mercredi 8 juillet 2009, par DP Le Grand Journal
Dans la façon de conduire les affaires publiques depuis trois ans, il n’y a malheureusement eu aucun « changement ». Dans ce registre, il semble même qu’il y a une véritable fascination sur les dirigeants actuels qui s’efforcent de multiplier les scandales. Zoom sur les grands dossiers de mauvaise gestion sous l’ère Yayi.
TF
Dossier coton avec 14 milliards de F CFA, affaire escorte pour 40 milliards, scandale de la micro finance avec 10 milliards, mauvaise gestion à la Sonapra qui a coûté 50 milliards, les équipements médicaux pour 40 milliards, les décaissements fantaisistes pour le 1er août 2008 à Parakou qui ont occasionné trois milliards…
Voilà les expositions permanentes dans la vitrine de la mauvaise gestion des change-menteurs. La dernière en date, c’est celle de l’exécution des différents projets dans le cadre de l’organisation du 10ème sommet de la Cen Sad, exécution qui a été émaillée par de nombreuses irrégularités dans la réalisation des investissements, notamment dans la gestion des fonds décaissés par l’Etat. Résultat, les conditions déconcertantes d’attribution et d’exécution des commandes publiques passées, de l’ordre de 42 milliards ont conduit à une gabegie de six milliards de F CFA.
Avant ce dossier de la Cen Sad qui continue d’ailleurs de défrayer la chromique, il y avait un long chapelet de scandales.
Aux premières heures de l’actuel régime, le premier scandale, est celui des 14 milliards décaissés au profit du secteur cotonnier. Cette substantielle somme a été utilisée pour acquérir des intrants de qualité douteuse. Ce qui a fait chuter de manière drastique la production de l’or blanc de notre pays. Au-delà de cette magouille, les coton culteurs ont été englués dans une précarité.
L’autre dossier sur lequel le champ de l’esprit a été marqué par la pesanteur de la mauvaise gestion est celui de l’escorte des véhicules d’occasion. Ce dossier a mis en exergue une gestion catastrophique des deniers publics de l’ordre de plus 40 milliards de F CFA, scandale dans lequel le gouvernement est très impliqué du fait du rôle joué par certains ministres.
En décidant en conseil des ministres de la suppression à compter du 26 mai 2006 du monopole de l’activité de regroupement et d’escorte des véhicules d’occasion en transit au Bénin au profit de l’Etat, le peuple avait applaudi. Mais on était loin de s’imaginer que cette implication allait donner l’occasion d’opérer le plus gros scandale économico financier jamais enregistré dans notre pays. Ce scandale a mis à nu l’implication non pas d’un seul ministre, d’un seul grand commis de l’Etat de façon isolée mais de tout le gouvernement.
En donnant son aval, Boni Yayi a permis aux ministres Pascal Koupaki, Soulé Mana Lawani et Sakinatou Alfa Orou de dépenser de manière extrabudgétaire, des ressources colossales générées par cette activité. Ce qui a suscité les récriminations des députés qui ont finalement mis sur pied, une commission d’enquête parlementaire pour permettre aux Béninois de savoir exactement à combien les recettes de cette activité s’élèvent du 26 mai 2006 à ce jour. Car, les chiffres avancés jusque là sont ceux du gouvernement dont la bonne foi doit être mise en doute dans cette affaire.
La grâce de mal gouvernance sous les yeux est apparue est également au sujet du dossier de la micro finance. Ce gladiateur agité par le gouvernement malgré le fait qu’il ait ratissé large dans les rangs des Béninois de plus en plus pauvres, a vite désillusionné. Sur 20 milliards de F CFA décaissés pour ce programme, un proche collaborateur de l’ex ministre en charge de la micro finance, Sakinatou Alfa Orou en occurrence le directeur du fonds d’alors a dénoncé que seuls 10 milliards ont servi au programme. Dès lors, on ne peut jurer contre la stupidité de l’usage qui en a été fait du reste. Ce qui a d’ailleurs poussé les députés à diligenter une commission d’enquête parlementaire par rapport à ce dossier.
Une autre extravagance budgétaire dans la série des scandales du changement, c’est celle qui a rapport au dossier de la Sonapra où il a été question de 50 milliards détournés. En effet, les auditeurs légaux de cette société ont refusé de certifier les comptes de la Sonapra, exercice 2007. La réticence des auditeurs est due à l’existence des états financiers de comptes non probants, de créances fictives dans les états financiers, les états de rapprochement bancaire de suspens non probants, la gestion hasardeuse et approximative de la trésorerie sans oublier l’utilisation de comptes de charges fictives.
Aussi ont-ils déploré l’utilisation des comptes et de libellés inappropriés, l’inexistence d’un manuel complet de procédure administrative comptable, financière et commerciale ainsi que la gestion approximative et hasardeuse des frais de mission. Dans la galaxie ténébreuse des scandales sous l’ère du changement, il faut citer les préparatifs du 1er août à Parakou. Il est à déplorer les délais de livraison qui n’ont pas été respectés en ce qui concerne certaines commandes.
Ce qui fait que des entreprises ont reçu des avances de démarrage dont les taux sont souvent supérieurs à ceux fixés par les textes en vigueur.
Conséquence, près de trois milliards ont été dilapidés à cause des irrégularités et des erreurs qui ont émaillé la procédure d’attribution de certains marchés.
D’autres jouissances avec des attraits de corruption peuvent être citées. Il s’agit de l’acquisition des équipements médicaux pour 40 milliards et des groupes électrogènes pour trois milliards. Loin d’être de fausses opinions contractées contre le régime du change-menteur, ces différents scandales attestent que depuis le renouveau démocratique de 1990, le régime du change-menteur est le plus corrompu.
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