La météo du roi Boni 1er
lundi 16 mars 2009, par
Il voulait booster l’agriculture, c’est la pluviométrie qui prend un coup d’accélérateur. Félicité et bénédiction garanties au monde paysans au détour de la tournée de lancement de la pré campagne 2011. Une tornade au démarrage à Allada le mercredi 11 mars 2009 suivi d’un orage à Sèmè-Kpodji trois jours plus tard. Tournée présidentielle subitement décrétée au lendemain d’une escapade dans l’antre du mysticisme en Inde. De quoi alimenter les fantasmes à fleur de peau au pays du vaudou. Après une série noire de la filière coton, le régime avait grand besoin d’un miracle afin que le docteur-président puisse redorer son blason écorné de développeur. Apparemment, les émergents ont eu la main heureuse à New Delhi puisqu’il arrive à traîner avec eux la pluie partout où passe la caravane de pré campagne.
Désormais, l’équipe de météo de mon ami Steve Facia peut se contenter du programme du chef de l’Etat afin de meubler les éditions de prévision climatique sur la télévision nationale. pourvu que la croisade se base sur une programmation rigoureusement, et que la colonne de rempilage n’ait été lancée à l’assaut des greniers électoraux sur une simple crise émotionnelle. Ce n’est pas la première fois que la Marina donne priorité à l’épiderme plutôt qu’aux neurones. Quelques semaines avant, le chef de l’Etat et une forte délégation était déjà, à Sèmè-Kpodji ; un conglomérat de ministres, députés et directeurs généraux des sociétés d’Etat estampillés Fcbe avaient été vu à Djougou et environs ; 7 ministres avaient pris le chemin de Zakpota pour recueillir les « doléances des populations ». Tout cela n’a pas empêché qu’une tournée nationale reprenne les mêmes itinéraires, au risque de tourner en rond. La bougeotte semble avoir pris le dessus face aux incursions répétées des coalisés d’Abomey-Bohicon et à la mayonnaise Bio Tchané qui s’installe progressivement dans le jeu politique national.
Le quartier latin de l’Afrique, avec à sa tête un docteur en économie de développement, s’apprête à vivre une des présidentielles les plus pauvres en intellectualisme. Alors que le monde s’interroge sur l’avenir de la finance internationale, le Bénin de Yayi vit au rythme des marches de soutien, des meetings de remerciement, des séances de prêches animés par le directeur de cabinet du chef de l’Etat et la longue marche pré électoraliste du docteur-président. Chroniqueurs et autres commentateurs du jeu politique en sont réduits à se nourrir de caricatures et d’anecdotes. Le péril de la diminution de l’aide au développement apparaît comme un débat hors de portée des émergents. Il n’y a que les excitations autour de la réélection qui emportent l’adhésion générale au point où toute l’administration s’en trouve paralysée et aux ordres.
On ne contera à aucun Béninois le sort réservé à l’agriculture qui sert à présent de prétexte au régime du Changement. Les cotonculteurs avaient cru à leur bonne heure lorsqu’en 2006, le docteur-président a débarqué dans les champs au lendemain de son installation à la Marina avec des caisses contenant plusieurs milliards de Cfa. Au sortir de la ballade en hélicoptère, les cartes d’adhésion Fcbe ont remplacé les feuilles de cotonnier emportées par les conséquences d’une mauvaise distribution des intrants. la politisation électoraliste de l’attribution et de l’exécution des marchés est passée par là. Ne parlons pas de la procédure de privatisation de la Société nationale de promotion agricole (Sonapra) qui a donné lieu à une pitrerie gouvernementale à fort relent régionaliste. Des machines agricoles plus quelques gouttes de pluie font la puissance agricole selon la méthode Yayi.
Du miracle indou tout simplement….
Arimi CHOUBADE
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)