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Bénin: La situation du pays est préoccupante

 


Le 31 juillet 1989, le Cardinal Bernardin Gantin était en fin de séjour au Bénin. Il a accordé une interview à la presse nationale au sortir d’une audience avec le président Kérékou. Les problèmes posés par le prélat défunt et les réponses aux questions posées par les journalistes sont encore d’une brûlante actualité.  Il importe de savoir si nous avançons réellement ou si nous faisons du sur place. Voici les propos du Cardinal Gantin.


Situation nationale


J’ai eu le privilège d’aller dans les villages les plus pauvres, par exemple dans l’Ouémé, des parties reculées, peu visitées dans le nord aussi jusqu’à Kandi, jusque dans l’Atacora, à Tanguiéta. J’ai vu des malades, des personnes qui souffrent dans leur corps, dans leur vie et tout cela m’a redonné la juste mesure de la situation du pays qui pour moi est préoccupante, grave, qui interpelle notre conscience de Béninois. Je le savais déjà avant de venir; la lettre des évêques l’a confirmé. Mais d’avoir pris des contacts personnels, cela me renforce dans ma solidarité personnelle, chrétienne, humaine avec tous mes frères et sœurs du Bénin.


Le 1er août 1960, jour de grande espérance


Je le dis aujourd’hui, jour de mon départ, avec d’autant plus de gravité que c’est le 29e anniversaire de notre indépendance. Je pense que la mémoire de notre pays nous demande à tous et à chacun de réfléchir parce que ces anniversaires sont faits pour nous réveiller et reprendre conscience et mémoire de ce que dans le passé nous avons nous-mêmes essayé de vivre. Le 1er août 1960 a été dans ce pays un jour de grande promesse, de grande espérance. Qu’avons-nous fait de cette promesse, de cette espérance aujourd’hui ? Je crois que chacun est invité à s’interroger là-dessus.
Alors aujourd’hui, je repars pour mon travail mais mon cœur reste ici, ma prière aussi.

 

Soyons dignes de notre nom


Les responsables à tous les niveaux, qu’ils reprennent conscience de ce que nous sommes dans le monde, de ce que le monde attend de nous, je l’ai dit plusieurs fois, nous sommes regardés, nous sommes observés dans le monde. Il faut que nous soyons dignes de notre nom, de notre vocation, de notre mission. Chacun doit le porter avec sérieux, chrétiens ou non, de toute confession, de toute opinion. Tout ce que nous vivons actuellement m’interpelle et je pense, doit interpeller la conscience de tout Béninois. C’est ça que j’ai dit longuement avec le chef de l’Etat qui me semble avoir compris ce que je lui disais. C’est normal, je pense à sa responsabilité et je crois que nous devons partager ces soucis-là sans drame mais sérieusement. Il est temps que nous prenions la juste mesure de ce que Dieu nous demande, à chacun d’entre nous, pour faire de ce pays ce qu’il doit être.

 

Nécessité d’un dialogue franc, fraternel et sincère


Je sais qu’il y a une grande tension dans le pays et tout peut se résoudre dans un dialogue franc, fraternel et sincère où chacun apporte sa bonne volonté. Le remède au mal n’est pas le mal, mais c’est la victoire du bien que chacun doit promouvoir. Si on le veut sincèrement, ce pays doit pouvoir s’en sortir.
Les petits, les pauvres qui sont nombreux et en grande majorité nous donnent une grande leçon de dignité, de patience. L’espérance, c’est eux qui nous en donnent le message. C’est nous qui devions recevoir d’eux ce message d’humilité et reprendre conscience d’une nécessaire conversion.

NB : Les intertitres sont de la rédaction

Source: La Croix du Bénin - 31/07/09

 

 
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Tag(s) : #Politique Béninoise
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