Une teigne dans la machine Yayi
Par Arimi CHOUBADE
3 mars 2009
Dure à enrober cette affaire d’escorte. La propagande yayiste éprouve toutes les peines du monde à s’en débarrasser. Même le rappel du brain-trust du régime ne permet pas de sortir de l’étau. Au grand dam du docteur-président visiblement agacé par cette polémique autour de la gestion des fonds d’escorte de véhicule d’occasion. Face à l’appétit présidentiel de son successeur à la Banque ouest africaine de développement (Boad), Yayi aurait souhaité voir sa machine essaimée tous les départements du Bénin, propageant la bonne nouvelle du rempilage en 2011, avec un accent spécial sur le département de la Donga où Bio Tchané semble avoir déjà marqué les esprits.
Mais la pieuvre escorte des véhicules d’occasion bouleverse tout l’échafaudage. Dg, députés et autres cadres de l’émergence contraints d’attendre que les ministres finissent d’envahir les espaces médiatiques dans des explications de la problématique « escorte ». Le jeudi 26 février 2009, l’essai du peloton composé d’une dizaine de ministres avec à leur tête l’orgue Koukpaki en personne s’est soldé par un fiasco. Une conférence de presse qui n’a retenu l’attention que par la pléthore d’animateurs (10 ministres) dont certains ont servi de décoratif jusqu’à la fin de la représentation. La nébuleuse du trafic de ferraille garde quant à elle tous ses mystères en ce qui concerne la destination finale des recettes publiques engrangées autour de cette activité douanière.
Chose curieuse, les contradicteurs éprouvent une telle aise à contredire les sommités de la finance qui dirige la maison Changement depuis avril 2006. Ces gros bonnets d’institutions sous régionales qui bafouillent leur jargon face à des gens considérés par les émergents comme des ignares propulsés sur la scène politique justement grâce aux rentes incontrôlées du trafic de ferraille ; l’autre écolo parlerait de commerce de déchets. Les bouffeurs de la Marina s’y sont pris avec tellement de grossièreté dans leur désir de jouir de l’affaire que les irrégularités se relèvent par pans entiers. Au point où un Gbadamassi dont le cursus scolaire coince en premier cycle de collègue se met à donner des leçons de finances publiques au docteur en économie de développement qui préside aux destinés du quartier latin de l’Afrique.
Tous les bougres du pays connaissent désormais par cœur les quatre principes fondamentaux de la loi des finances : unicité, universalité, non affectation et annualité. On cherche en vain lequel de ces principes a été respecté dans la manière dont les fonds en question ont été gérés. Il n’y a jamais eu d’unicité du fait de l’existence de ce compte de la Beceao en parallèle au trésor public ; pas d’universalité puisque les fonds d’escorte ont été expressément différencié des autres recettes ; pas davantage de non affectation lorsqu’on se réfère à la décision populeuse prise en conseil des ministres de financer l’opération d’octroi des micro-crédits aux plus pauvres grâce au compte fait garder à la Banque centrale sous la surveillance du beau frère du chef de l’Etat ; enfin pas d’annualité au vu du refus du pouvoir de comptabiliser l’activité en fonction de l’année d’exercice. A tout cela s’ajoute l’absence de base juridique à l’opération des micro-finances mise en place sans autorisation du parlement. De l’indiscipline budgétaire se permet d’enseigner le bougre parlementaire à tous ces gourous embourgeoisés de l’Etat-Fcbe.
L’équipe de campagne de Yayi risque finalement de ne pas bénéficier de sa précocité si elle devait s’embourber durant les deux ans de propagande en prélude à la réélection inespérée. Il suffit en effet de 5 minutes de télévision d’un Issa Salifou ou d’un Cyriaque Domingo pour que toute la construction savante des limiers de la Marina s’effondre tel un château de cartes.
Ah ! Escorte, quand tu les tiens !!!
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