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Omar Bongo, pilier de la Françafrique, s'est éteint hier à Barcelone : La fin d'un parrain

 

     

08-06-2009 - LE QUOTIDIEN (Sénégal) 

 

 

 - Le Président gabonais

 

Le Président gabonais s’en est allé, léguant à ses compatriotes du pétrole, de la Françafrique et de la franc-maçonnerie. A charge pour la famille de faire fructifier ces trésors inestimables.

 

Par Momar DIENG

ImageRarement, un chef d’Etat aura tenu son pays avec un si curieux mélange d’autoritarisme dans la conservation du pouvoir et d’ouverture démocratique contrôlée à l’endroit de ses opposants. Omar Bongo Ondimba était un bourgeois sur-occidentalisé qui se voulait un patriarche d’Afrique, chez qui, cependant, on cherche encore des traces de vision et de sagesse. Sans doute, a-t-il été capable d’anticipation lorsqu’il mit fin au règne du parti unique - le Parti démocratique gabonais (Pdg) - en faisant siennes les sages recommandations «mitterrandiennes» du 16e Sommet franco-africain de la Baule en 1990. Mais on le sait, les chefs d’Etat du continent savent lâcher du lest quand le geste permet de conforter sans frais leur pouvoir en ne les fâchant pas avec le grand frère français.


Omar Bongo Ondimba a été de cette race de Présidents africains qui avaient mille moyens de faire avancer leur pays sur le chemin du développement réel. En 43 ans de règne sans partage, il a disposé de temps, d’argent et d’entregent pour faire du Gabon, petit pays pétrolier sans pression démographique, un modèle de réussite. Mais en quatre décennies d’anti-gouvernance marquées par la répression, le népotisme et la corruption, OBO a confirmé cette tendance sacro-sainte qu’ont nos chefs d’Etat à trahir les espérances de leur peuple.

 

 «Comme tous les grands despotes africains, il a vite confondu le budget du pays et son portefeuille personnel.» Pierre Bussac, qui l’initia à la franc-maçonnerie, selon Vincent Hugeux, entrevoyait déjà la caricature de Présidence que cet homme secret et discret s’apprêtait à inaugurer, deux ans avant la mort du Président Léon Mba.


Au lieu d’ouvrir sa tête et son cœur à la misère de centaines de milliers de Gabonais repoussés sur les marges de la pauvreté, il a passé son magistère à construire réseaux et relations à partir de deux superstructures moralo-affairistes : la franc-maçonnerie dont il était un digne messager depuis 1966, et la Françafrique, terrain de prédilection favori où il a fait montre d’une redoutable capacité de résistance et de nuisance. Dans l’enthousiasme de la campagne électorale de 2007, son ami Sarkozy promit la rupture avec les pratiques françafricaines de ses prédécesseurs. Parvenu au pouvoir, il l’appela au téléphone pour le remercier de ses précieux conseils, lui rendit visite à Libreville, et le reçut en grande pompe à l’Elysée en présence de la totalité du premier gouvernement français. On l’oublie peut-être trop souvent, mais Omar Bongo Ondimba, managé par le gourou Foccart, a survécu à cinq Présidences françaises (du général De Gaule à Jacques Chirac).


Aujourd’hui, à force de s’être appuyé sur son extrême-famille et sur son clan, OBO laisse au Gabon un dangereux héritage politique que la démocratie pourrait difficilement assumer tant sa gestion patrimoniale du pays s’est confondue avec sa personne. Si les Gabonais s’en sortent sans violence, ce serait sans doute un miracle à mettre au compte de la Grande veuve équatoriale pour laquelle il a fait tant de sacrifices. Ave Doyen !

 

 

Les autorités gabonaises démentent

 

La ministre gabonaise de la Communication Laure-Olga Gondjout a démenti dimanche soir les informations selon lesquelles le Président Omar Bongo était mort. Mme Gondjout, jointe au téléphone par l’Associated press, a déclaré que M. Bongo «n’est pas mort». Elle a ajouté que le chef du gouvernement Jean Eyéghé Ndong s’était lui-même rendu sur la chaîne nationale pour démentir cette information circulant dans les médias français. Le porte-parole du gouvernement Raphaël N’Toutoume a également démenti «formellement» l’annonce du décès, selon l’ambassade du Gabon à Paris. Le Premier ministre gabonais en a fait de même à la télévision nationale dès l’annonce de la nouvelle.


A Paris, le Quai d’Orsay a, de son côté, indiqué que «les autorités françaises démentent être à l’origine de la nouvelle (du décès : Ndlr), dont elles ne sont pas informées».


Omar Bongo, le plus vieux chef d’Etat en exercice, 73 ans, a été hospitalisé récemment dans un établissement hospitalier de Barcelone. Selon Mme Gondjout, il s’y trouve pour un check-up, mais le ministère espagnol des Affaires étrangères a indiqué qu’il y recevait des soins, étant «très malade». Selon un diplomate africain à Libreville s’exprimant sous couvert d’anonymat, Omar Bongo souffrirait de diabète et d’un cancer de la prostate.

 

 

momar@lequotidien.sn  



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Tag(s) : #EDITORIAL
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