Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

  Désignation démocratique de la candidature unique du G 4 : Lettre ouverte aux leaders du G 4

 

9 juillet 2009 - LEMATINAL


 

Il me plait de m’adresser à vous, chers leaders du G4, face à ce que j’estime être des hésitations stériles et parfois ce que je perçois être des manipulations improductives à propos des défis de l’heure.



Je me permets de le faire sous la forme d’une lettre ouverte afin de vous ouvrir mon cœur plutôt que de me lancer dans des démonstrations intellectuelles qui souffriraient forcément de comparaisons avec d’autres analystes très expérimentés tels que les professeurs Dénis Amoussou-Yéyé, Ismaël Kaffo ou Jean Roger Ahoyo. Ce sont d’ailleurs les écrits de ces éminences à travers les médias qui en rajoutent à la confusion de nous beaucoup plus jeunes et pas du tout habitués à ces passes d’armes subtiles où chacun dévoile son camp, à coup de portraits-robots, de critères et de références politico-historiques. Nos lanternes auraient définitivement trouvé éclairage en nous confrontant à ces réflexions si chacun n’essayait pas de se déterminer plus ou moins ouvertement vers une préférence en ce qui concerne la candidature unique au G4 à l’orée de la présidentielle 2011. On assiste d’ailleurs depuis quelques temps à des échanges de bons procédés entre les trois exégètes cités plus hauts (Ismael Kaffo, Denis Amoussou-Yéyé et Jean Roger Ahoyo), le premier dans le quotidien Fraternité, N°2359 du 12 juin 2009, le deuxième à travers les colonnes de la Nouvelle Tribune N° 1680 du 19 juin 2009 et le dernier dans le quotidien La Presse Du Jour N°0928 du 26 juin 2009. Excusez-moi de le dire, mais je trouve qu’il s’agit-là d’une très mauvaise représentation. Pas parce que les personnalités en question n’ont pas le droit de partager ou de faire partager leurs opinions respectives avec le commun de leurs compatriotes mais à les lire, on a l’impression d’assister à un mauvais film dont je parlais tantôt où chacun compte les coups ; un pour Léhady Soglo, deux pour Adrien Houngbédji, etc… Une chianlit qui, de mon humble avis, ne fait qu’à alimenter des rivalités qui ont été pourtant surmontées depuis la déclaration du 12 mars 2008. Ces analystes se présentent plus en consultants des Fcbe et son candidat naturel Yayi Boni qu’en facilitateurs pour le débat interne au G4. En effet, aussi bien Kaffo, Ahoyo que Amoussou-Yéyé excellent à dévoiler les « tares » de l’un par-ci et les « qualités » de l’autre par-là. Aussi curieux que cela puisse paraître, tous les textes en question tournent autour de Léhady Soglo et de Adrien Houngbédji, reléguant les autres acteurs du G4 au rang de « spectateurs joyeux ». L’un de ces libres penseurs se permet de prétendre vous raisonner, vous de l’opposition incarnée par un ancien président de la République , trois anciens présidents de l’Assemblée nationale, de nombreux anciens ministres, des maires en exercice, des députés, des élus locaux etc…  

 

La sale bataille médiatico-électronique 

 

  Chers leaders du G4,
Le débat sur la candidature unique est d’abord et surtout le vôtre. L’hérésie médiatique actuellement en cours se nourrit certainement de ce que vous laissez transparaître au sein de l’opinion, auprès de vos militants, qu’en dehors de quelques déclarations sporadiques, on ne vous sent pas véritablement engager dans un processus visant à cette désignation du candidat unique. La réflexion est sûrement en cours en votre sein : on se souvient des déclarations faites par Léhady Soglo devant les caméras au sortir d’un déjeuner chez Me Adrien Houngbédji dans lesquelles il affirmait qu’au menu de l’entretien figurait la question du choix d’un candidat unique pour le G4 à la présidentielle de 2011. Des signes très en deçà des attentes des Béninois qui croyaient en l’avènement d’une nouvelle ère dans la manière de faire de la politique après les engagements pris le 12 mars 2008 au stade de l’amitié de Kouhounou et ceux des 28 et 29 novembre 2008 au séminaire d’Abomey-Bohicon. Il est impensable, après tout ce qui a été dit sur les alliances politiques entre acteurs politiques de l’époque de la naissance de la République du Dahomey jusqu’à nos jours, que le G4 nous fasse revivre un nouvel épisode sur les accords non respectés, les promesses non tenues, les divorces, les empoignades qui finissent par lasser tout le monde. Car à mon avis, le choix en lui-même est l’exercice le plus facile. Le plus dur est de faire passer cette décision pour un véritable accord politique ouvrant des perspectives réelles pour le débat national. Et là, le G4 se révèle avec toutes ses composantes : les élus nationaux, les élus locaux, les personnalités, les sponsors, les militants et tous les autres Béninois. Toutes ces composantes rentrent en ligne de compte lorsqu’on doit déterminer le consensus commun. On est loin, dans ces conditions, de l’indécent face à face que l’on tente d’établir entre deux acteurs uniquement quels que soient leurs poids politiques respectifs. Les autres aussi, appelés à faire partir de l’entité G4, comptent autant que les préférés des analystes de tous bords. 

