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BAISSE DES RECETTES DOUANIERES: Et si Hippolyte DJEGOU disait la vérité à Boni YAYI !

 

11 mai, 2009 | Par lautrefrat 


On se demande ce qui a pu amener le directeur général des douanes et droits indirects à ne pas dire toute la vérité au chef de l’Etat. Réunis au Palais de la Marina en début de semaine dernière, les disciple de Saint Mathieu avec à leur tête leur directeur général et leur ministre de tutelle pour aborder les problèmes qui minent leur corporation, Hippolyte DJEGOU a sciemment occulté les vraies causes de la baisse des recettes de son administration.

 

Après une série de révélations faites sur la manière dont la douane fonctionne et qui pénalise les usagers du port de Cotonou, le chef de l’Etat a tapé du poing sur la table et laisser la police financière poursuivre ses investigations quant aux « saletés » découvertes et dénoncées. Le désormais ancien chef dépôt, le colonel Adam BAWA est sous les verrous et son autre « camarade » de malversations, Françis KAKAÏ GLELE limogé dans les mêmes conditions, attend d’être éventuellement écouté. Mais Boni YAYI a voulu en savoir davantage sur les causes réelles qui entravent tous les efforts du gouvernement en ce qui concerne la maîtrise des recettes au cordon douanier. Mais à l’étonnement de tous, les douaniers et leur ministre de tutelle, Soulé Mana LAWANI, ont simplement driblé Boni YAYI qu’ils ont abreuvé de semi vérités.

 

Les Causes évoquées par DJEGOU

 

 

Certes, il y a des causes exogènes comme des causes endogènes. Selon Hippolyte DJEGOU, non contredit par Soulé Mana LAWANI son ministre de tutelle, ce sont surtout les exonérations accompagnées des crises financières mondiales qui ont provoqué la baisse des recettes douanières. En parlant de causes endogènes, le directeur met un accent particulier sur les exonérations surtout dans la lutte contre la vie chère et les chantiers de la CEN SAD. Beaucoup d’opérateurs économiques ont bénéficié de facilités qui leur ont permis de constituer des stocks impressionnants. Cela est vrai. A première vue, on pourrait facilement s’arrêter à un tel raisonnement lorsqu’on sait que le gouvernement avait effectivement accordé des exonérations à une bonne brochette d’opérateurs économiques afin d’accélérer les chantiers de la CEN SAD et d’alléger le panier de la ménagère.

 

Cependant, il convient de relever que Hippolyte DJEGOU qui a de la suite dans les idées, devrait également exposer à combien sont estimées aujourd’hui ces exonérations sur l’ensemble des chantiers inaugurés à cette occasion. Normalement, juste à la fin des travaux de chaque opérateur immobilier, une évaluation devrait intervenir immédiatement, donc ce serait au cas par cas afin d’éviter toutes supputations et confusions. Mais pendant que le peuple attend cette information, il découvre subitement que certaines villas, érigées grâce à ces exonérations, sont pour la plupart occupées sans que l’opinion ne soit plus informée sur le montant réel des exonérations. Des rumeurs les plus folles circulent actuellement sur des transactions liées à ces villas. Qu’en pensent les autorités du ministère des finances ? Pour le moment rien. Ensuite, il y a l’allègement du panier de la ménagère. Là encore tout le monde attend avec impatience dans quelles conditions des crédits d’impôts furent accordés car mêmes à l’administration des impôts, l’unanimité n’est toujours pas faite sur la manière dont ce dossier fut conduit.

 

 Des crédits d’impôts furent accordés abusivement, disent certains. Toutefois, l’analyse sur les causes des baisses de recettes douanières doit aller au-delà de cette appréciation un peu trop simpliste des douaniers.

 

 

Les Vraies causes sont ailleurs, Monsieur le Président !

 

Dans un document officiel connu des spécialistes, les douaniers eux-mêmes ont écrit qu’au mois de mars 2009, l’administration douanière a enregistré un déficit global de 9 915 880 570 f CFA sur le premier trimestre de l’année en cours. Mais dans le même temps, la direction générale des douanes et droits indirects affiche un silence total sur presque tous les dossiers de malversations commises à la douane et dans lesquelles des fonctionnaires de cette administration ont posé des actes suspects. Il s’agit notamment de cette affaire de Corned Beef dans laquelle est citée une entreprise (SADELCOM LOGISTIQUES SA.) dont le directeur continue de se comporter comme si rien n’a été commis contre les intérêts du trésor public.

 

Dans l’affaire dite de Corned Beef, le trésor public a perdu des centaines de millions à cause des énormes manque à gagner et pourtant Hippolyte DJEGOU ne trouve pas opportun de vite régler ce dossier malgré l’arrestation en début d’année de deux autres camions chargés et conduits dans les propres locaux de la douane (la cour de la DLCF). Il s’agit des véhicules à immatriculation togolaise TG 6788 AC et TG 7196 chargés de cartons de Corned Beef en consommation mais déclarés en transit sur le Nigéria ! Pourtant ces deux véhicules portent des quittances établies à Hilla Condji estimant que les deux camions transportent des cartons de Beurre de Margarine.

 

Au dépôt douane, il a fallu d’abord le limogeage injuste et cruel du colonel Prosper EZIN qui a découvert les magouilles de ses pairs pour que l’opinion ne soit mise en alerte y compris le chef de l’Etat. Où était Hippolyte DJEGOU et Soulé Mana LAWANI ? Mais malgré cette situation très grave, le vol avait continué au dépôt parce que beaucoup d’intérêts sont en jeu. Des marchandises d’autrui sont illégalement saisies par de hauts cadres de cette administration qui les revendent par la suite à des amis ou à des parents, dans une rare opacité. Depuis que cette affaire de malversations a été mise au grand jour, l’administration douanière n’a pas encore jugé utile d’apaiser les opérateurs économiques alors que le port de Cotonou est celui naturel des opérateurs économiques des pays de l’hinterland. Ceux-ci ont actuellement la peur au ventre car ils ont découvert que la douane béninoise n’est plus corrompue ; elle est devenue un milieu où se pratique le gangstérisme économique à l’état pur. Un opérateur économique nigérian pleure toujours le bradage de son riz qui fut saisi et cédé à petits prix à des commerçants proches des douaniers. Comment ces importateurs étrangers (nigériens, burkinabé, nigérians voire tchadiens) viendront-ils encore à Cotonou le cœur tranquille ? C’est l’une des équations à résoudre.

 

Au lieu de parler de détournement de trafic, Hippolyte DJEGOU aurait pu expliquer à Boni YAYI si les camions qui franchissent la frontière de Hilla Condji transportent la quantité exacte comme le stipulent leurs déclarations. A ce sujet, il convient de rappeler que ce n’est plus un secret que grâce à la complicité des douaniers deux conteneurs ou plusieurs sont régulièrement chargés sur un seul camion tandis qu’on déclare un seul conteneur. Dans ces conditions c’est toujours à la baisse de recettes qu’on doit nécessairement assister. Qu’en pense toujours le ministère des finances et la direction générale des douanes ? Pour l’instant, rien. Les causes endogènes à elles seules sont apparemment plus néfastes pour le trésor public béninois que les causes exogènes qui sont aléatoires.

A suivre

 

Arthur SETONDJI



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Tag(s) : #EDITORIAL
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