| Le FMI appelle à agir d’urgence pour prémunir les plus pauvres
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| 05-03-2009 - Les Afriques
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| Louis S. Amédé, Abidjan
Le directeur général du Fonds, Dominique Strauss-Kahn a tiré sur la sonnette d’alarme cette semaine à la faveur de la présentation du dernier rapport de l’institution traitant « des implications de la crise financière mondiale pour les pays à faible revenu ». « Après avoir frappé d’abord les pays avancés puis les pays émergents, la crise financière mondiale touche aujourd’hui, dans une troisième vague, les pays les plus pauvres et les plus vulnérables du monde ; elle frappe durement les pays pauvres, y compris en Afrique subsaharienne » a-t-il déclaré. Il y aurait, selon le rapport du FMI, péril la demeure. La récession économique générale en laquelle s’est muée ce qui n’était encore qu’une crise du crédit en septembre 2008, pose une hypothèque sérieuse sur « les progrès considérables accomplis par de nombreux pays à faible revenu au cours de la décennie écoulée, qui ont rehaussé leur croissance économique, fait reculer la pauvreté et sont parvenus à une plus grande stabilité politique ». Dilater sinon casser ce goulot d’étranglement est impératif, a indiqué le directeur général du FMI. Pour le faire « au moins 25 milliards de dollars US de financements concessionnels urgents seront nécessaires cette année pour répondre aux besoins de la plupart des pays touchés » a déclaré Dominique Strauss-Kahn. Qui prévient que « cette somme pourrait être bien plus élevée compte tenu des risques considérables de voir les perspectives de l’économie mondiale se dégrader encore plus que prévu et de la possibilité que de nouveaux pays soient touchés tandis que la crise s’aggrave ». Un scénario catastrophe pour lequel les ressources concessionnelles nécessaires en urgence avoisineraient alors les 140 milliards de dollars US.
Grandes manœuvres
Dans le contexte actuel où les principaux bailleurs de fonds bilatéraux et contributeurs multilatéraux sont engagés eux-mêmes dans de grandes manœuvres pour sauver leurs économies, c’est une gageure d’espérer de telles largesses financières de la communauté internationale. Le directeur général du FMI n’en est pas le moins conscient. Mais il pense que le caractère inquiétant de la situation,-qui pour 26 pays est même plutôt préoccupante-, requiert de tous une mobilisation particulière. Le Fonds en donne le ton si on en croit son patron. Le « Fonds s’emploi à mettre en place une riposte à cette crise extraordinaire pour les pays les plus pauvres de la planète » assure t-il. Ce paravent prendra la forme « d’un doublement des capacités de prêts concessionnels du FMI et d’introduction d’une plus grande souplesse dans l’octroi de prêts aux pays à faible revenu de manière à tenir compte de leur diversité grandissante et de leur plus grande vulnérabilité à la volatilité mondiale » a précisé le directeur général du Fonds. Il faudra cependant bien plus, pour contenir les effets pervers de la crise. Pour l’ancien ministre de l’Economie et des Finances de Lionel Jospin, il n’est d’autre sésame que de « trouver les moyens de venir en aide aux pays à faible revenu ». Et en cela, peu importe que les pays avancés en soient à dépenser des centaines de milliards de dollars pour les mesures de relance budgétaire et la restructuration du secteur financier, « les bailleurs de fonds bilatéraux doivent veiller à ce que les flux d’aide soient revus à la hausse et non à la baisse », il prescrit, se faisant l’écho d’une recommandation du rapport. Autrement, il faudra bien oublier les beaux discours et autres laïus sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Dominique Strauss-Kahn a, à cet effet, averti que « la baisse de la croissance –qui surviendrait, si rien n’était fait concrètement, pourrait avoir des conséquences graves pour la pauvreté et, peut-être, pour la stabilité politique ». L’horizon paraît bien sombre pour les pays pauvres. Mais le directeur général du FMI ne voudrait pas accepter cette situation comme une fatalité, espérant un élan de solidarité et de générosité de la part de la communauté internationale pour empêcher aux pays les plus pauvres un naufrage économique et financier. |
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