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Un an de vie politique : Le G4, un os dans la gorge de Yayi

 

Edito, Entretien avec le SG du PRD, Déclaration du 12 mars 2008

 

jeudi 12 mars 2009, par DP Le Grand Journal

Un an jour pour jour naissait au stade de l’amitié, l’alliance G4 pour « la consolidation de la démocratie, la sauvegarde de la paix sociale, la préservation de l’unité et de la cohésion nationales ». Douze mois après qu’en est-il de l’espérance suscitée à sa naissance ?


Romain L. KIKI

 

Dès les premières heures après son accession à la magistrature suprême, le Dr Boni Yayi, présenté lors des campagnes présidentielles de 2006, comme étant le messie, le président développeur dont avait besoin le Bénin pour amorcer son émergence économique, s’est embourbé dans une politique de charme et d’effets d’annonce. Boni Yayi, il faut le reconnaître nourrit un rêve : celui de faire du Bénin, un pays attrayant, ouvert aux investisseurs et compétitif au plan international. C’est cela qu’on appelle dans le jargon des chantres du changement, le ‘’Bénin émergent’’. Et ce ‘’Bénin émergent ‘’a cinq années, seulement cinq années pour avoir une économie à deux chiffres. Alors, puisque le temps est relativement court pour réaliser ce rêve, on ouvre plusieurs chantiers ensemble, des chantiers sans suite. Conséquence : les problèmes se multiplient au plan social avec les promesses non tenues ; le principe de la séparation des pouvoirs n’est plus respecté ; les textes de la République allégrement violés ; il se crée dans le sérail du pouvoir ; une nouvelle classe politique qui vilipende les vieux routiniers de la classe politique béninoise. Le pouvoir en place venait d’ouvrir une fronde politique qui lui sera fatale avec la naissance du G13 et plus tard, le 12 mars 2008, du G4. Aujourd’hui, cela fait exactement un an que ce regroupement politique a vu le jour. Votre journal se propose de revenir sur les circonstances de la naissance du G4, son influence sur le terrain, son parcours, ses moments de gloire et de détresse, puis de son avenir en tant qu’entité politique.

 

Le G4, un groupe de frères ennemis

 

Jamais, on ne pouvait s’imaginer que le président Soglo, le président Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou et Séfou Fagbohoun pourraient s’associer, faire bloc ensemble pour défendre un idéal politique. C’est vrai qu’en politique, toutes les éventualités sont possibles. Le président Nicéphore Soglo, chaque fois que l’occasion lui était donnée, lors des précédentes campagnes électorales n’a jamais été tendre avec le leader des Tchoco-tchoco et vis versa. Les deux, par médias interposés, lançaient l’un contre l’autre des invectives. Il n’en est pas moins pour le renard de Djakotomè, Bruno Amoussou. Séfou Fagbohoun quant à lui, en créant le Madep a sérieusement émietté les voix du Prd dans le Plateau. Comme on peut le constater, tous ces quatre leaders ont des raisons valables de s’en vouloir. Mais, ils ont fait preuve d’humilité et transcendé le moi qui les habite pour faire front ensemble. Celui qui a plus fait preuve d’humilité, c’est le leader des Tchoco-Tchoco qui, il faut le souligner, a accueilli a bras ouvert, ses adversaires politiques avec qui il a toujours fait le combat politique et qui ont crée, dans l’entre deux tours des présidentielles de 2006, « L’alliance Wloguèguè », pour soutenir un nouveau venu sur la scène politique nationale : le président Boni Yayi. Quand des frères ennemis s’associent pour faire bloc, il n’y a aucun doute, c’est pour combattre soit quelqu’un, soit un système. Et dans le cas d’espèce, c’est le système Yayi qui est visé.

 

Le G4 et son influence sur le terrain

 

La déclaration du 12 mars 2008 qui a donné lieu à la naissance de ce que la presse a dénommé G4 donne déjà un aperçu sur l’influence que devrait avoir un tel regroupement politique sur le terrain. Si la presse libre s’est aussi empressée de leur donner le qualificatif d’ « Opposants non déclarés » c’est à juste titre. Puisque la parole fut totalement libérée, des entités politiques, libres de tout engagement, la critique doit être aisée. C’est ce qui s’est passé le 12 mars 2008 et qui a continué à ce jour. La force d’une classe politique en opposition avec un régime qu’il soit totalitaire ou non réside dans le verbe, la capacité d’aller au devant de la scène, d’observer et d’analyser tout ce qui se passe et de pouvoir apporter des critiques objectives. Très tôt, le G4 s’est aligné sur cette ligne et donne du fil à retordre au régime Yayi.

 

La déclaration du 12 mars 2008 a fait forte sensation au point où le ministre Galiou Soglo, certainement poussé par un lobby, a organisé un meeting de riposte, une semaine après. Sa mission était surtout d’embrouiller les cartes au niveau de la Renaissance du Bénin. Pour lui, la déclaration d’une dizaine de pages ne renferme que d’allégations mensongères indignes d’une opposition qui se veut constructive. Il n’a pas raté l’occasion de tirer à boulets rouges sur le G4 et affirmer son soutien au président Boni Yayi. C’est là la preuve que le G4 a une certaine influence sur la politique du gouvernement Yayi. Il y a eu également plusieurs conférences de presse souvent animées par les secrétaires généraux des partis concernés.

