Hountondji s’est fait le chantre sur des radios internationales l’épargnaient. Il a fallu au professeur plus d’un an pour se rendre à l’évidence que son âge très avancé faisait de lui un « indigne » de la marche de l’émergence.
Le patriarche Karim da Silva n’a pas échappé à ce mépris des émergents pour ceux qui ont traversé trop d’époques. Il pensait naïvement bénéficier d’un traitement spécial pour les avoir aidé au processus de diabolisation de la vieille classe politique. Ces diatribes contre les députés anti-patriotes qui refusent de cautionner la démagogie autour de la lutte contre l’érosion côtière et les dépenses fantaisistes contenues dans le collectif budgétaire exercice 2008. Un engagement qui ne lui a pas évité l’humiliation d’une nomination piégée. Une fois encore, la ruse est passée par là. Ne parlons pas de Soglo, le géniteur politique qui en prend plein la figure de la part de son ancien protégé à partir justement du trône où ce dernier recevait de son ancien maître ordres et instructions. Dans la même rubrique que Kérékou à qui l’on avait fait croire quelques instants qu’il pouvait être utile à quelque chose. Certains le voyaient déjà dans le rôle du sapeur-pompier capable de ramener les brebis égarées du G13 au bercail. Au même moment où le pamphlet de la ministre Rékyatou Madougou était sous presse. Un mélange détonnant de tromperie, de mensonge, de manipulation et d’irrévérence. Les attaques sont si massives et si spécifiquement orientées vers les anciens qu’on ne pourrait parler d’incident de parcours. Je suis de ceux qui croient à un dessein formulé dont le but visé est de faire disparaître tous les repères possibles.
Un monde sans vertu ouvre tout droit vers les abus et à la corruption…
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