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S.o.s emploi pour émergents

 

Par Arimi CHOUBADE

2 mars 2009

Des anecdotes à la gloire de l’oisiveté des régents, la presse et la propagande d’Etat en charrient quotidiennement. 4 directeurs généraux d’entreprise d’Etat se succédant sur une estrade en opération de récupération d’un fief électoral en perdition ; ministres instruits soumis à un grand oral devant un jury spécial dont les membres se recrutent essentiellement parmi les élus du Yayi-Land ou les conseillers municipaux Fcbe. Le directeur de cabinet du président de la République, eh oui, le Dc/Pr qui squatte meetings, rassemblements d’émergents et séances de prédication. Le chef suprême lui-même dont l’agenda déborde de fêtes foraines avec les bénéficiaires de micro-crédit, les femmes des marchés, les élus Fcbe, les processions de populations par commune et les tournées de constatation sur des communes nouvellement conquises (Sèmè-Kpodji, Avrankou). Si cette insouciance venait à être su à la Maison Blanche, c’est son nouveau locataire qui s’arracherait les cheveux face à ce folklore autour du pouvoir d’Etat de la part de ses cousins. Visiblement, la raréfaction annoncée de l’aide au développement est loin d’être un débat sur les émergents du Bénin. Peut-être ne comptent-ils que sur leurs propres forces comme au bon vieux temps de la grandiloquence révolutionnaire pour hisser le Bénin au rang des nations émergentes. En son temps, Kérékou se gardait au moins de gaspiller les ressources publiques dans des expéditions infructueuses à travers le monde.

Parlons de ce Dc/Pr qui déambulait sans escorte et sans protocole dans les rues de Porto-novo à la recherche de son véhicule de fonction le 27 février 2009 en marge d’un rassemblement d’enseignants pour un Bénin émergent. Dire que ce haut fonctionnaire de l’Etat est sensé occuper une place stratégique dans la conduite des affaires de l’Etat. Bras droit d’un président omnipotent qui entend garder son œil sur plusieurs ministères délégués auprès de la Présidence de la République. Ce qui fait de Nestor Dako le véritable métronome de tous ces départements rattachés en plus de sa prérogative de superviseur des rapports d’activités de tous les membres du gouvernement, une sorte du N°2 de l’administration publique juste après le chef de l’Etat. On se demande bien si c’est pour lutter contre le sommeil que le Dc/Pr s’adonne de plus en plus à des exercices physiques.

Face à la crise financière et boursière mondiale, face à la récession et au tarissement de l’aide internationale, le régime Yayi n’a qu’une seule solution : la réélection en 2011. Dans ces conditions, il n’y a aucun autre objectif à atteindre par les cadres promus que le sauvetage du régime. Les missionnaires de la réélection qui parcourent monts et vallées devraient pouvoir comprendre que leur engagement n’offre que très peu de perspectives pour l’avenir. Leur poulain dispose au maximum de deux mandats présidentiels dans le meilleur des cas. Et après ? Il va falloir revenir à la dure réalité de la vision sans programme, de la partition du pays, du système sanitaire en déliquescence, d’une éducation en pointillés, d’une sécurité inexistante, d’un chômage généralisé chez les jeunes diplômés… Comble de cette ambiance oisive au sommet de l’Etat, la conférence de presse animée par une dizaine de ministres en réaction à 5 minutes de déclaration du député Issa Salifou.

Les Béninois sont désormais avertis qu’ils n’auront pas de plan de redressement économique, de programme de relance des banques, des entreprises de télécommunication ou des cotonculteurs. Tout l’effort de la République durant les deux années de fin de mandat du régime du Changement se résume au rempilage de Yayi.

La bulle finira par s’estomper et Yayi passera, en 2011 … ou après

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Tag(s) : #EDITORIAL
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