 

A l’Asemblée nationale, le G4 s’est fortement illustré à travers les interventions des députés élus sous la bannière des partis qui le composent aux côtés de leurs alliés du G13 et Force clé, ils ont eu à animer plusieurs conférences de presse qui ont créé de la trouille dans le rang de la mouvance présidentielle. Cela s’est traduit par les répliques notées dans le rang des députés Fcbe et souvent largement relayées par la télévision nationale (par exemple sur la question du budget remanié 2008) ; la suspension d’un chef cellule communication à l’Assemblée nationale parce que celui-ci ferait la part belle aux députés G4, G13 et Force Clé, dans ses reportages télévisés. En somme, l’influence du G4 sur la politique nationale est nette et très perceptible sur le terrain.

 

Le G4 dans l’espace et dans le temps

 

Depuis le 12 mars 2008, le G4 en tant que regroupement de forces politiques défendant les mêmes idéaux, anime la vie politique aux côtés des autres forces coalisées que sont le G13 et Force clé. Ce que la presse béninoise appelle dans un jargon qui lui est propre, les « G » et « F ». Pour consolider les bases de cette nouvelle alliance née de fait, il y a eu plusieurs concertations auxquelles a pris part, le G4. La dernière en date, c’est les assises de Goho et de Bohiocon. Ce séminaire de 2 jours tenu dans la cité historique d’Abomey puis à Bohicon aura permis d’aplanir les divergences, de consolider les bases de cette nouvelle alliance qui envisage aller très loin. C’était l’un des moments de gloire du G4. Ceux qui ont été témoins de cet évènement majeur en étaient épatés. Mais comme dans toute entreprise humaine, il y a des hauts et des bas.

 

Quelques faiblesses du G4

 

Parfois, il est très difficile de fermer les yeux sur des intérêts pour s’aligner dans une position d’opposant infaillible. Cela a joué à un moment donné sur le G4. La mal compréhension peut être aussi source de discorde. Cela a également joué sur la cohésion qui devrait exister au sein de ce regroupement politique. Point n’est besoin de revenir sur tout ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale, au cours de ces dernières semaines et qui traduisent ce fait. Mais, le moins qu’on puisse dire, des séances d’explication ont permis aux uns et aux autres de revenir à de meilleurs sentiments et on peut dire aujourd’hui, sans risque de se tromper que le G4 se porte à merveille.

 

Le G4 et les enjeux du futur

 

Si le G4 doit avoir la durée d’un feu de paille, ce serait pour de nombreux Béninois, peine perdue. La compréhension qui se dégage de la naissance de ce front c’est que le G4 est né pour empêcher de conduire tout le peuple béninois à l’abattoir, pour empêcher que notre Constitution soit rectifiée au gré d’un régime politique etc. Pour nombre de Béninois, la naissance du G4 est synonyme du refus d’un suicide collectif, du parti unique, de la pensée unique. C’est aussi une garantie pour l’alternance au pouvoir en 2011.

 

En conclusion, le G4 en un an a fait forte sensation et a de beaux jours devant lui. Un an avec tant de progrès, l’avenir nous réserve des surprises.

 

EDITO : Le G4, il y a un an

 

Titus FOLLY

 

Deux ans durant, Boni Yayi a joué en solo avec en prime un culte de la personnalité jamais inégalé. On danse en son nom, on marche à sa gloire et on instrumentalise les institutions de la République au nom de son pouvoir. Face à ces quartiers de la lune d’un régime autocratique qui reflétaient une luminosité pas trop claire sur notre démocratie et sur les acquis de la conférence nationale, le G4 est né. C’était le 12 mars 2008 au Palais des sports du stade de l’amitié de Cotonou.

Des forces politiques de premier plan dont les leaders ont été les faiseurs de roi de Tchaourou en 2006, comme la RB de Nicéphore Soglo, le PSD de Bruno Amoussou et le Madep de Séfou Fagbohoun ont de commun accord décidé de nouer les amarres avec Adrien Houngbédji pour donner la riposte à un régime qui n’a que cure de l’enracinement de la démocratie.

 

Dans la trame du réquisitoire de ce jour-là, ces figures légendaires rompues à la chose politique n’ont pas fait du recyclage organique, mais ont peint véritablement un tableau noir du régime du changement. Son leader qui veut ramener les oripeaux que ses prédécesseurs que sont Soglo et Kérékou ont déjà jeté par-dessus bord, n’a pas été épargné.

 

Les reproches portent sur les élans antidémocratiques et d’exclusion de l’Etat-FCBE, élans qui ont conduit à la chosification et l’instrumentalisation des institutions républicaines. La mal gouvernance à travers la dilapidation et la prédation de nos maigres ressources, la dispersion et l’improvisation, l’incohérence des prises de décision étaient en bonne place. Aussi ont-ils déploré le refus systématique de la contradiction, le régionalisme, le népotisme, la mise à mal des fondements de l’unité nationale, en somme, la remise en cause des acquis de la conférence nationale et des luttes politiques et syndicales depuis 1990.

A tout cela, il faut ajouter la personnalité de Boni Yayi. Ce dernier a toujours cru depuis sa prise de pouvoir que celui qui a conquis les chaînes de l’adversité et ce de manière déconcertante a l’inestimable avantage de rempiler à la prochaine présidentielle. Il lui faut alors des artifices dignes des dictatures tropicales d’il y a trente ans pour y parvenir.

 

D’où une montée en puissance du culte de la personnalité avec comme corollaire, l’embrigadement des médias, notamment ceux de l’audio visuel public. Mieux il privilégie la conquête du superflu avec à l’appui, une excitation spirituelle plus grande que la conquête du nécessaire. Alors que les restrictions démocratiques ironiques même avec les meilleures perruques n’ont jamais été un désinfectant de foie.

