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CHRONIQUE DU JOUR


L’An I du G4

 

12 mars 2009 - FRATERNITE 

par Sulpice O. Gbaguidi

Le 12 mars 2008, la Rb, le Prd , le Psd et le Madep entraient en communion politique avec une déclaration historique sous le slogan " Oui à la démocratie, non à la dictature ". Le procès du régime du changement eut lieu au tribunal du G4. Mais un an après le violent réquisitoire des leaders de ces forces politiques scotchées " vieille classe politique ", quel est l’état de ce regroupement ?

 

Ce premier anniversaire de la déclaration du 12 mars célébré dans une sobriété politique, voire l’indifférence nécessite qu’on promène le miroir sur le tableau sombre du changement peint par Soglo, Houngbédji, Amoussou et Idji, il y a un an. Sur les escaliers des dénonciations, le G4 naissant avait passé au peigne fin les entraves à la consolidation de la démocratie (menace sur la laïcité, restriction de la liberté de presse, la liberté syndicale....), le " caractère incantatoire " de la lutte contre la corruption, la violation des règles des finances publiques, et le " cafouillage " dans la gestion des grands dossiers de l’Etat. Le chapelet des dérives égrenés dans la chapelle du G4 est illimité et le sermon musclé des prélats a quasiment généré l’espoir d’une alternative crédible. La création du G4 perçue comme une réponse à l’exclusion, était porteuse de défis aux initiateurs du bloc politique des dinosaures mais l’idéologie de remise en cause systématique laissait flotter l’Union sur les eaux ruisselantes de l’incertitude. La quête de la confiance du peuple le soumet à un style d’opposition radicale à un pouvoir dont la méthode politique conquérante ne laisse de place à la moindre distraction.

 

Politiquement, le bilan semble mitigé. Le G4 a révélé en Avril 2008 une cruelle impuissance à combattre Fcbe en alliance lors des cruciales élections municipales et communales. Cette faiblesse est symptomatique d’une méfiance contagieuse due aux séquelles indélébiles d’un passé déchirant pour la Rb, le Prd , le Psd et le Madep.Les confessions collectives et la volonté de pardon n’ont pu, dans la marche commune, étouffer l’éclatement du devoir de mémoire et les élans à la division. La solidarité de vote à l’Assemblée nationale a même sporadiquement cédé à des fissures. Le souvenir des péchés remue les plaies psychologiques. Dans la foulée, deux barons du Madep sont impunément au gouvernement, malgré le communiqué d’honneur du parti. Le spectre de la traditionnelle félonie refait surface.

 

Le G4 est sous une condamnation, celle de l’inévitable épreuve du choix de son candidat pour la présidentielle de 2011. Nicéphore Soglo et maintenant Amoussou étant forclos, la logique place Adrien Houngbédji et Léhady Soglo dans les effluves de la concurrence pour l’investiture du bloc G4. Le président du Prd a l’expérience de ce genre d’exercice. Léhady, premier adjoint au maire de Cotonou et dauphin de son père maire et ancien chef de l’Etat, s’impose en rival légitime de Me Adrien Houngbédji dans la course à la Marina.

 

Un an après la déclaration du 12mars, le G4 résiste aux avatars politiques et garde toujours son atout principal, la solidarité politique qui sert de levier aux légitimes ambitions de ses leaders. Son existence offre des ressources à l’opposition.

 

Associé au G13 et à Force Clé, le G4 justifie ses élans et la promesse issue de l’engagement du 12 mars. Sa santé n’est pas désespérément en proie à la précarité politique et il respire l’air de la reconquête de l’audience ébréchée en 2006. Soglo, Houngbédji, Amoussou et Fagbohoun ont déjà le sublime mérite de réussir à se mettre ensemble pour une bataille politique commune. C’est peut-être cela le vrai bilan de l’An I de la déclaration du 12 mars.

Sulpice O. Gbaguidi



 

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Tag(s) : #EDITORIAL
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