 

  Du régionalisme

 

J’avoue personnellement ne pas comprendre les développements de Roger Ahoyo sur le régionalisme. L’évocation même de ce terme à travers une analyse sur le G4 me parait très dangereux. Nous avons entendu beaucoup de choses sur ce regroupement politique jusque là mais jamais des allusions sur un quelconque clivage nord-sud. Beaucoup de gens ont dû s’attrister après avoir lu les démonstrations de l’ancien ministre à propos de sa trouvaille sur la rotation des régions à la tête du pays. Ainsi l’Ouémé-Plateau incarné par vous, Me Adrien Houngbédji serait indiqué pour faire le job après un long règne du nord (Mathieu Kérékou) succédant à un court règne du Dah d’Abomey, Nicéphore Dieudonné Soglo. A propos du qu’en serait-il du Mono-Couffo qui n’a jamais goûté à ses hautes fonctions depuis que le Dahomey a accédé à la souveraineté nationale, l’essayiste ne dit pas grand-chose dans son texte relayé par le quotidien La Presse du Jour. Rapprochés à un débat au sein du G4, ces évocations s’assimilent à un dangereux recul vis-à-vis duquel vous, leaders devez garder une bonne distance. Le profil et le parcours de chacun d’entre vous, chers leaders du G4, constituent les témoignages de la stabilité politique du Bénin depuis l’avènement du renouveau démocratique. C’est en cela qu’il n’est jamais superflu de faire quelques rappels historiques. Ainsi par exemple, Bruno Amoussou et Adrien Houngbédji qui avaient appelé à voter Kérékou en 1996, bien que culturellement, issus de l’aire d’Adja-Tado tout comme Nicéphore Soglo alors président de la République en quête d’un deuxième mandat. Si Houngbédji n’a partagé qu’à peu près la moitié des deux mandats cumulés du président Mathieu Kérékou (1996-1998 et 2003-2006), Bruno Amoussou n’a pas cillé un seul instant durant toute cette décennie. On lui doit le grand rassemblement politique, Union pour le Bénin du Futur (UBF), ouvert qui a fait la promotion de nombreuses personnalités politiques originaires de toutes les régions du Bénin y compris le député Rachidi Gbadamassi, aujourd’hui chantre d’un pseudo courant hégémonique visant à défendre les intérêts du Nord contre un Sud en quête du pouvoir.

 

A ce propos, comment ne pas évoquer Léhady Soglo considéré comme un inclassable en ce qui concerne les ressentiments identitaires à relents régionalistes ? Musulman de confession né de père et mère catholique, il me semble résumé, à lui seul, la communion parfaite entre un nord majoritairement musulman et un sud chrétien, indépendamment de l’attachement connu des Béninois aux religions traditionnelles. Que dire du mandat du président Nicéphore SOGLO taxé d’avoir eu plus de projets de développement pour le Nord que pour sa région natale ? Donc, tout emprunt pouvant accréditer la thèse des clivages ethnico régionalistes ne peut être rapporté à un débat au niveau du G4. Tout récemment, le 28 mai 2009, on a vu l’action citoyenne organisée par des partis et regroupements politiques dont le G4 justement pour crier haro sur le pourrissement du climat social au niveau du secteur de la santé donnant lieu à la cessation de travail dans la plupart des centres de santé publics sur toute l’étendue du territoire national. Ce jour-là, les rues de Cotonou n’ont pas été prises d’assaut uniquement que par des gens d’une région spécialement. La dynamique unitaire dénommé « UN » à l’occasion a été reprise en chœur par des personnalités de toutes les régions du pays, de Issa Salifou, à Sèhouéto en passant par Bruno Amoussou, Nassirou Bako, Léhady Soglo, Adrien Houngbédji. Ceux qui mourraient (et meurent encore) sur les lits d’hôpital, abandonnés ne se recrutaient pas exclusivement dans des régions en fonction de leurs religions, de leurs cicatrices raciales ou de leurs appartenances à une classe sociale déterminée.  