 

Le Secrétaire général du PRD s’exprime

« On fera replier Yayi contre son gré par tous les moyens légaux » dixit Moukaram Badarou

 

En ce jour anniversaire du G4, votre rédaction s’est entretenu avec le Secrétaire général du Parti du Renouveau Démocratique, membre fondateur du G4. Il a fait part de son sentiment douze mois après, de la situation politique.

Roger Dossou

Revenant brièvement sur les raisons de la naissance du G4, Moukaram Badarou a souligné que c’est face aux dérives du régime que le PSD, le PRD, la RB et le Madep ont jugé utile de se mettre ensemble pour dénoncer les violations répétées des lois de la République et empêcher la remise en cause des précieux acquis de la conférence nationale Le Secrétaire général du PRD se désole de l’entêtement du gouvernement qui fait la sourde oreille. Il constate que depuis un an, les choses s’empirent car après le 12 mars, le Bénin a connu des événements régressifs de sa démocratie et que malgré toutes les dénonciations, le pouvoir du changement refuse de corriger le tir.

Il donne en exemple le non respect de la loi électorale qui a eu pour conséquence l’installation partisane et en fonction de la volonté du chef de l’Etat des conseils municipaux sortis des urnes. Pêle-mêle, il cite le déclassement international de notre pays sur le plan des affaires, de la liberté de la presse ; la crispation au niveau des institutions de la République, la gestion opaque des ressources financières de l’Etat, le clientélisme dans l’organisation et la gestion du micro crédit.

 

« Le combat continue tant que le chef de l’Etat, nous imposera une gestion catastrophique de l’argent du peuple. Nous battrons pour que notre pays retrouve ses valeurs qui ont jusqu’à un passé récent fait sa fierté dans les institutions internationales. On fera replier Yayi contre son gré par tous les moyens légaux » a-t-il déclaré.

 

Au sujet la loi portant statut de l’opposition, Moukaram Badarou déplore que son décret d’application pris par le chef de l’Etat ne tienne pas compte du point relatif à l’accès équitable aux médias publics. Concernant la charte des partis politiques, le Secrétaire général du PRD estime que c’est encore une annonce et que le décret n’existe pas encore. Il exige d’une part que le gouvernement clarifie l’origine de ces subventions annoncées par Yayi mais prévues par une loi de ratifiée 2003 et d’autre part montre la rubrique prévue dans le budget national à cet effet car « l’intergroupe ne saura être complice de la gestion hasardeuse des finances publiques » a-t-il souligné.

DECLARATION DU 12 MARS 2008 A COTONOU

 

