AFFRONTEMENTS SANGLANTS ET MORTELS DIMANCHE DERNIER A LA CITE KPASSE
Comment l’affaire de la « clé de Ouidah » conduit à la mort
24 mars 2009 - FRATERNITE
par Chimelle GANDONOU, Adrien TCHOMAKOU, Wendy KEDOTE
Un mort et un blessé grave. C’est le bilan de l’affrontement entre deux groupes de dignitaires du culte vodoun de Daagbo Hounon le 22 mars 2009. Les partisans de Daagbo Hounon Mêtogbokandji Tomadjrê Houkpon et ceux de Daagbo Hounnon Houna II ont semé de véritables troubles à Ouidah, aux yeux et à la barbe de certains sages devenus impuissants face à la situation. A l’aide d’armes blanches en l’occurrence des couteaux, ils se sont sérieusement poignardés, faisant ainsi un mort, l’un des fils du dignitaire Daagbo Hounon Houna II. Les partisans de ces hauts dignitaires ont, en effet, mis la ville touristique de Ouidah à sang pour une raison ou pour une autre. Tout serait parti d’une simple dispute qui a dégénéré avant-hier. Le paradoxe est que les belligérants sont tous de la famille Hounon de la ville de Ouidah. Au cours de leurs actes de vandalisme, le domicile du sieur Robert Hounon, a été complètement saccagé. Alertée, la police nationale a aussitôt ouvert une enquête et l’un des auteurs de ce crime odieux est arrêté puis gardé à vue au commissariat de Ouidah. Selon le père du défunt, c’est le début d’un feuilleton. Toutefois, il appelle les uns et les autres à enterrer la hache de guerre. Le préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral, Jules Honorat Hessou a effectué une descente sur les lieux du drame pour calmer les esprits. Et au ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Armand Zinzindohoué de mettre en garde les citoyens...
"L’affaire de Clé de Ouidah" donne la mort
La clé de Ouidah remise à Boni Yayi il y a quelques semaines serait l’une des causes de l’affrontement meurtrier intervenu le 22 mars 2009 entre les partisans de Daagbo Hounon Mêtogbokandji Tomadjrê Houkpon et Daagbo Hounnon Houna II. Car, des propos de ce dernier à son domicile hier, il ressort que ses partisans ont mal digéré le compte rendu qui leur a été fait de la sortie médiatique du maire Séverin Adjovi à propos de la clé de Ouidah remise au premier magistrat de notre pays. S’il est vrai que les partisans de Daagbo Hounon Mêtogbokandji Tomadjrê Houkpon sont du parti G13 et ceux de Daagbo Hounnon Houna II sont de Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), il est évident que les uns ne digèrent pas les actes posés par les autres. En effet, selon les propos du père du défunt, Daagbo Hounnon Houna II ses partisans sont accusés à tort pour avoir été reçus par le chef de l’Etat. Certaines personnes lui auraient dit que c’est parce qu’il a faim qu’il aurait remis la clé de Ouidah au père de la nation. "On est venu me dire que c’est à cause de mon ventre que j’ai remis la clé de Ouidah à Boni Yayi", a déclaré le dignitaire Daagbo Hounnon Houna II qui se bat des pieds et des mains pour ramener le calme dans sa famille. "Séverin Adjovi m’a invité, mais comme je ne fais pas la politique, je ne suis pas allé", a-t-il ajouté. Plusieurs questions méritent d’être posées : Le président Boni Yayi ne devrait-il pas recevoir la clé que des populations de Ouidah lui ont tendue en présence d’un conseiller du maire Séverin Adjovi ? Qui a commandité l’audience à eux accordée par Boni Yayi au moment où le maire de Ouidah est en mission de trois semaines à l’extérieur du Bénin ? La sortie médiatique du maire Séverin Adjovi était-elle opportune ? Qu’est-ce qui explique clairement la division entre ses dignitaires depuis la mort de Daagbo Hounon ? En clair, voici où la clé remise à Boni Yayi qualifiée de clé photocopiée par des membres du G13 de la commune de Ouidah nous amène.
La situation est grave
« Nous avons appris comme d’autres, un peu au-delà de 19 h 30mn qu’il y avait un affrontement entre les familles Hounon, plus précisément entre Daagbo Hounon et son cousin Robert Hounon qui s’était fait introniser par le roi d’Allada, il y a de cela quelques mois. C’est donc une tension qui existait depuis l’intronisation de ce dernier par le roi d’Allada parce que selon les coutumes, il n’est pas normal qu’il y ait deux Daagbo sur le même trône. Le samedi, nous avons organisé un meeting de restitution suite au voyage du maire dans les pays d’Asie et d’Europe. Il paraîtrait que la présence de Robert Hounon n’ait pas plu à l’autre entité. Et hier, entre les deux camps, les sympathisants de Daagbo Hounon et de Hounon Robert ont commencé par s’insulter et les choses ont tourné au vinaigre. C’est ainsi que dans cet affrontement, il y a eu mort d’homme et des blessés graves. La situation est grave. Quand j’ai eu l’information, j’ai demandé à nos unités de sécurité à travers le chef de brigade de Ouidah et le commissaire de police de Ouidah de prendre les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité sur les lieux. Ce qui a été fait. Et ce matin, nous nous sommes retrouvés en comité de crise, le 1er adjoint, quelques responsables du cabinet et le chef brigade de Ouidah pour faire le point. Il a semblé que vers les environs de 10 h, il y a eu des attroupements à Sogbadji dans la zone de Daagbo Hounon, ce qui a nécessité un renfort des forces de sécurité sur les lieux ».
C’est un affrontement entre deux rivaux
« J’ai officiellement été saisi par coup de fil par le 2ème adjoint de la situation selon laquelle, il y a eu affrontement entre les deux rivaux, Dagbo Hounon et son cousin Hounon Robert. Cet affrontement s’est soldé par un mort et un blessé. Le mort répond au nom de Romulus Hounon, fils de Daagbo Hounon et le blessé grave, c’est Bernadin Dansou. Nous avons quadrillé la zone parce que des menaces pèsent, comme quoi il y aura représailles, des enlèvements d’où nous avons jeté notre dispositif sur le terrain. Vers 2 heures, la police a envoyé des éléments pour nous renforcer. On a constaté aujourd’hui que les sympathisants du défunt ont organisé des représailles, ils sont en train de saccager la maison de Robert, son lieu de culte. Nous avons rendu compte au procureur et à nos chefs hiérarchiques. »
Le meurtrier arrêté
« Il y a une partie des frères de Daagbo Hounon qui est au commissariat depuis hier. Ils sont au nombre de 6 ou 7 individus parce qu’ils sont persécutés. Lors de nos patrouilles hier, on a constaté qu’ils ont saccagé le domicile de Robert Hounon. Celui qui est blessé et qui selon les informations aurait poignardé celui qui est décédé est encore à l’hôpital. On a mis des gardes là. Dès qu’il va se retrouver pour parler, nous allons l’auditionner. »
Chimelle GANDONOU, Adrien TCHOMAKOU, Wendy KEDOTE
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