 

 L’apathie des leaders du G4

 

Chers leaders du G4,
 Vous avez contribué à alimenter ces amalgames néfastes sur votre engagement politique en ne prenant pas suffisamment des initiatives visant à traduire en acte votre vœu de vous rapprocher de votre base électorale en particulier et de vos concitoyens en général. D’autres qui n’ont même pas reçu mandat le font sans servir forcément vos intérêts. On a vu pire à travers les tracts qui circulent sur le Net depuis plusieurs semaines déjà et qui tentent de présenter le G4 comme un front uni pour le Sud. Léhady Soglo y est traité avec une rare violence. Rien que l’accusation qui est portée sur sa personne donne une idée de la grave méprise qui risque d’emporter tout le G4 et ses idéaux. Il serait le traître à la cause du Sud, servant ainsi les intérêts du Nord. Un peu le Bio Tchane en sens inverse si l’on s’en tient à l’activisme débridé de Gbadamassi en vue d’éviter, comme il le chante si bien, l’émiettement des voix du Nord. Et pourtant, selon nos informations c’est ce même Léhady Soglo qui a œuvré pour l’élargissement de l’alliance « Wologuèdè » au Parti du Renouveau Démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji. Au départ, le groupe n’était composé que de la Renaissance du Bénin (Rb), du Mouvement Africain pour le Développement et le Progrès (Madep) et le Parti Social Démocrate (Psd). Il a été mis sur les fonts baptismaux entre les deux tours de la présidentielle de 2006. Il a évolué pour devenir le G4 avec l’intégration du Prd à l’occasion de la déclaration du 12 mars 2008. On constate également que le seul qui ose évoquer publiquement le projet de candidature unique est encore le premier adjoint au maire de Cotonou. Deux actes politiques majeures d’envergure qui à priori devraient épargner à son auteur tout soupçon de saper les bases de l’entente générale. Avis totalement contraire observé par l’entremise du débat par procuration à travers lequel certains s’investissent du rôle de faiseurs de candidat unique ou d’esquisseurs du portrait idéal. Ce schéma préconise tout simplement que tout débat est inutile. Sur le modèle d’un Jean Roger Ahoyo qui n’établit aucune démarche unitaire tenant compte de la modernisation des procédures au sein de nos officines politiques mais qui clame que ses prismes de références sont les meilleurs. Ne se vante-t-il pas (Ahoyo) d’avoir « conseillé » à Léhady Soglo de s’éclipser et d’aller déposer son baiser aux pieds de Houngbédji comme au cinéma lors des rituels de reconnaissance de puissance entre seigneurs de guerre. On peut légitimement formuler des interrogations à haute voix au sujet de ces conseils supposés de l’ancien ministre de l’Environnement de Nicéphore Soglo (le deuxième de l’histoire du Bénin démocratique) à son jeune frère en considération de l’option de la publicité autour de cet échange « amical » alors même que rien ne prouve que celui à qui le conseil a été donné persiste à miner l’entente envisagée. La vie politique béninoise est parsemée de tant d’incongruités que je préfère m’en arrêter-là sur ce volet de la polémique. 

 

Les leaders en question et leur agenda

 