Depuis quelques mois, notre pays est installé dans une situation de tension sociale et politique. Au plan social, cette tension s’exprime par les multiples crises ouvertes entre le Gouvernement et les différents corps constitués de la Nation. Elle est aggravée ces dernières semaines par le doute qui s’est subitement emparé des populations lasses de promesses sans suite et d’actions sans incidences significatives sur leurs conditions de vie et de travail. A cette crise de confiance, s’est ajoutée une série de discours et comportements tendant à fragiliser l’édifice démocratique que le peuple béninois s’est employé dix huit (18) ans durant à construire. Au plan politique, les égoïsmes politiques, la recherche d’intérêts particuliers au détriment de l’intérêt de la Nation et le développement des extrémismes au mépris du consensus sont à la base de la crispation des relations entre les forces et acteurs politiques de notre pays. Or, depuis la Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990, le Bénin s’est résolument engagé dans une ère nouvelle de démocratie, de paix et de développement. Il s’est doté d’un modèle démocratique grâce auquel des avancées significatives ont été enregistrées tant aux plans politique, économique, que social et culturel. La démocratie béninoise, unanimement perçue comme une expérience inédite dans cette Afrique qui se cherche, a conquis ses lettres de noblesse et fait la légitime fierté de tout un peuple. L’alternance politique intervenue au sommet de l’Etat en avril 2006 a suscité un immense espoir dans tout le pays. La politique de changement prônée par l’actuel régime a rencontré, dans un mouvement spontané, une large adhésion des différentes couches sociales et catégories socio professionnelles, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Aujourd’hui, moins de deux ans après cette euphorie générale, c’est le désenchantement total et le début de la désillusion. La situation : politique nationale est de plus en plus préoccupante. La démocratie béninoise se trouve gravement menacée. Conflits de compétence entre institutions de la République, musellement de la presse, grèves à répétition dans divers secteurs de la vie nationale, risques d’une paralysie générale dans le pays, etc… autant de cas de dysfonctionnement et de désarrois qui caractérisent aujourd’hui le modèle démocratique béninois. Face à cette situation que- connaît notre pays au moment même où le peuple béninois commémore le 18ème anniversaire de la Conférence des Forces Vives de la Nation, les formations politiques signataires de la présente déclaration, à savoir, la Renaissance du Bénin (RB), le Parti Social Démocrate (PSD) ; le Mouvement Africain pour la Démocratie et le Progrès (MADEP), le Part. du Renouveau Démocratique (PRD) conscientes de leurs responsabilités historiques et constitutionnelles, et animées par le souci de préserver les acquis démocratiques, la paix et l’unité nationale, ont procédé à une analyse approfondie du climat politique et social, ainsi que de l’environnement économique qui prévalent actuellement dans notre pays. Ces formations politiques prennent acte de la volonté du Gouvernement de poursuivre l’œuvre de redressement économique, social et culturel entamée depuis la Conférence Nationale. Toutefois, recherchant les causes du malaise général observé au plan nationales signataires de la présente déclaration l’attribuent aux nombreuses entraves à la consolidation de la démocratie, aux manquements graves qui s’observent dans les domaines de la bonne gouvernance et de l’assainissement des finances publiques, ainsi que dans la gestion des grands dossiers de l’Etat. I. ENTRAVES A LA CONSOLIDATION DE LA DEMOCRATIE En vingt (20) mois d’exercice du pouvoir, les autorités actuellement en charge de notre pays n’ont pas qualitativement fait avancer le chantier de la consolidation des libertés fondamentales et du renforcement de notre démocratie. Plusieurs actes attestent de cette lente déconstruction du modèle béninois. 1. Des violations répétées de la Constitution Jamais, depuis la Conférence nationale, le Bénin n’a connu un régime dont les rapports avec les autres institutions de la République ont été aussi tendus, et les décisions ont fait l’objet d’autre de recours en inconstitutionnalité. La décision de la Cour Constitutionnelle relative au non respect de la séparation des pouvoirs dans le conflit ayant opposé récemment les magistrats au Gouvernement, le non respect de la décision de la Cour Constitutionnelle relative aux nominations à la tête des roédias de service public, le maintien en prison d’un élu parlementaire en dépit de son immunité, l’appel à désobéissance lancé aux adjudicataires de fréquences octroyées par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), sont autant de faits avérés, illustratifs des violations répétées de notre Loi fondamentale par le pouvoir en place, qu’il convient d’abhorrer. Le respect de la séparation des pouvoirs est un principe sacro saint sur lequel repose toute démocratie moderne, auquel notre Gouvernement devrait constamment se conformer, à moins de faire le choix délibéré de blocages institutionnels aux conséquences imprévisibles. 2. Des menaces sur le pluralisme politique En rejetant Résolument la dictature et le monopartisme depuis la Conférence des Forces Vives de la Nation, le peuple béninois a opté de façon irréversible pour une démocratie pluraliste. Cette option consignée dans la Constitution du 1 ! décembre 1990, se trouve aujourd’hui dangereusement remise en cause. Le pluralisme qui a toujours caractérisé l’animation de la vie politique et citoyenne dans notre pays est menacé d’une part, par le populisme dont le développement tend à infantiliser et à instrumentaliser les laborieuses populations de nos villes et de nos campagnes. Le pluralisme politique est mis à mal d’autre part, par l’intolérance politique - qui se manifeste de plus en plus dans le pays - et la tendance à la monopolisation de la vie politique- qui se traduit à la fois par la volonté affichée d’élimination de l’essentiel des partis politiques et par l’acharnement contre certains acteurs de la vie publique. Il l’est également par l’insolence de préfets qui utilisent généreusement la télévision nationale pour proférer des menaces aux responsables politiques. Les instructions adressées le 15 février 2008 aux Ministres désignés coordonnateurs départementaux de FCBE et leur prescrivant de " rendre compte "au jour le jour au Président de la République sur le comportement des adversaires politiques est une des nombreuses tentatives de restauration du Parti-Etat. Toutes ces déviances, assorties de manœuvres politiciennes anticonstitutionnelles, constituent des préludes à un retour à pas de charge à la pensée unique. De ce point de vue, elles sont à dénoncer et à bannir de notre système politique. Les partis politiques signataires de la présente déclaration estiment qu’il est urgent et impérieux de mettre fin à de telles dérives, sous peine de mettre en péril notre jeune démocratie et d’entraîner notre pays dans un aventurisme aux conséquences incalculables. En tout état de cause, ils en appellent à la maturité et à la vigilance du peuple béninois qui doit continuer de taire bonne garde, dans la paix et la concorde, en vue de préserver ses acquis démocratiques. 