Bénin: Lutte contre la corruption ou règlements de comptes ?
Les derniers développements de l’actualité nationale obligent à se poser quelques pertinentes questions. Depuis bientôt douze mois, la presse n’a cessé de marteler que la gestion financière d’une conférence au sommet de certains puissants de l’Afrique noire fut émaillée de très graves irrégularités. A l’époque personne au sein du Sanhédrin n’a voulu reconnaître les faits. Mieux c’est à une ligue gouvernementale qu’on avait assistée car tous les membres de ce Sanhédrin ont tôt fait de prendre partie, sans rien comprendre vraiment de ce qui s’était passé, pour leur camarade argentier. Certes, certains parmi eux, comme le « saint » d’Avrankou, ont pris part à cette bouffe monstrueuse. Pour le reste, ils ne sont que de gros pantins en foire. Mais le problème est et demeure que l’argent du contribuable a été dilapidé entre copains et proches de l’exécutif. Dans cette course à la fortune illicite on peut citer en bonne place « Une Première Dame » dont les agissements n’ont pas baissé depuis avril 2006 à ce jour. Au nombre des bénéficiaires de cette manne céleste, figurent deux frères « siamois » qui ont la particularité d’avoir comme marraine cette Première Dame. Du coup, ce petit groupe s’est fait attribuer les plus gros des gré à gré. De sources concordantes, ces jeunes gens continuent d’affirmer qu’ils ont pris leur part et que rien ne pourra encore leur arriver tant que cette Dame sera au « cœur » du pouvoir. Tout ceci est bien connu du Raïs qui sait également que cette « Première Dame particulière » a mis la main sur tous les circuits pourvoyeurs de gains rapides et faciles. Mais alors, beaucoup se demandent si la brutale réaction contre le siphonage des deniers publics par l’ex argentier national n’est pas pour lui régler d’autres comptes. On sait que cet argentier avait eu le vilain plaisir de procéder à des transferts réguliers de fonds importants sur des comptes bancaires (lui appartenant tous) à l’extérieur via l’Afrique du Sud. On peut également affirmer que ce qui lui arrive aujourd’hui est tout sauf une réelle volonté de Thomas de réduire sensiblement la corruption dans son pays. Cet argentier s’était aussi livré une guerre d’intérêt contre un des innombrables « beaux ».
Quand des ministres du Raïs commencent par financer les amis d’en face !!!
La conquête ou la reconquête du pouvoir dans moins de 24 mois sera d’une rare étrangéité.
D’abord, la nature des futurs ou potentiels candidats est constitutive de risques de dérapage. Mais une enquête minutieuse vient de prouver que des proches du pouvoir pactisent avec des amis d’en face. Plus surprenant est le soutien matériel voire financier que certaines personnalités apportent à l’autre partie. On cite des ministres bien en vue et qui sont fréquemment sur le « terrain » pour le compte de leur leader : le Raïs. Dans ces conditions on imagine ce que réservent les mois à venir car ceux-là ne vont-ils pas abandonner le navire dès les tout premiers mouvements de vagues ? En réalité, tous ceux qui parlent d’un premier tour KO sont de vulgaires profiteurs qui savent qu’ils ne pourront pas survivre sans les privilèges du pouvoir. Il leur faut donc abreuver le Raïs de tout et de rien. Ce premier tour KO est non seulement irréaliste car fondé sur les besoins du ventre et du bas ventre de ses auteurs. Selon la sociologie électorale du Quartier Latin d’Afrique, cela ne pourra pas être réalisable avant au moins un demie siècle. Ceux qui en parlent le savent si bien puisqu’ils sont, pour la plupart, restés auprès du Vieux. Malgré son immense popularité, due essentiellement à l’inexistence quasi-totale de sentiments régionalistes en lui, ce qui est très loin d’être le cas actuellement, le Vieux n’a jamais pu s’offrir une telle balade de santé politique. Même s’il est permis de rêver, il serait encore sage de se coller aux réalités de sa planète. On a déjà vu d’autres qui ont failli mettre la terre de leurs ancêtres à feu et à sang pour s’être laissé aller à de pareilles rêveries. Cette histoire est fraîche dans bien d’esprits qui ont connu ces moments où un ancien président, après avoir perdu, voulut qu’on procède à un troisième tour.
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