Une parenthèse me tient à cœur, cependant. Lorsque parle de l’instauration d’un dialogue entre leaders du G4, ceux qui me reviennent à l’esprit sont, fondamentalement, tous ceux du regroupement qui ont été candidats en 2006. Je vois déjà des gens conjecturer sur les grands exercices d’équilibrisme qui ont permis de ménager les susceptibilités jusqu’ici à propos des patriarches qui n’auraient pas encore dit leurs derniers mots : Nicéphore Soglo, Séfou Fagbohoun ou Rosine Soglo. Une logique implacable scientifique nous met tous d’accord qu’il s’agit d’un G4, c’est-à-dire un groupe composé de 4 entités. Nicéphore et Rosine Soglo ont déjà réglé la question de leur succession à l’issue du congrès extraordinaire de la Rb à Ouidah en septembre 2005 (si mes souvenirs sont bons) Léhady y a été investi comme le candidat du parti pour la présidentielle de l’année qui suit en 2006. Je ne crois pas que l’ancien couple présidentiel est enclin à changer de vision à chaque événement électoral. La remarque vaut pour Fagbohoun qui a cautionné le choix de Idji Kolawolé afin de représenter le Madep à cette même élection de 2006. Mon objectif n’est pas de vous faire des propositions ou de me laisser aller au jeu de mes illustres aînés analystes, mais ma proximité avec les gens de ma génération qui façonnent l’essentiel de l’opinion voire de l’électorat m’incite à vous livrer les idées qui se partagent aujourd’hui le plus sur le terrain en ce moment où tous les regards sont tournés vers vous. Mais avant, une clarification des concepts me paraît assez utile à l’évolution des lignes qui s’observent sans que personne n’ose franchir le premier pas. Tout en se remémorant que les motivations à l’origine de la décision de se mettre ensemble en mars 2008 valent encore plus aujourd’hui. Malheur au premier qui tentera de s’émanciper des autres.


Ma conception du leadership au G4 constitue, selon moi, une des clés du retour à une discipline adéquate au sein du groupe. Et là c’est pour embrayer en même temps sur les yo-yo enregistrés à l’Assemblée nationale. Les élus RB détiennent la palme de ces inconstances à répétition sans que personne n’en sache les limites éventuelles. Les prises de positions d’un Epiphane Quenum, d’un Yacoubou Malehossou ou d’une Justine Chodaton n’inspirent plus tellement confiance à leurs autres partenaires. Néanmoins, il serait réducteur de s’en arrêter aux jeux des parlementaires RB qui mettent véritablement en mal l’entité G4 elle-même. De la même manière qu’il faut faire une halte sérieuse sur la présence de deux responsables du Madep et non des moindres dans le gouvernement Yayi. Lorsqu’on dit deux responsables, il s’agit du Secrétaire général et d’un député du parti. Le Prd non plus n’a pas été épargné par les soubresauts avec le départ à la mouvance Fcbe d’un de ses apparentés, le député du PRS, Isidore Gnolonfon. Et plus grave l’épisode rocambolesque du faux départ de l’honorable Augustin Ahouanvoébla, qui plus est le président du groupe parlementaire Prd à l’Assemblée nationale. Des coupures de presse ont brièvement évoqué cette escapade de Ahouanvoébla qui aurait été en duo avec son collègue du Psd, Jean-Baptiste Edayé. L’établissement d’un conclave des leaders clairement définis à raison d’un représentant unique par parti politique en l’occurrence les candidats potentiels (une exception cependant pour Amoussou frappé par l’âge limite constitutionnel) peut être une première démarche vers le but recherché. A eux désormais la responsabilité d’établir le processus de désignation proprement dit et dans le cas échéant un chronogramme détaillé. Il ne s’agit pas pour vous les quatre leaders, de sortir un nom depuis un salon feutré au détour de moult combinatoires. Votre rôle se limite à donner les grandes lignes du cheminement à entreprendre en vue de parvenir à sortir ce fameux nom. Ce n’est que lorsque ce creuset aurait échoué que les facilitateurs autoproclamés auront droit de cité. Pas avant. A mon avis, ce qui les unit est si fort qu’il serait vraiment inimaginable que le groupe ne parvienne pas à s’entendre sur un minimum face au défi Yayi.

 

Le projet de société du candidat unique

 

Le projet de société ! Voilà un autre concept dont je n’ai pas trouvé trace à travers les analyses qu’il a été donné aux lecteurs béninois d’apprécier aussi bien sur le Net que dans les colonnes des journaux locaux. Le candidat unique ne porte pas seule la lourde responsabilité de légitimer le choix porté sur sa personne puisqu’il entraîne dans son sillage tous les autres leaders qui lui servent de caution. D’où la question de l’outil de vulgarisation de la marche unitaire vers 2011. Un collège des candidats à la dernière présidentielle me semble approprié face à la nécessité de l’édiction d’un projet de société à soumettre aux Béninois. Parce que l’actualité nous démontre chaque jour que le successeur de Yayi Boni ne fera pas qu’être chef de l’Etat. Son équipe et lui auront à faire face au défi du redressement économique, de l’assainissement des mœurs et des pratiques au sein d’une administration publique tournée vers le clientélisme et les faveurs, du règlement des conflits sociaux, de l’assistance à apporter aux couches les plus pauvres de la population, de l’établissement d’un climat propice pour les affaires, de la résorption du chômage. Il faut, au G4, faire la différence avec le camp présidentiel qui mise tout sur l’exacerbation des tensions locales basées sur l’ethnie. C’est à bout de tunnel que les Béninois aspirent après la trop longue décennie de nuit noire sous Kérékou et les égarements de l’ère Yayi Boni.