3. Des rapports entre le Parlement et le Gouvernement La Constitution du 1 i décembre 1990 a fait de l’Assemblée Nationale la haute incarnation du pouvoir populaire et l’enceinte par excellence de la représentation nationale. Elle a le pouvoir de voter des lois et de contrôler l’action du Gouvernement. En d’autres termes, dans notre régime politique, l’Assemblée Nationale est le temple de J’exercice de la démocratie. Or, plusieurs entraves à son fonctionnement ont été notées. L’indépendance de l’Assemblée Nationale et son autonomie à l’égard du Gouvernement ont notamment été mises à mal, dans l’exercice de sa double mission de vote de la loi et de contrôle de l’action gouvernementale, les ingérences du pouvoir exécutif sont si nombreuses et si flagrantes, que l’institution parlementaire est de plus en plus perçue au sein de l’opinion publique et par la classe politique nationale, comme une simple caisse de résonance du ! Gouvernement et une institution à son ordre. Les tractations vécues lors de la constitution du Bureau de l’Assemblée nationale pour la Sème Législature ainsi que les tensions et autres blocages qui caractérisent depuis quelque temps les travaux parlementaires, confirment à suffisance la volonté d’en assurer un contrôle sans partage et ’cette tendance à son bâillonnement. En vertu du principe de la séparation des pouvoirs consacré par la Constitution, l’Assemblée Nationale devrait veiller à préserver jalousement son indépendance vis-à-vis du Gouvernement, quelle que soit la configuration politique en son sein. La dégradation du climat politique est une autre manifestation du malaise démocratique actuellement en cours dans notre pays. 4. Du climat entre les acteurs politiques et les acteurs sociaux Le développement de la société civile et la diversification de ses composantes sont un élément non négligeable pour l’approfondissement de la démocratie béninoise. Même si des progrès sont attendus quant à leur structuration et leur positionnement, if est incompréhensible que des organisations de la société civile soient utilisées pour vilipender et tenter de disqualifier les animateurs politiques, alors qu’en raison de la complémentarité de leurs actions, ces deux acteurs de la vie publique devraient normalement rechercher des synergies qui contribuent effectivement au renforcement de la démocratie. Une telle pratique relève de la manipulation politique préjudiciable à la collaboration utile entre les animateurs de la vie publique que sont les partis politiques et les organisations de la société civile. L’instauration et la préservation d’un climat de confiance réciproque entre ces deux entités, participent inéluctablement des conditions favorables à la consolidation de la démocratie et de la paix sociale. Avec le renforcement des autres acteurs de la vie publique, les constituent un préalable majeur à une gouvernance concertée. Celle-ci requiert en outre une meilleure protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales. 5. De la liberté de presse et de la liberté syndicale Depuis l’avènement du Renouveau Démocratique, la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés publiques ont constamment été un des impératifs majeurs de nos gouvernants. La bonne santé de notre démocratie en a d’ailleurs souvent dépendu. C’est pourquoi, gouvernants et gouvernés ont systématiquement fait de la promotion et de la protection des droits et libertés un des fondements du modèle démocratique béninois. Mais, ces derniers mois, les discours de l’actuel régime ainsi que sa pratique des droits de l’homme et des libertés fondamentales sont l’objet de préoccupation pour l’ensemble de nos compatriotes jamais, la liberté de presse et la liberté syndicale n’ont été aussi menacées. De l’histoire de notre jeune le démocratie, la presse béninoise n’a été autant bâillonnée que sous l’ère dite du « changement ». Longtemps admiré pour sa contribution au renforcement de la démocratie et classée dans le peloton de tête mondial de la presse libre, la presse béninoise peine aujourd’hui à préserver ses acquis. Les ingérences et .les injonctions répétées du pouvoir dans ce secteur se caractérisent par la restauration de la censure sur les médias de service public, et par la mise au pas de la plupart des organes privés à l’aide de contrats de non publication d’informations critiques. La monopolisation de la presse par le pouvoir actuel est une dérive inacceptable, qui ne laisse aucun espace d’expression libre à d’autres forces politiques et courantes d’opinion. Plus grave encore, est le recours à une panoplie de mesures de représailles pour museler la presse : acharnement fiscal, censure, interdiction d’antenne, interdiction de rédaction ou de couverture, interpellations, intimidations et autres menaces. Sur le plan de la jouissance de la liberté syndicale, la situation n’est guère plus reluisante. Les libertés syndicales sont menacées sinon bafouées. Ainsi, en lieu et place du dialogue avec les partenaires sociaux, le Gouvernement oppose le mépris, la force, la fuite en avant, le pourrissement, les effets d’annonce. L’infiltration des mouvements syndicaux par des éléments dissidents baptisés " patriotes ", est la nouvelle porte de sortie adoptée par le pouvoir face aux revendications sociales. Sur ce plan, les Partis signataires de la présente déclaration invitent le Gouvernement à assumer plutôt pleinement ses responsabilités, en recherchant par le dialogue et la concertation, des solutions justes et durables aux préoccupations légitimes des travailleurs et des étudiants. Us rappellent que la préservation et la garantie absolue de la liberté dl : presse constituent des exigences incontournables de la démocratie. Elles ne sauraient être bafouées ou entravées. Il en va de même pour la promotion des nouveaux acteurs locaux à travers le processus de décentralisation. 6. De l’application intégrale des lois sur la décentralisation Les lois sur la décentralisation voulue par la Conférence nationale, ont été adoptées et publiées en 1999. Elles constituent le bréviaire des communes. Quant à la déconcentration administrative, l’article 8 de la loi portant organisation de l’administration territoriale de la République du Bénin, dispose que " les localités, chefs - lieux de départements sont déterminées par décret pris en Conseil des Ministres sur la base de critères bien précis ". Or à ce jour, ledit décret tarde à être pris, freinant de fait le rapprochement de l’Administration publique de l’administré et le développement d’une gouvernance locale de qualité. Il est donc impérieux qu’interviennent à brève échéance, la désignation des chefs-lieux des six (6) nouveaux départements et la nomination des préfets, afin que la démocratie à la base s’en trouve renforcée. Ce mouvement accompagnera ainsi la décentralisation qui confère de larges responsabilités aux collectivités locales. Il se trouve que, contraire- ment aux dispositions des lois relatives à la décentralisation et celles contenues dans la loi des finances votée par l’Assemblée Nationale, le Gouvernement confisque les ressources destinées aux communes, s’emploie à exécuter des travaux et à opérer des dépenses en lieu et place des Maires. Il en va ainsi pour la construction des salles de classe, l’entretien des infrastructures sanitaires d’arrondissement, l’aménagement des rues, la gestion de l’eau potable, etc. Ces handicaps à la mise en œuvre des programmes de développement communal doivent être courageusement enrayés. La substitution de compétence à laquelle se livre le Gouvernement en faisant parader ses membres dans les localités à des fins électoralistes, est une grave entorse à l’esprit et à la lettre des lois sur la décentralisation. En conséquence, le Gouvernement devrait tester de s’immiscer dans les domaines de compétence des collectivités territoriales, et prendre des mesures idoines qui assurent à celles-ci les moyens de leurs missions, de manière à favoriser, l’instauration d’une démocratie participative à la base, un développement local durable et une prospérité partagée, toutes choses qui s’accommodent mal de l’attitude de l’Exécutif en matière de compétence et d’intervention sur le terrain. La violence d’une opposition reconnue aurait pu limiter ces violations des lois si son statut adopté par la loi n° 2001-36 du 09 juillet 2002 et promulguée le 14 Octobre 2004 avait été rendu effectif par un décret d’application. 7. Du Statut de l’opposition L’opposition dans une démocratie est une nécessité vitale comme l’est le sang dans un corps humain. Au Bénin, cette évidence démocratique ne semble malheureusement pas être admise par tous, encore moins par les autorités gouvernementales. En effet, pour mieux consolider la démocratie béninoise et surtout asseoir dans notre pays des mœurs politiques de qualité, l’Assemblée Nationale a voté la loi portant statut de l’Opposition, loi reconnue conforme à la Constitution par la Cour Constitutionnelle et promulguée. Et, depuis sa promulgation le 14 Octobre 2004, cette loi n’a pas fait l’objet d’un décret d’application ce qui équivaut à lui refuser de produire effet. Malgré les nombreux rappels et interpellations, les Gouvernements successifs sont restés indifférents au sujet et n’ont manifesté aucun empressement à favoriser l’existence d’une vraie opposition, ayant des droits et des devoirs comme le veut la tradition démocratique dans le monde entier, et comme l’a si justement prescrit la loi béninoise en la matière. Aussi, les Partis politiques signataires de la présente déclaration interpellent-ils à nouveau le Gouvernement du changement pour qu’il adopte au plus tôt le décret attendu. Ils lancent un appel à tous les démocrates de notre pays, pour qu’ils restent vigilants et ne s’endorment pas sous l’effet des annonces répétées d’une publication imminente du décret d’application. Il sera alors possible avec partis politiques se réclamant de ce statut de jouer pleinement leur rôle de forces d’opposition, garantes d’une véritable démocratie pluraliste, dynamique et constructive. A toutes ces menaces qui pèsent sur notre système politique et plus particulièrement sur les poutres fondatrices de notre modèle démocratique, il faut ajouter les discours régionalistes, les revendications identitaires et communautaires qui mettent à mal l’unité de notre peuple et la cohésion de notre société. 