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Anneau sur le cœur

 

13 mars 2009 - LA CROIX DU BENIN

 

Plus les années avancent, plus le besoin de profondeur dans les discours sur Mgr isidore de Souza se fait ressentir. Et cela, non seulement en ce qu’il est, mais aussi à propos des relations que le Bénin nourrit envers lui. Les témoignages et les commentaires qu’inspirent sa vie et ses actions ne prouvent pas seulement à quel point le prélat est aimé et admiré même 10 ans après son rappel à Dieu. Cela prouve aussi que, allant au-delà du fait d’être en accord ou en désaccord avec quelqu’un comme lui, un peuple critique comme le Bénin peut, dans la durée, trouver des raisons de considérer certains de ses citoyens comme des modèles. Cela prouve d’autre part que les Béninois peuvent apprendre à accepter des autorités ou leaders qui, comme Mgr, ne les caressent pas seulement dans le sens du poil de leurs travers. Car, s’il est indéniable que Mgr de Souza s’est laissé consumer pour et par l’Eglise de Jésus-Christ, par une vie de dialogue et par une mission de développement, on sait que les choses n’ont pas toujours été faciles pour lui et qu’il n’a pas toujours été compris.


Des Béninois, et même des prêtres, vous diront volontiers qu’ils n’ont pas toujours été d’accord avec Mgr de Souza. Pourtant, la plupart ont pour lui une admiration profonde. Et sa popularité ne souffre pas encore de l’épreuve du temps et de l’oubli, même si 10 ans sont relatifs dans la vie d’une nation. La personnalité du prélat et sa relation avec le peuple pour lequel il a donné sa vie sont tellement riches que sa figure ne se prête pas à une hagiographie facile et superficiellement encenseuse. Dans une perspective lucide, critique et même méditative, il y aurait beaucoup à découvrir en analysant la relation entre Mgr de Souza et son Eglise ou son peuple béninois, de son vivant et après sa mort, à travers les ombres et les lumières. Il y a sûrement ici plus que le discours ne peut saisir.


Invitant à aller au-delà du discours, je propose que pour méditer sur Mgr de Souza et sa relation avec le peuple de Dieu et le peuple béninois, nous prenions le temps de contempler la photo de la manchette affichant la main droite du prélat portant l’anneau posé sur sa poitrine et contre son cœur… Et que son regard dise le reste aux cœurs. 

 

 

Abbé André S. Quenum

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Tag(s) : #EDITORIAL
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