ASSAINISSEMENT DE NOS ENTREPRISES PUBLIQUES : Bientôt 100 agents remerciés au CNCB !
(Ils ont déjà « saisi » leurs parrains politiques)
D’ici à quelques jours, à moins d’un grand changement de cap, plusieurs agents sous contrat avec le Conseil National des Chargeurs du Bénin vont devoir réapprendre à rédiger leurs curriculum vitae car ils seront appelés à rechercher un nouvel emploi. La décision est prise et apparemment la direction générale du CNCB veut faire un grand ménage au sein de son personnel contractuel.
Depuis quelques jours, la panique s’est installée au sein d’une catégorie du personnel qu’utilise le conseil national des chargeurs du Bénin et pour cause. Dès le 03 juin puis le 13juin de cette année, c’est-à-dire dans quelques petits jours, il y aura une vague de licenciements afin d’assainir le personnel contractuel devenu objet de toutes les polémiques. En effet, la direction générale du CNCB, appuyée par le comité des directeurs dudit conseil, a pris la décision de redonner au CNCB ses lettres de noblesse et surtout de donner satisfaction aux différents corps de bénéficiaires des prestations du CNCB, surtout les transitaires qui n’ont pas hésité à prendre d’assaut le siège du CNCB afin de se plaindre des actes de rançonnements dont ils sont quotidiennement victimes de la part de certains agents dudit conseil. Pour corroborer leurs argumentations, la plupart des plaignants évoquent le train de vie de ces agents occasionnels qui sont devenus, en très peu de temps, propriétaires de maisons ou rapidement acquéreurs de véhicules de bon standing.
Mieux, des cadres du CNCB, non reconnus par leurs subalternes, avouent avoir failli être victimes de rançonnement par des agents du CNCB lors d’opérations d’enlèvement de leur propre véhicule au port autonome de Cotonou. Pour le comité des directeurs, il n’est plus question de redonner une nouvelle opportunité à des délinquants primaires de mettre à mal la réputation de leur « maison ». En réalité, le CNCB est une véritable pépinière de corruption et les occasionnels semblent ne pas vouloir se laisser faire. Pour la plupart d’entre eux, il sera difficile pour l’actuelle direction générale, soutenue par le comité des directeurs, d’aller au bout de ce projet.
Claude OLORY TOGBE peut-elle arrêter la saignée ?
Les prochains « retraités » de CNCB affirment sans ambages que le problème de corruption dont on les accuse n’est qu’un faible prétexte car si on devait parler de corruption il n’y aurait plus de personnel qualifié au sein de l’entreprise. Pour ces derniers, la corruption est comme un serment que prêtent quasiment tout le monde au sein de cette entreprise dont la réputation en cette matière n’est, effectivement, plus à démontrer. Depuis plusieurs années, la gestion du CNCB est sujet à controverses et à ce jour aucun gouvernement depuis bientôt une décennie n’affiche réellement l’intention d’assainir les finances du conseil. On a assisté ou expérimenté déjà au CNCB toutes les formes (les plus perverses) d’actes constitutifs de délits financiers graves et on peine à croire que les différents corps de contrôle fonctionnent encore sous l’ère du renouveau démocratique. Seul espoir pour les puristes : Claude OLORY TOGBE. En dehors de Marcel ALAPINI (et accessoirement du vrai fondateur du CNCB qu’est Innocent Pascal GANDAHO), c’est la première qu’un autre cadre maison prend les rennes du pouvoir et beaucoup pensent qu’un éventuel échec de Claude OLORY TOGBE sera assez lourd de conséquences puisqu’elle s’est retrouvée comme chez elle et au milieu des siens après une petite mise à la touche et un séjour de recyclage à la tête de la Sobémap. Mais pourra-t-elle accomplir les actes dont a besoin le CNCB pour sortir de l’ornière ?
Il semble que la réalisation des rêves dont se nourrissent certains cadres du CNCB ne sera pas pour bientôt car les jaunes veulent aussi se faire des matelas de billets de banque grâce à la mauvaise gestion qui existe et perdure au CNCB. Le CNCB est considéré comme l’une des plus grasses vaches à traire du pays et les politiciens de tout temps ont envie de laisser la situation dans son piteux état de gestion d’où les obstacles à franchir par l’actuelle directrice générale qui risque de rencontrer des difficultés d’ordre politique dans son élan de redresser l’entreprise. Pour le commun des Béninois, l’espoir d’un redressement du CNCB ne sera pas chose aisée. Pour preuves il suffit de considérer la liste des crimes économiques commis par tous ceux qui ont dirigé l’entreprise depuis les dix dernières années. Il est même arrivé qu’un ancien directeur général ait agi contre les intérêts du CNCB malgré l’expertise des conseils juridiques de l’entreprise. Dans cette dérive coupable et condamnable, le CNCB avait perdu des dizaines de millions au profit d’un opérateur économique (gros débiteur) et certainement de ce DG qui n’a pas agi pour rien. Ce même individu est aujourd’hui le parrain de l’un des plus célèbres transhumants de notre ère, celle du changement. Aujourd’hui encore les futurs licenciés évoquent une affaire de décaissement frauduleux d’un montant de 75 millions f CFA qui n’aurait servi que comme le digestif d’un grand et long festin.
C’est dire donc que le licenciement de cent agents, quels que soient les motifs, sera d’une rude bataille entre les directeurs centraux et techniques et leurs subalternes. Ceux-ci veulent aller loin dans leurs dénonciations car ils estiment que la corruption n’est pas un phénomène nouveau qu’on puisse mettre à leur actif au sein du CNCB. Sans avoir pris part au gaspillage des ressources financières de la « boîte », Claude OLORY TOGBE devra, dans les jours à venir, déployer énormément d’efforts afin de mettre à exécution sa Lettre Circulaire N° 1038/09/CNCB/DG/DAF/SRH du 06 mai 2009. De toutes les façons, les cent agents concernés ont déjà commencé par frapper à la porte de leurs puissants parrains qui finiront par émousser les ardeurs des redresseurs de gestion du CNCB car cette entreprise demeurera un énorme gruyère national dans lequel des compatriotes ne cesseront de venir y faire leur trou.
A suivre
Arthur SETONDJI
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)