8. Des menaces sur l’unité nationale et la cohésion sociale Depuis l’indépendance de notre pays, l’unité nationale et la cohésion sociale ont toujours été au cœur des préoccupations des régimes et des gouvernements successifs. Il Ces valeurs cardinales longtemps préservées sont aujourd’hui directement menacées. Le recours intempestif aux fils du terroir pour régler des problèmes d’intérêt national ou à caractère local, ainsi que les manifestations de remerciements tous azimuts à l’occasion des nominations aux postes de responsabilité ou à des fonctions ministérielles, sont de réelles entraves au raffermissement de l’unité nationale parce que faisant appel à des relents régionalistes, porteurs de germes de désagrégation du tissu social. De surcroît, certaines personnalités de l’Etat adoptent des comportements qui assurent la promotion du régionalisme, délivrent et cautionnent des messages en faveur de l’ethnocentrisme, encouragent l’usage de considération ethnique à des fins de promotion politique et sociale. Cette tendance à la désintégration se trouve malheureusement renforcée par le non respect de la laïcité de l’Etat. 9. Des menaces sur la laïcité de l’Etat En effet, l’Etat béninois est républicain et laïc. Cette prescription constitutionnelle souffre aujourd’hui de l’immixtion intempestive et de plus en plus flagrante du religieux dans les affaires de l’Etat, au travers d’individus et de groupes proches des milieux évangélistes, agissant au nom de la société civile ou du Chef de l’Etat. Il est d’une extrême urgence que le pouvoir d’Etat soit soustrait de toutes ces influences, qui ne peuvent que porter un coup sérieux à la coexistence pacifique des cultes et religions et par conséquent à la cohésion nationale. L’assainissement des finances publiques ainsi que la nécessaire bonne gouvernance du pays ont également mobilisé l’attention des partis signataires de la présente déclaration. II. BONNE GOUVERNANCE ET ASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES Les Partis signataires de la présente déclaration saluent et soutiennent les proclamations de principe du Gouvernement en faveur de la bonne gouvernance dans tous les domaines. Ils se déclarent prêts à s’engager dans toute action qui concourt à la réalisation de cet objectif dont dépend le développement réel et durable de notre pays. Il s’inquiètent néanmoins du modus operandi adopté par le Gouvernement sur le terrain de la lutte contre corruption et celui de la gestion des finances publiques. 10. De la lutte contre la corruption et l’impunité Dans ce domaine, il convient de noter que vouloir lutter contre la corruption et l’impunité, est un programme admirable auquel aucun Béninois responsable ne peut raisonnablement s’opposer. Mais à y regarder de près, il est aisé de s’apercevoir du caractère plutôt incantatoire de la lutte que le Gouvernement du changement mène contre la corruption et l’impunité. En l’occurrence, celle-ci relève plus d’une déclaration d’intention que d’un engagement réel susceptible d’être suivi d’actions concrètes, dépouillées de tout folklore populiste. N’en va-t-il pas ainsi des audits dépêchés dans de nombreuses administrations et entreprises publiques, notamment à la Société Béninoise d’Energie Electrique (SBEE) et ailleurs ? Le peuple béninois ne doit-il retenir que les tapages médiatiques et autres marches opportunistes : Ce qui est visible aujourd’hui en tout cas, c’est la lutte à géométrie variable contre la corruption et l’impunité que pratique le Gouvernement du changement. Il est loisible de le constater dans la gestion de bien des dossiers, relativement aux termes de référence de certaines missions d’inspection et à la suite réservée à des investigations. Sinon que dire des dossiers de la Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB), de la Loterie Nationale, du Conseil National des Chargeurs du Bénin (CNCB) ?etc. Les partis politiques signataires de la présente déclaration estiment qu’il s’agit d’un élément important pour le développement de notre pays dans lequel doit se manifester la rupture par rapport aux pratiques antérieures. De ce point’ de vue, ils Le commandent la mise en œuvre de mesures concrètes relatives à la prévention et à l’éradication de la corruption. 11. De la violation des principes et règles des finances publiques A l’issue de sa séance du jeudi 24 janvier 2008, le Conseil des Ministres a rendu publics le montant des recettes générées par l’escorte de véhicules d’occasion et l’utilisation qui en est faite. En comh1unitantsur le sujet, comme il1’a fait, le Gouvernement visait à mettre un terme au rumeurs sur l’existence de comptes occultes à tout contrôle budgétaire et violant de fait les règles élémentaire de gestion des fonds publics en République du Bénin. Le souci de transparence proclamé par le Gouvernement est certes louable, mais les explications qui viennent en appui à cette justification n’ont pas permis de clarifier les conditions, modalités et procédures de perception et d’utilisation de la totalité des ressources escomptées. A cet égard, les dépenses effectuées sur la part logée dans un compte spécial à la BCEAO, ne sont pas soumises, comme dans un Etat de droit, à l’autorisation préalable de la représentation nationale. Pire encore, les attributions discriminatoires et partisanes de ces ressources par les membres du Gouvernement, notamment dans l’opération d’allocation de micro crédits aux plus pauvres, violent le principe sacro saint de l’égalité des citoyens, quelles que soient leurs opinions politiques. Au-delà du principe de l’unicité de compte, de l’universalité et de la ... ! Non affectation des recettes de l’Etat, la gestion qui est faite des fonds générés par l’escorte douanière des véhicules d’occasion, ne repose 1 sur aucune base juridique. Il est donc souhaitable que le désir de transparence se concrétise par la publication de toutes les informations relatives à cette activité. Les légitimes suspicions seraient ainsi dissipées et l’utilisation des ressources publiques, comme des dons personnels prendrait fin. La gestion républicaine de l’Etat s’étendra aux ressources humaines pour une administration dépolitisée. 12. De la gestion des ressources humaines de l’Etat Au chapitre de la gestion des ressources humaines de l’Etat, les critères de compétence et de bonne moralité constituent le leitmotiv du Gouvernement du changement. Mais à la pratique, il est aisé de constater que ces critères, plutôt louables, ont été abandonnés au profit d’autres, inavoués, qui sont loin d’être administratifs ou techniques. La nécessité d’avoir une administration performante au service du développement national se trouve ainsi fondamentalement compromise. Les nominations à des fonctions techniques s’effectuent sur la base de considérations partisanes et régionalistes à un niveau jamais égalé dans notre pays. Cette politisation. Extrême de l’administration amoindrit son efficacité. De même, ans un contexte national ou a tenace devrait être a l’économie et à la rigueur, il est incompréhensible que le Gouvernement s’engage dans une politique de multiplication, à la Présidence de la République ainsi que dans les structures de l’Etat, de fonctions et postes politiques sans utilité avérée pour l’efficacité de l’action publique. Les Béninois notent aussi avec inquiétude, l’augmentation exponentielle du train de vie de l’Etat renforcée par la création de nouvelles institutions budgétivores telles que le Haut Conseil au Changement, l’Organe Présidentiel de Médiation, le Haut Commissariat à la Gouvernance Concertée, etc. Le coût excessif des nombreux voyages présidentiels, qui ne sont pas toujours opportuns et justifiés, constitue également un autre motif de préoccupation de nos compatriotes. En outre, l’utilisation des moyens de l’Etat (fonctionnaires en exercice, véhicules, dons) à des fins partisanes ne s’inscrit pas dans les bonnes intentions contenues dans la Charte adoptée par le Gouvernement. Durant ces vingt (20) derniers mois, la gestion des grands dossiers de l’Etat n’a pas non plus rassuré notre peuple sur l’efficacité de la méthode et des moyens de gouvernement.

