2 Juillet 2009
Les partenaires au développement rappellent au gouvernement la nécessité de publier les résultats des audits. La gouvernance à l'ère du changement n'est donc plus séduisante.
La lutte contre la corruption a pris un caractère illusoire depuis que les audits sont grippés par l'effet de l'inachevé issu de l'inexplicable blocage observé sur le palier de la publication des résultats. La sentence de nos honnêtes partenaires n'est pas glorieuse pour le pouvoir cauri : " Les effets ne sont pas à la hauteur des espérances ni des actions entreprises ". Cette formule de regret du porte-parole des partenaires résume, à elle seule, l'immense déception qui confond l'Etat Fcbe. Le pouvoir du changement est devenu subitement frileux quant à la publication des conclusions des travaux des organes de contrôle que sont l'Inspection générale d'Etat (Ige) et l'inspection générale des finances (Igf), l'Inspection générale du ministère (Igm) et l'Inspection générale des services et emplois publics (Igsep). Il est heureux que les partenaires techniques et financiers s'intéressent à cette curieuse attitude des ennemis auto proclamés de la corruption.
Le changement destiné à combattre la corruption semble s'écrouler sous la corruption. Les soubresauts et autres drôleries visant à donner le change sont loin de nous consoler. Le spectacle des rustres existe, comme naguère. Les partenaires au développement s'insurgent légitimement contre la danse des prédateurs de la morale. C'est un bon réflexe.
On savait que les agitations contre la corruption répandues en début de mandat produiraient du vent en raison de l'enthousiasme précoce qui les accompagnait et de la politisation de la croisade. La publication sélective des rapports de l'Ige corrompt et affaiblit l'apparente volonté politique exprimée par le chef de l'Etat. Le changement a apporté un combat trop coloré contre la corruption. La lutte partiale et diablement orientée a perdu son éclat. La gestion laxiste de la corruption vertigineuse parrainée par la mafia cauri contraste avec la chasse aux sorcières dont sont victimes ceux qui embouchent la trompette anti cauri.
Le constat d'échec de la lutte contre la corruption fait par les partenaires met la pression sur Boni Yayi. La politique de deux poids deux mesures a plutôt fragilisé le pouvoir et servi de levier à la corruption endémique. La marche verte contre le fléau et la débauche d'énergie du président marcheur sont embarquées dans la galère de l'histoire sans véritablement donner d'élan suffisant à l'entreprise ventilée sous la couverture de l'engagement anti corruption. Le dispositif de filtre politique sélectif mis en place dans les nids de corrompus réduit la volonté de Yayi à de simples intentions et révèle le bluff nuisible du changement.
En souhaitant un renouveau des engagements du gouvernement dans la lutte contre la corruption, les partenaires au développement ne se font aucune illusion sur l'obsession politique qui a usé les bonnes intentions de gouvernance d'un régime en mal de méthode et dangereusement aspiré par 2011. La projection dans l'inconnue électorale se fait avec la protection des cauris corrompus.
L'efficacité da la lutte contre la corruption est conditionnée par un changement de la stratégie de gouvernance. Boni Yayi a à choisir entre la politique de développement qui exige la publication de tous les rapports de l'Ige depuis Mars 2006 ou continuer le développement de la politique qui établit les critères politiques d'identification des corrompus, personnes désignées pour être traquées. Dans le premier cas, la Nation sceptique pourrait s'autoriser à briser les chaînes du doute et dans le second, le pouvoir cauri sera condamné à pourrir avec la famille de corrompus.
L'heureux rappel à l'ordre des partenaires fonde l'espoir du chroniqueur. Mais le pouvoir cauri dont on ignore le degré affolant et affreux des statistiques en matière de corruption n'a peut être pas, à moins de deux ans de la présidentielle, les ressources morales pour livrer ses propagandistes et thuriféraires mouillés corps et âmes dans la corruption. Yayi a déjà essuyé un cinglant désaveu des partenaires. C'est à lui de rebondir pour sauver l'image de son Changement.
Copyright © 2009 Fraternité. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com).
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)