| Rachidi Gbadamassi, le bluff du siècle… |
Gbadamassi redevenu un « yayiste », fervent ? Et il se trouve des gourous de la Marina pour applaudir à tout rompre cette saugrenuité.
Comme s’il suffisait qu’un seul député fut-il du G13 annonce son ralliement pour que le désir de rempiler devienne une réalité. Pour que les émergents en soient réduits à considérer un divorce de Gbadamassi d’avec ses anciens amis comme un geste salvateur, c’est que le désespoir a atteint des niveaux insoupçonnés au royaume du roi Boni 1er. Les gens en sont presque à passer par pertes et profits les grands spectacles de mises à nu du grand patron de l’émergence par ce même franc tireur que l’on dit nouvellement converti aux vertus du Changement. Un des fidèles lecteurs de Nokoué me faisait remarquer que l’affaire de la démission de Gbadamassi et de son ralliement à la mouvance Yayi s’apparente à l’annonce que les chroniques de Arimi Choubadé seraient commanditées par les services de propagande du régime lui-même ; du bluff grandeur nature.
Un confrère très perspicace me rappelait le degré d’activisme anti-Yayi atteint par Rachidi Gbadamassi les derniers jours avant son coup de tonnerre. Il a dénombré plus d’une dizaine de diatribe contre le gouvernement sur sa radio fétiche, Océan Fm, en l’espace d’un mois. Le répertoire sémantique utilisé à l’occasion a fini de mettre en lambeau tout le prestige dont s’affublait les princes du Changement au début du mandat. Le taureau de Parakou a habitué ses fans à des câlins anti-régime d’une nocivité exceptionnelle. Morceaux choisis au hasard : « adolescents politiques », « indiscipline budgétaire ». On se souvient de la colère de l’ancien maire de Parakou en direct sur Océan Fm sur la subite fortune d’un certain Yayi Boni. Allusion aux largesses passées en boucle sur les chaînes de télévision lors de visites de mosquées, de temples et d’églises par le chef de l’Etat. Personne n’a encore oublié l’épisode de la poignée de mains manquée au palais de la présidence sous le regard ahuri du grand parrain, Mathieu Kérékou.
Après l’engagement sur l’honneur, sur les ondes de ne rien attendre de Yayi, on peut être sûr que l’option de se joindre au pouvoir par le désormais transfuge du G13 n’a rien d’idéologique. Les porteurs de valises et autres signataires de chèques auraient été mis à contribution. Bien que les acheteurs présumés soient convaincus de l’inutilité de la manœuvre.
D’abord le seul départ ne permet pas de constituer une majorité confortable. Il va falloir casser à nouveau la tirelire afin de susciter des transfuges putatifs. A condition de contenir ce qui fait office de panier à moutons pour le régime à savoir la barque Fcbe du parlement. En effet, au change, un député des « G » et « F » vaut dix fois un élu Fcbe, voire plus, aux yeux des fins limiers de la présidence de la République. Surtout s’il faut raisonner par l’espèce sonnante et trébuchante.
C’est Rachidi Gbadamassi qui doit ricaner après cette entourloupe posée aux émergents. Les voilà en possession d’un gibier incomestible. Lui le mal aimé, interdit de manifester par le préfet de l’Alibori-Borgou, le criminel présumé, devra désormais faire le bonheur de celui contre qui il a déjà sorti son bâton de pèlerin, en compagnie de son compère Issa Salifou. Il va falloir faire le chemin inverse et dire aux populations que l’autre banquier qui aurait la crainte de Dieu et qui viendrait remplacer Yayi Boni en 2011, si Allah le veut, n’est que chimère. Curieux également de savoir ce qu’il en pense cet ancien argentier national qui ne se contente pas seulement de remplacer le docteur-président à la tête de la Banque ouest africaine de développement.
Vivez assez longtemps chers amis afin de pouvoir voir les choses et leurs contraires !
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)