III. GESTION DES GRANDS DOSSIERS DE L’ETAT Les inquiétudes enregistrées au sein de la population trouvent également leur fondement dans la manière dont les grands dossiers de l’Etat sont gérés. Le contraste entre la multiplicité des annonces et la prise de mesures qui améliorent réellement les conditions de vie des citoyens a fini par susciter des interrogations quant à la capacité du Gouvernement à bien conduire les affaires publiques. L’improvisation, la dispersion et l’instabilité des décisions sont devenues les méthodes courantes de gestion comme cela s’est manifesté à propos de la crise des GSM, de la privatisation de l’outil industriel de la SONAPRA et des mouvements qui ont secoue les secteurs de l’éducation et de la santé. Le cafouillage qui a caractérisé les décisions prises dans la crise des GSM a fragilisé l’image de notre pays sans rapporter les ressources attendues. Après avoir usé des mesures discrétionnaires et fait l’annonce de montants de redevances alléchants, le Gouvernement s’est trouvé dans l’obligation de négocier dans les conditions les plus défavorables. Il a ainsi accordé des exonérations excessives qui font aujourd’hui le bonheur de certains opérateurs. Le bilan financier de ce réajustement n’est pas en faveur du Trésor Public qui a ainsi fait des cadeaux à des privés dans ces conditions de grande confusion. Les usagers et tous les opérateurs économiques ont eux aussi supporté des préjudices qui portent sur des montants importants, même s’il est difficile de l’évaluer avec précision. Somme toute, la conduite improvisée de cette crise aura porté un coup à la réputation de notre pays, à notre capacité à conduire des négociations qui attirent les investisseurs étrangers et nationaux. Ces derniers ont en outre été ébranle:s par la manière dont a été conduit le dossier de la SONAPRA. Les milliards de ressources provenant du Budget National n’ont déjà pas donné les résultats attendus. Engagés dans la précipitation, ils n’ont pas permis d’apaiser les producteurs et les autres acteurs de la filière. Il suffit de rappeler les cafouillages observés au niveau de l’achat des intrants ponctués par des conférences de presse de membres du Gouvernement aussitôt désavoués par le Chef de l’Etat. Il suffit de rappeler les communiqués du Conseil des ministres sur la privatisation des usines de la SONAPRA et la création de la SODECO, suivis quelques jours plus tard par un désaveu du même Gouvernement. C’est ce même cafouillage qui caractérise la gestion des mouvements sociaux dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Les promesses non tenues et les démarches inopportunes sur le terrain ont compliqué la situation, La perturbation de ces services vitaux a ainsi duré anormalement faut d’une programmation des actions en relation avec les responsables syndicat. Aussi les Partis signataires de la présente déclaration souhaitent-ils que le Gouvernement prenne dès à présent les mesures nécessaires qu respect des engagements pris, afin d’éviter le renouvellement de grèves dont leurs premières victimes sont les populations les plus déshéritées de notre pays GSM a fragilisé l’image de notre pays sans rapporter les ressources attendues. Après avoir usé des mesures discrétionnaires et fait l’annonce de montants de redevances alléchants, le Gouvernement s’est trouvé dans l’obligation de négocier dans les conditions les plus défavorables. Il a ainsi accordé des exonérations excessives qui font aujourd’hui le bonheur de certains opérateurs. Le bilan financier de ce réajustement n’est pas en faveur du Trésor Public qui a ainsi fait des cadeaux à des privés dans ces conditions de grande confusion. Les usagers et tous les opérateurs économiques ont eux aussi supporté des préjudices qui portent sur des montants importants, même s’il est difficile de l’évaluer avec précision. Somme toute, la conduite improvisée de cette crise aura porté un coup à la réputation de notre pays, à notre capacité à conduire des négociations qui attirent les investisseurs étrangers et natIonaux. Ces derniers ont en outre été ébranlés par la manière dont a été conduit le dossier de la SONAPRA. Les milliards de ressources provenant du Budget National n’ont déjà pas donné les résultats attendus. Engagés dans la précipitation, ils n’ont pas permis d’apaiser les producteurs et les autres acteurs de la filière. Il suffit de rappeler les cafouillages observés au niveau de l’achat des intrants ponctués par des conférences de presse de membres du Gouvernement aussitôt désavoués par le Chef de l’Etat. Il suffit de rappeler les communiqués du Conseil des ministres sur la privatisation des usines de la SONAPRA et la création de la SODECO, suivis quelques jours plus tard par un désaveu du même Gouvernement. C’est ce même cafouillage qui caractérise la gestion des mouvements sociaux dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Les promesses non tenues et les démarches inopportunes sur le terrain ont compliqué la situation. La perturbation de ces services vitaux a ainsi duré anormalement faute d’une programmation des actions en relation avec les responsables syndicat. Aussi les Partis signataires de la présente déclaration souhaitent-ils que le gouvernement prenne dès à présent les mesures nécessaires au respect des engagements pris, afin d’éviter Je renouvellement de grèves dont la premières victimes sont les populations les plus déshéritées de notre pays.