A ne perdre de vue également qu’il ne suffit pas d’un gentlemen agreement entre leaders pour que tous les problèmes se solutionnent d’eux-mêmes. La Rb est une réalité qui n’est pas pareille à celle du Psd, du Madep ou du Prd. En 2011, les Béninois se choisiront un président de la République et se doteront presque concomitamment d’une nouvelle législature, la 6ème de l’ère du renouveau démocratique. Une alliance G4 suppose une liste unifiée aux législatives donc des arbitrages au niveau de certaines localités notamment à Cotonou où le Prd et la Rb nourrissent de légitimes prétentions électorales. Ce débat ne peut que déboucher sur l’avenir de tout le regroupement en considérant que ses motivations ne se limitent exclusivement à la candidature unique pour la présidentielle.


En cela, chers leaders du G4, vous n’êtes pas libres de faire ce que vous voulez et quand vous le voulez. Le temps presse lorsqu’on procède à la revue de toutes les tâches qui vous attendent une fois que le canevas tracé en vue de la désignation du candidat unique aurait été achevé et à voir l’ampleur de la mission de mobilisation de l’heureux élu autour de sa personne. Le temps qu’il faut aux responsables des différents partis concernés à rallier les leurs à la cause commune tout en les convainquant du gain à tirer d’une mise en commun des forces. Chaque jour de perdu est un jour favorable à l’éclosion des inspirations partisanes jouant les uns contre les autres comme s’il s’agit d’une compétition de chiffonniers en désespoir de cause. Je ne veux pas croire que Séfou Fagbohoun, Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou et Léhady Soglo ne sont pas capables de se frayer un destin commun sans se faire aider de chroniqueurs aux orientations qui ne servent pas souvent la cause de la majorité de leurs militants.
Ce n’est que lorsque vous avez fait le tour et le pourtour de vos contradictions internes que le portillon peut s’ouvrir sur d’éventuels partenaires du G4. Pour ma part je n’en vois que deux voire un et demie. En effet, autant Force Clé qui ne dispose que de 4 députés à l’Assemblée nationale, deux à trois conseils municipaux sous contrôle se prévaut d’une cohésion avérée. Autant le G13 est à la recherche d’une identité unitaire capable de faire converger ses membres vers un même objectif. Nul doute que la capacité du G4 à se montrer uni et solidaire des décisions prises en commun est en mesure de fédérer une plus large partie des adversaires du régime Yayi.

 

Epilogue

 

Voilà, chers leaders du G4, ce que je me propose de vous exposer, taraudé que je suis par le foisonnement d’avis concurrents voire contradictoires dans les médias sur le sort de votre regroupement politique face aux défis qui vous attendent et attendent le Benin. Le 12 mars a été pour des milliers de Béninois la naissance d’un espoir nouveau vu les agressions répétées subies par les acquis de la Conférence Nationale des Forces Vives de février 1990. on avait compris que vous avez voulu à l’époque redonner un sens à l’action politique en structurant la revendication politique qui sort des balises inquiétantes des invectives gratuites, de l’activisme destructeur et des compromissions qui ont conduit le Bénin vers de nombreux déboires. Je crains ne pas vous satisfaire dans ce qui transparaît comme mon niveau de langue ou ma culture qu’il ne me vient pas à l’idée de hisser au même rang que les parcours respectifs des Amoussou-Yéyé, Ahoyo et autre Kaffo. Je m’autorise néanmoins à leur contester le privilège de parler et de décider en votre nom et surtout de tenter de vous diviser pour des raisons qu’eux seuls maîtrisent. Ma proposition tient finalement en un cri unique que je hurle à pleins poumons : prenez votre destin en main.


Veuillez recevoir, monsieur les leaders du G4, mes sentiments les plus distingués.   
Fabrice Boco, Enseignant



Publicité
Tag(s) : #EDITORIAL
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :