| Lignes Ennemies
|
| ||
| | |||
| Honneur aux voyous « On imagine mal la somme de catastrophes
Du président de la République, nous n’attendions plus qu’il fasse des miracles. Mais nous étions en droit d’espérer qu’il assure le minimum, la fonction présidentielle, qui exige un peu de tenue. Le limogeage-reconduction de certains ministres, le retour de certains ministres-conseillers sont malheureusement la preuve qu’Abdoulaye Wade n’est pas prêt à s’abandonner à sa fonction. Son Premier ministre forme son gouvernement, il s’emploie à le corriger publiquement. Les membres du gouvernement sont nommés, il les reçoit à la présidence de la République pour leur apprendre les rudiments d’un métier qu’il ne connait même pas. La principale caractéristique de cet esprit indigent, c’est qu’il n’est pas capable de s’élever au-dessus de l’anecdotique. Il est toujours le seul qui monte la charge, le seul qui la descend, assuré que tous ceux qui ne sont pas capables de comprendre son génie réformateur sont des minables. En dépit de tous les signaux de désapprobation, il pense toujours qu’il est le seul à avoir raison. Quand il se découvre en contradiction avec lui-même, il ne se dédit pas. Il change d’avis. Dieu se peut-il jamais dédire ?
Il était un homme de l’avenir, il a incarné le passé. Il est devenu un homme du passé et son avenir l’obsède. Voilà Abdoulaye Wade tout craché. Tout son art se résume à vouloir laisser la place à ceux qui, demain, pourront le mieux garder le secret sur ses crimes abominables. Il veut obtenir le silence pour son futur cadavre. Mais de là à faire la promotion de la lâcheté comme il vient de le faire avec la nomination de Sitor Ndour comme porte-parole, quel roulé monumental ! Le chef de l’Etat avait entrepris la même manœuvre quand il a voulu liquider Idrissa Seck, jusqu’à nommer un inconnu sans instruction au poste de président de Conseil d’administration. L’on connait le résultat tant attendu. Il fera la même chose puisqu’après Sitor Ndour, Me Alioune Badara Cissé est sa nouvelle cible. Il n’arrêtera pas tant qu’il n’aura pas fait le vide total autour de Macky Sall, quel qu’en soit le prix… gouvernemental. S’il se livre à ce tâtonnement sans fin, c’est que pour une fois, Adjibou Soumaré a refusé de lui laisser l’initiative. L’ancien Premier ministre a refusé d’attendre jusqu’à la nomination d’un vice-président en s’entendant traiter tous les jours de « poisseux ». Il a forcé Abdoulaye Wade à le remercier, quitte à « remanier » tous les jours, jusqu’à la disparition finale de l’actuel Premier ministre. Il y a sans doute, à côté de ce lourd passif, quelques motifs de satisfaction. Le savant bâtisseur nous a gratifiés de quelques réalisations qui, selon ses dires, survivront à la postérité. Mais la réalisation d’une unité électrique de sept milliards ne nous fait pas oublier que depuis 2001, les Sénégalais ont payé plus de 600 milliards de francs Cfa d’impôts supplémentaires par an sans en connaître la destination. Tout un chacun s’en va, répétant que le président de la République a droit à l’erreur. Oui, mais on ne peut pas habiter dans l’erreur et mourir dans l’erreur. Les bailleurs de fonds ont demandé la dissolution des agences nationales, son esprit industrieux les transforme en ministères. L’Anoci devient ministère de la Coopération internationale, des infrastructures, des Transports aériens et de l’aménagement du territoire. Le Festival mondial des arts nègres se retrouve ainsi érigé au rang de département ministériel, comme l’ont déjà été la Case des touts petits, les Bassins de rétention et les Lacs. Ils lui disent que le Sénat n’a pas sa raison d’être et qu’il devrait disparaître, il le transforme en Conseil économique et social.
|
Seneweb.com - Copyright © 1999 - 2008 Seneweb.com, Tous droits réservés.
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)