CONCLUSION Notre pays traverse un moment difficile et le Gouvernement est invité à prendre la juste mesure de l’ambiance générale malsaine ainsi que de la morosité qui’ y prévalent. Il lui faut y trouver des solutions conséquentes et durables, car toute propension à l’aveuglement, à l’autosatisfaction injustifiée, à la démagogie et au populisme érigés en méthode de gestion, pourrait entraîner des remises en cause fondamentales du processus démocratique si cher au peuple béninois. . Les formations politiques signataires de la pré : ;ente déclaration osent croire que le pouvoir actuel prendra en considération ces quelques préoccupations largement partagées par l’opinion publique nationale pour redonner espoir à notre peuple et à sa jeunesse dans ce contexte de vie chère et de grande difficulté sociale. Enfin, elles lancent un vibrant appel à toutes les forces politiques, à l’ensemble des acteurs de la vie publique, à tous les démocrates ainsi qu’à toutes les organisations de la vie sociale de notre commune patrie, pour qu’ils se mobilisent, s’engagent draps la réflexion et dans des actions pertinentes, en vue de contribuer effectivement aux efforts nécessaires pour consolidation de la démocratie, la sauvegarde de la paix sociale, la préservation de l’unité et de la cohésion nationales. Vive la Démocratie ! Vive l’Etat de droit ! Vive le BENIN ! Fait à Cotonou, le Mercredi 12 mars 2008

Ont signé

Pour la RB Pour le PSD Nicéphore Soglo Bruno Amoussou

Pour le MADEP Pour le PRD Antoine Idji Kolawolé Adrien Houngbédji



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Tag(s) : #EDITORIAL
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